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Comment expliquer la suprématie absolue de la langue française sur le monde littéraire ?

Comment justifier le fait que dans nul autre pays du globe nous n'ayons trouvé trace d'un écrivain qui puisse être qualifié de tel en comparaison de génies comme Balzac, Proust, Châteaubriand ?

"L’épouse du chrétien n’est pas une simple mortelle : c’est un être extraordinaire, mystérieux, angélique ; c’est la chair de la chair, le sang du sang de son époux. L’homme en s’unissant à elle ne fait que reprendre une partie de sa substance ; son âme ainsi que son corps sont incomplets sans la femme : il a la force ; elle a la beauté ; il combat l’ennemi et laboure le champ de la patrie, mais il n’entend rien aux détails domestiques, la femme lui manque pour apprêter son repas et son lit. Il a des chagrins, et la compagne de ses nuits est là pour les adoucir ; ses jours sont mauvais et troublés, mais il trouve des bras chastes dans sa couche, et il oublie tous ses maux. Sans la femme, il serait rude, grossier, solitaire. La femme suspend autour de lui les fleurs de la vie, comme ces lianes des forêts qui décorent le tronc des chênes de leurs guirlandes parfumées. Enfin, l’époux chrétien et son épouse vivent, renaissent et meurent ensemble ; ensemble ils élèvent les fruits de leur union ; en poussière ils retournent ensemble, et se retrouvent ensemble par delà les limites du tombeau.".

Chateaubriand.

"N'ayant plus d'univers, plus de chambre, plus de corps que menacé par les ennemis qui m'entouraient, qu'envahi jusque dans les os par la fièvre, j'étais seul, j'avais envie de mourir. Alors ma grand'mère entra ; et à l'expansion de mon coeur refoulé s'ouvrirent aussitôt des espaces infinis.

Elle portait une robe de chambre de percale qu'elle revêtait à la maison chaque fois que l'un de nous était malade (parce qu'elle s'y sentait plus à l'aise, disait-elle, attribuant toujours à ce qu'elle faisait des mobiles égoïstes), et qui était pour nous soigner, pour nous veiller, sa blouse de servante et de garde, son habit de religieuse. Mais tandis que les soins de celles-là, la bonté qu'elles ont, le mérite qu'on leur trouve et la reconnaissance qu'on leur doit augmentent encore l'impression qu'on a d'être, pour elles, un autre, de se sentir seul, gardant pour soi la charge de ses pensées, de son propre désir de vivre, je savais, quand j'étais avec ma grand'mère, si grand chagrin qu'il y eût en moi, qu'il serait reçu dans une pitié plus vaste encore; que tout ce qui était mien, mes soucis, mon vouloir, serait, en ma grand'mère, étayé sur un désir de conservation et d'accroissement de ma propre vie autrement fort que celui que j'avais de moi-même; et mes pensées se prolongeaient en elle sans subir de déviation parce qu'elles passaient de mon esprit dans le sien sans changer de milieu, de personne. Et - comme quelqu'un qui veut nouer sa cravate devant une glace sans comprendre que le bout qu'il voit n'est pas placé par rapport à lui du côté où il dirige sa main, ou comme un chien qui poursuit à terre l'ombre dansante d'un insecte, - trompé par l'apparence du corps comme on l'est dans ce monde où nous ne percevons pas directement les âmes, je me jetai dans les bras de ma grand'mère et je suspendis mes lèvres à sa figure comme si j'accédais ainsi à ce coeur immense qu'elle m'ouvrait. Quand j'avais ainsi ma bouche collée à ses joues, à son front, j'y puisais quelque chose de si bienfaisant, de si nourricier, que je gardais l'immobilité, le sérieux, la tranquille avidité d'un enfant qui tette.

Je regardais ensuite sans me lasser son grand visage découpé comme un beau nuage ardent et calme, derrière lequel on sentait rayonner la tendresse. Et tout ce qui recevait encore, si faiblement que ce fût, un peu de ses sensations, tout ce qui pouvait ainsi être dit encore à elle, en était aussitôt si spiritualisé, si sanctifié que de mes paumes je lissais ses beaux cheveux à peine gris avec autant de respect, de précaution et de douceur que si j'y avais caressé sa bonté. Elle trouvait un tel plaisir dans toute peine qui m'en épargnait une, et, dans un moment d'immobilité et de calme pour mes membres fatigués, quelque chose de si délicieux, que quand, ayant vu qu'elle voulait m'aider à me coucher et me déchausser, je fis le geste de l'en empêcher et de commencer à me déshabiller moi-même, elle arrêta d'un regard suppliant mes mains qui touchaient aux premiers boutons de ma veste et de mes bottines.".

Proust.
il y a 3 ans
Littérature Russe et Française c'est top tiers oui
:chat_poche:
Combattre l'immobilisme
il y a 3 ans
Magnifique
il y a 3 ans
de la nourriture pour l'âme
il y a 3 ans
La dramaturgie et la philosophie grecques sont fondatrices de la culture européenne, mais l'apogée artistique et particulièrement littéraire est venue bien après.

La dramaturgie grecque ne peut rivaliser avec les dramaturges français du XVIIème siècle, tout comme la philosophie grecque ne peut rivaliser avec la scolastique chrétienne.

