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que les banques sont contrôlé par les juifs ou qu'ils volent des terres

alors que les mêmes gauchistes savent que c'est vrai et accuse les juifs de volé la palestine

mais ça fais les choqué
:risi_main:
il y a une heure
comme pour dieudonné ces enormes hypocrite DE MERDE
il y a une heure
:Jrire:
"No holes, no holocaust" R.F.
il y a une heure
Où et quand Bardella aurait dit un truc pareil ?
:DetectiveKim:
Bougnouuuuuuuuuuuuuuuuuuule
:Tibo_bougnoule:
il y a une heure
Je sais pas si je déteste le plus les migrants ou la gauchiasse
:Lunetteflash:
#Japan is turning footsteps into electricity. Every step creates energy using piezoelectric tiles - powering lights...
il y a une heure
Où et quand Bardella aurait dit un truc pareil ?
:DetectiveKim:
Ceci le lien bordel
:pascal_nrv:
il y a une heure
Ceci le lien bordel
:pascal_nrv:
J'ai l'impression que ça sort d'un fantasme de l'op qui confond Bardella et JMLP
:Philippot_question:
Bougnouuuuuuuuuuuuuuuuuuule
:Tibo_bougnoule:
il y a une heure
J'ai l'impression que ça sort d'un fantasme de l'op qui confond Bardella et JMLP
:Philippot_question:
C'est sorti sur mediapart c'est partout à la une j'aimerais bien lire l'article pour savoir où il a dit ça, on dirait que c'est encore sur JVC
:cat_think:
il y a une heure
Le plan se passe comme prévu, c'est réglé comme du papier à musique depuis 60 ans pour rappel.
:Golem_velo:
il y a une heure
Streamable
Vidéo Streamable
il y a une heure
Edit YRR vous pouvez gagner du temps en évitant de lire cette merde
:ahi_manson:

Voici l'article en entier:

« Les banques sont toutes détenues par des juifs » : Jordan Bardella face à ses écrits antisémites

« Mediapart » a mis la main sur des échanges de l’actuel président du RN, au début de sa carrière politique. On y découvre l’antisémitisme obsessionnel de celui qui rêve de devenir premier ministre. Sollicité, l’intéressé conteste ces informations et évoque des « faux grossiers ».

Après les « brebis galeuses », le chef du troupeau. L’actuel président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, adoubé par Marine Le Pen comme futur premier ministre en cas d’accession de l’extrême droite à l’Élysée en 2027, est à son tour rattrapé par des écrits relevant d’un antisémitisme obsessionnel, d’après une enquête de Mediapart reposant sur de nombreuses conversations privées, agrémentées de témoignages.

Symbole de la nouvelle génération d’un RN qui se présente aujourd’hui comme protecteur des Français juifs (bien que cofondé par des figures de la collaboration et d’anciens de la Waffen-SS), le député européen de 31 ans a manifesté son antisémitisme lors de plusieurs échanges datant de son arrivée au sein du Front national (FN), il y a une dizaine d’années. À l’époque de ces écrits, Jordan Bardella est déjà un militant actif du FN. Il devient le patron du parti en Seine-Saint-Denis dès 2014 et en sera un conseiller régional à partir de l’année suivante.

Au-delà de ces saillies doublées d’un conspirationnisme débridé, Jordan Bardella dévoile déjà les ressorts de la stratégie d’affichage, dite de « dédiabolisation », que l’extrême droite met en œuvre depuis quinze ans dans l’espace politique et médiatique français. « La politique, c’est de la com », dit-il. L’important n’est pas ce que l’on pense réellement : il faut simplement que cela ne se sache pas. Un point d’autant plus crucial que Marine Le Pen, alors présidente de son parti, déclare à la même époque publiquement que le FN est le « meilleur bouclier » pour protéger les Français·es de confession juive.

Or, dans les échanges aujourd’hui révélés par Mediapart, on découvre un Jordan Bardella à rebours de cette vitrine, totalement aligné sur les thèses de l’activiste antisémite multicondamné Alain Soral, défendant par exemple l’existence d’un prétendu complot juif visant à contrôler l’« ordre mondial ». C’est aussi à cette période-là qu’il noue une relation particulière avec un vieil ami de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, l’une des chevilles ouvrières du rapprochement du FN avec les sphères soraliennes.

