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Ce 14 juillet, un habitant de la rue René-Brillet, à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire), assiste à une scène inédite. Vers 9 heures, il voit plusieurs gendarmes investir la maison de son voisin d’en face, un pavillon paisible niché derrière un mur couleur crème. Il imagine d’abord un drame. Pour que les militaires interviennent un jour férié, l’affaire doit être sérieuse. Puis il les voit ressortir avec l’occupant des lieux, menottes aux poignets. L’homme est embarqué dans le véhicule sérigraphié, tandis que les gendarmes emportent plusieurs ordinateurs et téléphones. Le voisin n’en croit pas ses yeux. Car l’homme qui vient d’être arrêté n’est autre que… le maire de la commune ! Laurent Froger a été élu quatre mois plus tôt. Qu’est-ce qu’on lui reproche ?
Des contenus immondes récupérés sur l’application Telegram
Deux jours plus tard, l’édile comparaît devant le tribunal correctionnel d’Angers. Et on comprend pourquoi les enquêteurs ont saisi son matériel informatique : il recelait plus de 4 500 images pédopornographiques et 500 vidéos. Des scènes insoutenables de fellations, de pénétrations, impliquant des enfants de 6 à 8 ans. Et même des bébés. Des contenus immondes récupérés sur l’application Telegram, où il échangeait avec d’autres détraqués de sa trempe….
Face à la présidente, Laurent Froger tente de justifier l’injustifiable. Selon lui, il serait tombé sur ce réseau « par hasard », poussé par une curiosité qu’il présente comme presque scientifique.
— Je voulais savoir ce qui se cachait derrière ces pseudos un peu effrayants. Je voulais comprendre et, pour avoir des réponses, il fallait que je me mette dans leur peau, explique-t-il.
Monsieur le maire serait donc un observateur. Ou, selon ses propres mots, « un sociologue de pédocriminels » qui aurait surmonté sa répulsion pour mener sa petite enquête. Il fallait oser. Car cette prétendue curiosité a tout de même duré près de deux ans et demi !
À la première image, n’importe qui aurait refermé l’écran
Pendant tout ce temps, Laurent Froger échange sur Telegram, télécharge, conserve et partage des milliers de fichiers pédopornographiques.
— Quand on aime, on ne compte pas ? lâche la présidente, glaciale.
Et de rappeler qu’à la première image, n’importe qui aurait refermé l’écran, saisi de dégoût. L’élu baisse la tête. Il se dit aujourd’hui « honteux » et « écœuré par ce [qu’il a] fait ».
— Je n’ai pas de mots, souffle-t-il, le visage défait.
La présidente l’interroge sur son avenir politique.
— Je ne suis pas sûr de vouloir continuer, balbutie-t-il.
— Et vos administrés ?
— Je ne sais pas comment je vais leur dire…
Pas besoin. L’affaire a été révélée par la presse locale, notamment par nos confrères du Courrier de l’Ouest. Avec, en prime, le verdict : trois ans de prison dont trente mois avec sursis. Laurent Froger est également inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, privé de ses droits civiques et interdit d’entrer en contact avec des mineurs.
À Chalonnes-sur-Loire, la stupeur est immense. Avant son élection, Laurent Froger était une figure bien connue de la vie associative locale. Il s’était investi dans plusieurs clubs sportifs ainsi que dans des associations de parents d’élèves. Autant de terrains de chasse potentiels… Une fois sa démission remise, Chalonnes devra se choisir un nouveau maire. Mais qu’il se rassure : il lui sera difficile de faire pire.
il y a 7 heures
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