Quant à la qualité littéraire pure, ce qui est le sujet du présent topax, c'est tout bonnement incomparable.
il y a 3 ans
Void_
Void_
3 ans
Littérature Russe et Française c'est top tiers oui
:chat_poche:
La France est tiers 0.

Il y a quelques bons auteurs russes, mais ils n'arrivent pas à la cheville des auteurs précédemment cités et ne se résument qu'à quelques noms, alors que les auteurs français fleurissent abondamment depuis la chanson de Roland jusqu'à aujourd'hui avec le grand Guillaume Musso.
il y a 3 ans
Jamais aimé Proust.
:chat_poche:


Malheureusement je ne peux plus lire que des trucs en anglais car c’est utile pour le boulot . Fais chier.
:loupe:
il y a 3 ans
J’ai lu pas mal de littérature jap ado et jeune adulte (Sôseki, Kenji) et j’en retiens que la littérature française est assez prétentieuse .
:KannaWhat:
il y a 3 ans
Jamais aimé Proust.
:chat_poche:


Malheureusement je ne peux plus lire que des trucs en anglais car c’est utile pour le boulot . Fais chier.
:loupe:
Je ne vois pas comment on ne peut aimer Proust.

C'est à la fois parfaitement détaillé et merveilleusement limpide, les mots s'harmonisent avec une complexité sans égale tout en gardant une simplicité de lecture tant ce qui est dit est beau et a pour but de l'être, et non d'empiler les mots pour impressionner les esprits faibles.

C'est impossible pour tout lettré de ne pas être touché par ses propos sur ses parents dans la partie sur Combray.
il y a 3 ans
LysVelo
LysVelo
3 ans
La France est tiers 0.

Il y a quelques bons auteurs russes, mais ils n'arrivent pas à la cheville des auteurs précédemment cités et ne se résument qu'à quelques noms, alors que les auteurs français fleurissent abondamment depuis la chanson de Roland jusqu'à aujourd'hui avec le grand Guillaume Musso.
Ivan Turgenev, Nikolaï Tchernychevski, Dostoevsky, etc etc
:Crie:
Combattre l'immobilisme
il y a 3 ans
J’ai lu pas mal de littérature jap ado et jeune adulte (Sôseki, Kenji) et j’en retiens que la littérature française est assez prétentieuse .
:KannaWhat:
Les asiatiques sont un peuple particulièrement orgueilleux, lorsqu'ils sont incapables d'égaler les européens dans des domaines comme la gastronomie, la littérature, la peinture ou tout autre domaine, ils préfèrent nous accuser d'être prétentieux plutôt que d'admettre notre supériorité.
il y a 3 ans
Void_
Void_
3 ans
Ivan Turgenev, Nikolaï Tchernychevski, Dostoevsky, etc etc
:Crie:
Oui et ?

Déjà t'es incapable d'écrire correctement le nom de Dostoïevski et tu penses pouvoir défendre la littérature russe face aux génies littéraires français ?
il y a 3 ans
LysVelo
LysVelo
3 ans
Oui et ?

Déjà t'es incapable d'écrire correctement le nom de Dostoïevski et tu penses pouvoir défendre la littérature russe face aux génies littéraires français ?
C'est l'orthographe anglaise, juste que je communique plus souvent en Anglais qu'en Français donc l'habitude
:chat_poche:
Combattre l'immobilisme
il y a 3 ans
Void_
Void_
3 ans
C'est l'orthographe anglaise, juste que je communique plus souvent en Anglais qu'en Français donc l'habitude
:chat_poche:
À l'image des expatriés qui ne peuvent se prétendre patriotes en quittant le pays (c'est dans la définition même du mot), on ne peut prétendre comprendre et aimer la bonne littérature lorsque l'on préfère communiquer dans la langue barbare, appauvrie et abâtardie qu'est l'anglais.
il y a 3 ans
LysVelo
LysVelo
3 ans
À l'image des expatriés qui ne peuvent se prétendre patriotes en quittant le pays (c'est dans la définition même du mot), on ne peut prétendre comprendre et aimer la bonne littérature lorsque l'on préfère communiquer dans la langue barbare, appauvrie et abâtardie qu'est l'anglais.
Oh c'est bon rend pas fou arrete ton rp là
:chat_poche:
Combattre l'immobilisme
il y a 3 ans
Void_
Void_
3 ans
Oh c'est bon rend pas fou arrete ton rp là
:chat_poche:
:brise2:
il y a 3 ans
Lire c'est pour les pd
il y a 3 ans
Tu penses à un allemand en particulier ?
:zizou:
il y a 3 ans
Moi ? Mais je ne pensais à personne en particulier
:zizou:


Nietzsche est un idiot utile de la kabbale.

Et je parlais ici de qualité littéraire, au sens artistique et esthétique, pas de génies usant de l'écriture pour diffuser leurs idées (non pas que je considère Nietzsche comme un génie).

Et dans ce cas la littérature française et les auteurs précédemment cités, à laquelle j'aurais pu ajouter une liste longue comme le bras; est définitivement inégalable.
il y a 3 ans
Pour la littérature moderne/contemporaine, c'est totalement indéniable à part quelques rares exceptions qui d'ailleurs étaient incomprises dans leurs pays (poe, lovecraft, etc.). il faut lire ce que Céline dit de la littérature étrangère ds l'entretien avec le professeur Y
il y a 3 ans