Mediapart révèle un pan de la carrière politique de Jordan Bardella, de 2013 à 2015, après une enquête de plusieurs mois reposant sur des dizaines de conversations écrites – que nous avons pu authentifier de manière indépendante – issues d’une base documentaire plus large agrémentée de témoignages.

Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les ecraser et les voler.

Des propos de Jordan Bardella

Dans ces documents consultés par Mediapart, l’actuel président du RN dénonce le fait que « toutes les banques sont détenues par des Juifs ». Il déplore aussi que « le juif doit dominé [sic, voir boîte noire] les autres peuples, les ecraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. En France, deux bels exemples sont BHL [Bernard Henri-Lévy – ndlr] ou [Jacques] Attali. Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israel, avec bien sur Jérusalem comme capitale ».

Dans un autre échange, Jordan Bardella déplore encore que les ministères « les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts Français », en ciblant trois ministres du quinquennat de François Hollande (2012-2017) : Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls.

Sollicité par Mediapart, Jordan Bardella, qui avait estimé en 2023 que Jean-Marie Le Pen « n’était pas antisémite » – avant de nuancer ses propos face au tollé général –, a démenti en bloc l’ensemble de nos informations. « Je conteste formellement vos affirmations selon lesquelles j’aurais tenu, en public comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type », a-t-il signifié par écrit, dénonçant des « faux grossiers » et une « véritable opération de barbouzerie » (lire en boîte noire).

« Le fait que je n’étais pas militant actif au sein du Front national durant l’été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces “sources” », a-t-il aussi déclaré. Sur ce point précis, Jordan Bardella est démenti… par lui-même.

Dans ses interviews, comme ici au Parisien en 2025, l’actuel président du RN a toujours affirmé avoir rejoint le parti en 2012, à l’âge de 16 ans. Dans son autobiographie, Ce que je cherche, publiée en 2024 par Fayard, la maison d’édition phare du groupe Bolloré, il répète s’être engagé après avoir vu Marine Le Pen à la télévision, le 23 février 2012.

« J’étais mineur. Il a fallu convaincre ma mère, non sans mal, de signer l’autorisation parentale nécessaire pour adhérer à un mouvement politique… », y écrit-il. Dans ce même livre, Jordan Bardella avait osé écrire : « Je n’aime ni les outrances ni les excès. Jamais je ne me suis senti de proximité intellectuelle avec l’héritage politique de “l’extrême droite”. »

En privé, le même Jordan Bardella écrit en 2013 avoir rejoint le parti d’extrême droite, car son « idéologie de base » n’a jamais varié depuis sa création par Jean-Marie Le Pen en 1972, quand bien même il salue les efforts entrepris pour rendre le mouvement plus présentable en apparence.

Une fascination pour Alain Soral

D’après les souvenirs de son responsable de l’époque, Gilles C., l’ambitieux militant était déjà actif dans la section FN de son département de naissance, la Seine-Saint-Denis, en « février 2013 ». Jordan Bardella, 17 ans et demi à l’époque, entame quelques mois plus tard une première année de licence de géographie à l’université Paris-Sorbonne.

Son obsession au sujet d’une supposée « main mise de la communauté juive-sioniste sur le pays » est fortement imprégnée des thèses de l’idéologue antisémite Alain Soral, envers lequel il assume sa fascination en privé. Le fondateur du mouvement Égalité et Réconciliation (E&R) a bien été engagé dans la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen en 2007. Mais officiellement, les ponts ont été rompus avec le FN en 2009.

« Ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits », écrit Jordan Bardella en septembre 2013 au sujet de l’essayiste, condamné dès 2007 pour diffamation raciale et incitation à la haine. Et de citer, parmi les conclusions qu’il retient de la pensée d’Alain Soral, la « soumission de la France à une logique sioniste » ou le fait que « sionisme et domination bancaire so[ie]nt liés (Goldman Sachs, Rotschild, Lehman Brothers…) ».

