Sujet résolu
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la société française
L'expression « communisme affectif et sexuel » désigne généralement des tentatives politiques, sociales ou utopiques visant à abolir le couple monogame exclusif (souvent perçu comme une forme de « propriété privée » ou une institution bourgeoise) pour le remplacer par un partage collectif des relations amoureuses, sexuelles et de l'éducation des enfants.
Contrairement aux sociétés traditionnelles étudiées par l'anthropologie (qui ont des règles de parenté strictes), le communisme sexuel se retrouve surtout dans des communautés intentionnelles ou des expérimentations utopiques.
Voici les exemples historiques les plus célèbres :
1. La communauté d'Oneida (États-Unis, 1848 - 1881)
C’est l’exemple le plus abouti de communisme sexuel institutionnalisé au XIXe siècle. Fondée par le prédicateur utopiste John Humphrey Noyes, cette communauté chrétienne radicale pratiquait ce qu'elle appelait le « mariage complexe » (complex marriage).
Le principe : Chaque homme de la communauté était considéré comme marié à chaque femme. L'exclusivité affective ou sexuelle était interdite et considérée comme un péché d'égoïsme ou de possessivité.
Fonctionnement : Les relations sexuelles devaient être approuvées par la communauté (souvent via des intermédiaires) et les enfants étaient élevés collectivement.
2. Les communes de la contre-culture des années 1960-1970
Dans la foulée de la libération sexuelle, plusieurs communautés ont tenté d'instaurer un véritable communisme des corps et des sentiments :
La commune de Friedrichshof (Autriche, années 1970) : Fondée par l'artiste Otto Muehl, cette communauté d'inspiration marxiste et psychanalytique interdisait strictement le couple exclusif (considéré comme une névrose bourgeoise). La sexualité libre (Free Sexuality) était une obligation sociale et les membres devaient changer de partenaire constamment.
La commune Kerista (San Francisco, 1971 - 1991) : C'est dans cette communauté qu'a été inventé le terme « polyfidélité ». Ils pratiquaient un communisme économique total couplé à un partage sexuel et affectif strictement égalitaire au sein d'un groupe fermé. Ils dormaient selon un roulement (le rotational sleeping schedule) pour s'assurer que chacun passait du temps intime avec tous les autres membres du groupe.
3. L'utopie de Charles Fourier (France, début du XIXe siècle)
Le philosophe et socialiste utopique Charles Fourier (qui a inspiré les Phalanstères) a théorisé ce qu'on pourrait appeler un communisme amoureux avant l'heure.
Dans son ouvrage Le Nouveau Monde amoureux, il imagine une société où l'amour libre est la norme. Il théorise la disparition du mariage classique au profit d'un système de relations multiples, d'« orgies de musée » (des rencontres sensuelles encadrées par des règles d'harmonie) et d'une redistribution de l'affection pour que personne, même les plus âgés ou les moins séduisants, ne souffre de misère sexuelle ou affective.
4. Les expérimentations bolcheviques (Russie, 1917 - années 1920)
Juste après la Révolution russe, un grand débat a eu lieu sur la destruction de la famille « bourgeoise ».
La révolutionnaire Alexandra Kollontaï défendait la théorie de « l'amour libre », souvent résumée par la métaphore du verre d'eau : satisfaire ses désirs sexuels devrait être aussi simple et sans conséquences que de boire un verre d'eau.
Des groupes de jeunes communistes (les Komsomols) ont parfois organisé des communes où la sexualité devait être partagée sans attachement possessif.
Attention à la légende : Il a circulé en 1918 un fameux « décret sur la nationalisation des femmes » qui instaurait un communisme sexuel d'État. Ce document s'est avéré être un faux, fabriqué par les opposants aux Bolcheviks pour les discréditer. L'État soviétique a d'ailleurs rapidement fait marche arrière dans les années 30 sous Staline, imposant un retour à un ordre familial très strict.
5. Les premiers Kibboutz (Israël, début du XXe siècle) - Un communisme "affectif" plus que sexuel
Bien que les pionniers des kibboutz n'aient pas instauré de communisme sexuel (ils restaient globalement en couple monogame), ils ont pratiqué un communisme affectif et éducatif radical.
Pour détruire l'autorité patriarcale et la cellule familiale bourgeoise, les enfants étaient séparés de leurs parents dès la naissance. Ils vivaient, dormaient et grandissaient dans la Maison des enfants.
L'affection et l'éducation étaient collectivisées : l'enfant appartenait à la communauté avant d'appartenir à ses parents biologiques.
Bilan anthropologique
Le constat historique sur le « communisme affectif et sexuel » etait globalement excellent .. et les excellents retours des adeptes de ce style de vie étaient legions.