« Jordan a regardé des kilomètres de vidéos de Soral et a lu ses bouquins. Il s’est en partie politisé autour de ça. Il était dans un militantisme de lecture et de vidéos sur internet », confirme un ancien proche conseiller de l’actuel président du RN, tout en expliquant n’avoir pas eu connaissance, à son niveau, des propos de Jordan Bardella.

L’actuel président du RN est aussi dans ses conversations un promoteur de Dieudonné, qui avait fait de Jean-Marie Le Pen le parrain de sa fille. « Il mène un vrai combat d’idée, sinon il serait resté avec Élie Semoun », salue-t-il en septembre 2013. Dès 2008, l’humoriste avait pourtant convié sur scène le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un « prix de l’infréquentabilité » par un comédien déguisé en déporté juif, ce qui lui avait valu une condamnation en justice, parmi bien d’autres.

Le jeune frontiste n’hésite pas non plus à se faire le relais de théories conspirationnistes. Il déclare que si le ministre de l’économie Pierre Moscovici veut « sauver les entreprises », c’est pour « venger Moïse », ou relaye des fake news sur les attentats du 11-Septembre. Douze ans après les faits, il fait encore part de ses doutes vis-à-vis de la « théorie officielle », et incite son entourage à regarder une vidéo d’une supposée ancienne agente de la CIA… suspectant le Mossad d’être derrière les attentats. Dans un autre message, il soutient que le « commerce alimentaire (les marques) du Hallal appartient à des juifs ».

Si Marine Le Pen arrive au pouvoir, elle risque l’accident d’avion ou l’attentat par un soit disant islamiste fou (manipulé par le haut bien sûr).

Jordan Bardella

« Je me souviens qu’il accordait de l’intérêt aux théories sur la possible survie d’Adolf Hitler après la Seconde Guerre mondiale, qui circulaient à l’époque », relate Laurent G., ancien responsable du Front national de la jeunesse (FNJ) de Seine-Saint-Denis, qui a croisé la route de Jordan Bardella au sein de la fédération du département entre 2013 et 2014.

Selon cet ex-cadre local, l’étudiant avait aussi comme livre de chevet Les Secrets de la Réserve fédérale, de l’écrivain négationniste états-unien Eustace Mullins. L’ouvrage, là encore adoubé par Alain Soral, attribue la création de la banque centrale états-unienne à un complot de banquiers juifs afin de servir leurs intérêts. Interrogé sur ce point, Jordan Bardella n’a pas répondu.

« Le plus riche du monde n’est pas Bill Gate, mais la FED (et les 12 ou 13 banquiers qui se partagent le butin) », écrit ainsi Jordan Bardella en septembre 2013 dans un échange privé, en appelant à « regarder les noms » des dirigeants des « plus grosses banques mondiales », forcément « sionistes » selon lui. « C’est certain que si Marine Le Pen arrive au pouvoir, qu’elle tente de reprendre le pouvoir sur la Banque elle risque l’accident d’avion ou l’attentat par un soit disant islamiste fou (manipulé par le haut bien sur) », théorise-t-il dans le même message.
il y a une heure
Au sein de la fédération dans laquelle le futur président du RN lance sa carrière, Laurent G. s’attelle lui-même à diffuser l’idéologie antisémite auprès des troupes lepénistes. À travers des dizaines d’e-mails internes que Mediapart s’est procurés, ce cadre local partage largement et de façon frénétique des recommandations de lecture en guise de « formation doctrinale ». Le 8 février 2014, il adresse directement à Jordan Bardella et un autre militant du FN 93 la version numérique du livre Dialogues désaccordés, d’Alain Soral et Éric Naulleau.

En réalité, Alain Soral fait presque figure de modéré parmi les conseils de lecture de Laurent G. Le « responsable aux actions militantes » de Seine-Saint-Denis inonde en effet les membres de la fédération et des jeunes cadres du parti d’e-mails vantant les écrits des plus célèbres auteurs collaborationnistes et révisionnistes, de Lucien Rebatet à Robert Brasillach en passant par Édouard Drumont. Leurs homologues plus contemporains, comme Robert Faurisson, Hervé Ryssen et Vincent Reynouard, sont eux aussi mis à l’honneur. Tout comme le nazi Joseph Goebbels, dont Laurent G. conseille l’ouvrage Combat pour Berlin en mai 2012. Ou, en septembre 2012, les toiles d’un « peintre autrichien bien connu » : Adolf Hitler. Dans la même veine, il vante en avril 2014 les « mérites de l’école révisionniste ».

Joint par Mediapart, Laurent G. assure qu’il envoyait ses e-mails « de [s]a propre initiative », pour cultiver la « curiosité intellectuelle » des militant·es, sans « pousser personne à penser quoi que ce soit ». « Je n’ai jamais été rappelé à l’ordre », fait-il d’ailleurs remarquer.

Interrogé sur les inspirations et envois de Laurent G., Jordan Bardella n’a pas répondu. A-t-il pu passer à côté de ses « conseils de lecture » ? N’y a-t-il trouvé rien à redire ? « Je ne peux en aucun cas être tenu responsable des écrits ou paroles de tiers », a affirmé l’actuel représentant du RN.

Des consignes pour lisser l’image du parti

Autre épisode témoignant du climat militant dans lequel Jordan Bardella s’est formé politiquement : l’éviction, en octobre 2014, de Maxence B., un militant frontiste de Seine-Saint-Denis qui venait de se convertir à l’islam. Un choix jugé intolérable en interne, comme l’attestent plusieurs échanges consultés par Mediapart.

Promu à la tête de cette fédération départementale à l’été 2014, Jordan Bardella pousse l’intéressé vers la sortie trois mois plus tard, sous la pression de militant·es excédé·es par la situation.

« Une rumeur arrive jusqu’à moi : un jeune français du 93, natif, caucasien “bien de cheu nous” s’est converti à l’Islam… Rien de grave me direz-vous, il y en a des centaines de plus, chaque mois... A un détail près puisque ce jeune serait Maxence B., membre des FNJ », dénonce un militant dans un e-mail adressé à plusieurs responsables du FN, dont Jordan Bardella, avant d’alerter les instances du parti : « Maintenir Maxence B. au sein du mouvement présente un risque. […] Tout cela nous mène à la catastrophe. » « Des adhérents de l’époque considéraient que le fait que Maxence avait caché sa conversion était un problème », confirme Gilles C. à Mediapart.

À l’inverse, la militante Élisabeth C., qui se revendique ouvertement « islamophobe » dans un e-mail de dénonciation au musulman Maxence B., se retrouve quant à elle investie quelques mois plus tard par le FN aux élections départementales de 2015. « Toujours RN » aujourd’hui, Élisabeth C. loue auprès de Mediapart les qualités de Jordan Bardella, quelqu’un « de très investi, de très capable, de très intelligent ».

Principal atout du RN dans son entreprise de « dédiabolisation » – ou « stratégie de la cravate », qu’il a arborée autour du cou dès ses premiers pas en politique –, Jordan Bardella a très tôt identifié la nécessité de nettoyer la vitrine du parti d’extrême droite et de tenir les médias à distance de l’arrière-boutique.

Le 26 novembre 2014, tandis que le scrutin départemental de mars 2015 se profile, il décide ainsi de tirer la sonnette d’alarme auprès de ses troupes. « Chers amis », écrit-il avec son adjoint, « comme à chaque campagne électorale, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle tempête médiatique, orchestrée par nos concurrents en manque de notoriété, au sujet de notre “littérature” et/ou des images que nous publions ». Comprendre : le problème n’est pas d’être haineux, il faut simplement savoir le cacher.

De gauche à droite : Alain Soral, Jordan Bardella et Frédéric Chatillon. © Photomontage Mediapart avec l'AFP et MaxPPP

Or, « bien que nous le répétions à chaque réunion », « nos consignes ont visiblement du mal à être retenues et respectées par quelques-uns », poursuit le document transmis aux candidat·es. Les responsables de section demandent donc de bien « vérifier » ou « faire vérifier » les contenus sur les réseaux sociaux. Rien ne doit filtrer des échanges internes…

« Depuis que Marine est à la tete du parti tu reçois une chartre quand tu t’inscris, en tant que militant tu dois etre exemplaire. Surtout dans le discours que tu tiens […] La politique c’est de la com », assume Jordan Bardella dans une autre conversation à l’été 2013, en disant s’inspirer de Machiavel.