L'expression « communisme affectif et sexuel » désigne généralement des tentatives politiques, sociales ou utopiques visant à abolir le couple monogame exclusif (souvent perçu comme une forme de « propriété privée » ou une institution bourgeoise) pour le remplacer par un partage collectif des relations amoureuses, sexuelles et de l'éducation des enfants.
Contrairement aux sociétés traditionnelles étudiées par l'anthropologie (qui ont des règles de parenté strictes), le communisme sexuel se retrouve surtout dans des communautés intentionnelles ou des expérimentations utopiques.
Voici les exemples historiques les plus célèbres :
1. La communauté d'Oneida (États-Unis, 1848 - 1881)
C’est l’exemple le plus abouti de communisme sexuel institutionnalisé au XIXe siècle. Fondée par le prédicateur utopiste John Humphrey Noyes, cette communauté chrétienne radicale pratiquait ce qu'elle appelait le « mariage complexe » (complex marriage).
Le principe : Chaque homme de la communauté était considéré comme marié à chaque femme. L'exclusivité affective ou sexuelle était interdite et considérée comme un péché d'égoïsme ou de possessivité.
Fonctionnement : Les relations sexuelles devaient être approuvées par la communauté (souvent via des intermédiaires) et les enfants étaient élevés collectivement.
2. Les communes de la contre-culture des années 1960-1970
Dans la foulée de la libération sexuelle, plusieurs communautés ont tenté d'instaurer un véritable communisme des corps et des sentiments :
La commune de Friedrichshof (Autriche, années 1970) : Fondée par l'artiste Otto Muehl, cette communauté d'inspiration marxiste et psychanalytique interdisait strictement le couple exclusif (considéré comme une névrose bourgeoise). La sexualité libre (Free Sexuality) était une obligation sociale et les membres devaient changer de partenaire constamment.
La commune Kerista (San Francisco, 1971 - 1991) : C'est dans cette communauté qu'a été inventé le terme « polyfidélité ». Ils pratiquaient un communisme économique total couplé à un partage sexuel et affectif strictement égalitaire au sein d'un groupe fermé. Ils dormaient selon un roulement (le rotational sleeping schedule) pour s'assurer que chacun passait du temps intime avec tous les autres membres du groupe.
3. L'utopie de Charles Fourier (France, début du XIXe siècle)
Le philosophe et socialiste utopique Charles Fourier (qui a inspiré les Phalanstères) a théorisé ce qu'on pourrait appeler un communisme amoureux avant l'heure.
Dans son ouvrage Le Nouveau Monde amoureux, il imagine une société où l'amour libre est la norme. Il théorise la disparition du mariage classique au profit d'un système de relations multiples, d'« orgies de musée » (des rencontres sensuelles encadrées par des règles d'harmonie) et d'une redistribution de l'affection pour que personne, même les plus âgés ou les moins séduisants, ne souffre de misère sexuelle ou affective.
4. Les expérimentations bolcheviques (Russie, 1917 - années 1920)
Juste après la Révolution russe, un grand débat a eu lieu sur la destruction de la famille « bourgeoise ».
La révolutionnaire Alexandra Kollontaï défendait la théorie de « l'amour libre », souvent résumée par la métaphore du verre d'eau : satisfaire ses désirs sexuels devrait être aussi simple et sans conséquences que de boire un verre d'eau.
Des groupes de jeunes communistes (les Komsomols) ont parfois organisé des communes où la sexualité devait être partagée sans attachement possessif.
Attention à la légende : Il a circulé en 1918 un fameux « décret sur la nationalisation des femmes » qui instaurait un communisme sexuel d'État. Ce document s'est avéré être un faux, fabriqué par les opposants aux Bolcheviks pour les discréditer. L'État soviétique a d'ailleurs rapidement fait marche arrière dans les années 30 sous Staline, imposant un retour à un ordre familial très strict.
5. Les premiers Kibboutz (Israël, début du XXe siècle) - Un communisme "affectif" plus que sexuel
Bien que les pionniers des kibboutz n'aient pas instauré de communisme sexuel (ils restaient globalement en couple monogame), ils ont pratiqué un communisme affectif et éducatif radical.
Pour détruire l'autorité patriarcale et la cellule familiale bourgeoise, les enfants étaient séparés de leurs parents dès la naissance. Ils vivaient, dormaient et grandissaient dans la Maison des enfants.
L'affection et l'éducation étaient collectivisées : l'enfant appartenait à la communauté avant d'appartenir à ses parents biologiques.
Bilan anthropologique
Le constat historique sur le « communisme affectif et sexuel » etait globalement excellent .. et les excellents retours des adeptes de ce style de vie étaient legions.
il y a 2 heures
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