On diabolise les dictateurs arabes alors que le régime d’Assad correspond finalement à la réalité du pays.

Jordan Bardella

Dans le même échange, le futur premier ministrable souligne que « depuis que [le] discours [de Marine Le Pen] est plus polyssé le nombre d’électeur explose »… tout en se réjouissant que le FN soit le seul parti « resté fidel à son ideologie de base » depuis « plus de 40 ans ». Au même moment, le vice-président du parti d’extrême droite, Louis Aliot, théorise l’idée que l’antisémitisme est le dernier « verrou idéologique » à faire « sauter » auprès de l’opinion publique pour permettre à son mouvement d’accéder enfin au pouvoir.

De son côté, Jordan Bardella continue d’évoluer dans le même bain idéologique. Entre février et juin 2015, il est recruté comme collaborateur de l’eurodéputé Jean-François Jalkh, qui cumule ce mandat avec celui de vice-président du parti – le contrat qui les lie alimente aujourd’hui des soupçons d’emploi fictif que l’actuel patron du RN conteste.

Militant historique du FN, qu’il a rejoint deux ans après sa création, Jean-François Jalkh est aussi connu pour avoir commémoré le 40e anniversaire de la mort de Philippe Pétain en 1991, puis pour avoir tenu des propos négationnistes sur la Seconde Guerre mondiale. « Je dis qu’on doit pouvoir discuter même de ce problème [des chambres à gaz] », déclare-t-il à une chercheuse dans un article publié en 2005, louant le « sérieux » et la « rigueur » de négationnistes tels que Robert Faurisson, condamné à plusieurs reprises pour « contestation de crimes contre l’humanité ».

L’expérience « Banlieues patriotes »

En janvier 2016, un mois après son élection au conseil régional d’Île-de-France, le jeune militant poursuit son ascension dans l’appareil du FN et lance un nouveau collectif, « Banlieues patriotes », tourné vers les habitant·es des périphéries urbaines. Sur son site internet, Égalité et Réconciliation jubile. « Le message d’Alain Soral enfin entendu au Front national ? », s’enthousiasme l’organisation dans un article illustré par une grande photo du jeune Bardella.
il y a une heure
Cette ardeur ne vient pas de nulle part. Auprès de Mediapart, un des cofondateurs d’E&R, Thomas M., est en effet formel : « Des gens liés à E&R étaient présents au lancement de Banlieues patriotes. » « Le FN, aujourd’hui RN, est un parti très composite, il y avait des souverainistes mais aussi des composantes beaucoup plus radicales, avec lesquelles il faut composer », justifie-t-il.

Cette hypothèse est étayée par la suite des événements. Pour son premier – et dernier – événement public, Banlieues patriotes organise en effet une conférence dans un bar avec une personnalité inattendue : le militant associatif musulman Camel Bechikh, très introduit dans les cercles soraliens. « Je n’ai pas eu la main sur le choix de l’invité, c’est au niveau de Jordan Bardella que cela s’est fait », affirme à Mediapart Guy D., alors secrétaire général de Banlieues patriotes.

À l’époque, Camel Bechikh préside l’association Fils de France et rêve de tisser des ponts vers l’extrême droite, bien aidé en cela par l’avocat Philippe Péninque, un ami et conseiller de Marine Le Pen qui accompagne aussi Alain Soral. Les liens se raffermissent au moment de La Manif pour tous en 2013, dont Camel Bechikh devient un des représentants, mais surtout dans les cortèges de « Jour de colère » en 2014, truffés de slogans antisémites et homophobes.

Deux ans et demi plus tard, le 19 octobre 2016, alors qu’il répond aux questions de Jordan Bardella pour l’événement de Banlieues patriotes, Camel Bechikh n’a pas adouci son propos. « Je crois que quand on guillotine un roi qui était garant d’une certaine tenue religieuse dans le pays, que quand on sépare l’Église de l’État en 1905, que quand on vote une loi sur l’avortement, et dernièrement une loi sur le mariage pour tous, tout cela rentre en contradiction avec l’habitus profond », déclare-t-il au cours de la conférence. Assis à ses côtés, l’actuel patron du RN opine du chef.

Capture d’écran YouTube de François Paradol (à gauche) Jordan Bardella (au centre) et Camel Bechikh (à droite), en 2016. © Photomontage Mediapart

Une rangée derrière, dans le public, un homme aux cheveux courts et en polo suit la conférence avec attention : militant de FNJ avec Jordan Bardella, François Paradol est alors le trésorier officiel de Banlieues patriotes. Lui aussi a été abreuvé de recommandations de lectures antisémites partagées en 2013 par Laurent G. et a fréquenté les réseaux d’Alain Soral, comme Mediapart le révélait en décembre 2025, sans que cela fasse réagir quiconque au RN. Il occupe aujourd’hui encore les fonctions de directeur de cabinet du président du parti.

Avant les écrits de Jordan Bardella, Mediapart avait déjà exhumé il y a plus d’un an les écrits antisémites, islamophobes et homophobes de la députée Caroline Parmentier, amie historique de Marine Le Pen.

Malgré nos révélations, l’élue lepéniste, qui dénonçait l’existence d’un « lobby juif » et rendait hommage à Philippe Pétain en 2018, a même conservé la vice-présidence du groupe à l’Assemblée nationale, sans qu’une seule voix s’élève contre cette situation. Un traitement bien différent des quelques « brebis galeuses » que le RN se complait à éjecter pour mieux épargner la tête du mouvement.

« Mediapart » a mis la main sur des échanges de l’actuel président du RN, au début de sa carrière politique. On y découvre l’antisémitisme obsessionnel de celui qui rêve de devenir premier ministre. Sollicité, l’intéressé conteste ces informations et évoque des « faux grossiers ».

Après les « brebis galeuses », le chef du troupeau. L’actuel président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, adoubé par Marine Le Pen comme futur premier ministre en cas d’accession de l’extrême droite à l’Élysée en 2027, est à son tour rattrapé par des écrits relevant d’un antisémitisme obsessionnel, d’après une enquête de Mediapart reposant sur de nombreuses conversations privées, agrémentées de témoignages.

Symbole de la nouvelle génération d’un RN qui se présente aujourd’hui comme protecteur des Français juifs (bien que cofondé par des figures de la collaboration et d’anciens de la Waffen-SS), le député européen de 31 ans a manifesté son antisémitisme lors de plusieurs échanges datant de son arrivée au sein du Front national (FN), il y a une dizaine d’années. À l’époque de ces écrits, Jordan Bardella est déjà un militant actif du FN. Il devient le patron du parti en Seine-Saint-Denis dès 2014 et en sera un conseiller régional à partir de l’année suivante.

Au-delà de ces saillies doublées d’un conspirationnisme débridé, Jordan Bardella dévoile déjà les ressorts de la stratégie d’affichage, dite de « dédiabolisation », que l’extrême droite met en œuvre depuis quinze ans dans l’espace politique et médiatique français. « La politique, c’est de la com », dit-il. L’important n’est pas ce que l’on pense réellement : il faut simplement que cela ne se sache pas. Un point d’autant plus crucial que Marine Le Pen, alors présidente de son parti, déclare à la même époque publiquement que le FN est le « meilleur bouclier » pour protéger les Français·es de confession juive.

Or, dans les échanges aujourd’hui révélés par Mediapart, on découvre un Jordan Bardella à rebours de cette vitrine, totalement aligné sur les thèses de l’activiste antisémite multicondamné Alain Soral, défendant par exemple l’existence d’un prétendu complot juif visant à contrôler l’« ordre mondial ». C’est aussi à cette période-là qu’il noue une relation particulière avec un vieil ami de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, l’une des chevilles ouvrières du rapprochement du FN avec les sphères soraliennes.

Mediapart révèle un pan de la carrière politique de Jordan Bardella, de 2013 à 2015, après une enquête de plusieurs mois reposant sur des dizaines de conversations écrites – que nous avons pu authentifier de manière indépendante – issues d’une base documentaire plus large agrémentée de témoignages.
il y a une heure
Image
il y a une heure
Résumé il n'y pas grand chose comme d'hab
:Chat_sumo_danse:
il y a 43 minutes