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Le Périple d’Hannon (ou Hanno le Navigateur) est un court texte grec datant probablement du Ve siècle av. J.-C. (ou une traduction d’un original punique carthaginois). Il s’agit du récit d’une expédition maritime carthaginoise le long des côtes ouest-africaines, au-delà des Colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar). Hannon, un amiral (ou haut magistrat) carthaginois, commandait une flotte de 60 navires avec des colons.

Résumé du texte et des rencontres
Le périple décrit la fondation de colonies sur la côte marocaine actuelle, puis une progression vers le sud le long du Sahara atlantique et plus loin.

Points clés sur les populations rencontrées :

- Les Lixites (ou Lixitae): Près d’un grand fleuve (probablement le Drâa ou un autre au Maroc), ils sont décrits comme une tribu nomade amie. Les Carthaginois restent avec eux, deviennent amis et prennent des interprètes à bord. Ils sont probablement des Berbères ou des populations nord-africaines.

- Éthiopiens hostiles : Juste après les Lixites, le texte mentionne des « Éthiopiens hostiles » vivant dans une région pleine d’animaux sauvages, entourée de grandes montagnes. Le terme « Éthiopiens » (Aithiopes en grec) signifiait chez les Anciens « visages brûlés » et désignait généralement les peuples à peau très foncée d’Afrique subsaharienne (pas seulement les Éthiopiens modernes). Ces groupes semblent distincts des Nubiens déjà connus via l’Égypte. Ils sont présentés comme hostiles et séparés des Lixites.

- Plus au sud : Après l’île de Kerne (probablement sur la côte mauritanienne), ils traversent des zones avec des « sauvages vêtus de peaux » qui jettent des pierres et empêchent le débarquement (hostiles). Ensuite, pendant 12 jours, la côte est habitée par d’autres Éthiopiens qui fuient à leur approche et dont la langue est incompréhensible même pour les interprètes lixites. Cela suggère des populations ouest-africaines subsahariennes (type congoloïde probable, ancêtres de peuples de la région Sénégal/Guinée).

- L’épisode des « Gorillai » (fin du texte) : Dans une baie (le « Corne du Sud »), sur une île, ils rencontrent des « sauvages » velus, surtout des femmes. Les interprètes les appellent Gorillai. Les mâles fuient en grimpant et jettent des pierres ; trois femelles sont capturées mais se montrent très agressives (morsures, griffures) et sont tuées, puis écorchées (leurs peaux ramenées à Carthage). La plupart des historiens y voient une description exagérée ou mythifiée de gorilles (d’où le nom moderne), ou éventuellement de pygmées ou d’autres groupes humains. C’est clairement hostile.

Réponse à ta question précise
Oui, le texte distingue bien des groupes amicaux (Lixites) et hostiles ou fuyards (plusieurs groupes d’« Éthiopiens » et sauvages). Ces descriptions ne concernent pas uniquement les Éthiopiens/Nubiens déjà connus par les Méditerranéens via l’Égypte ou le commerce transsaharien. Il s’agit de peuples rencontrés plus au sud, sur la côte atlantique ouest-africaine, probablement des populations de type ouest-africain (congoloïde : peau très foncée, traits subsahariens typiques).

Les Carthaginois avaient déjà des contacts indirects avec l’Afrique subsaharienne via le Sahara, mais ce périple est une exploration directe par mer de régions nouvelles ou peu connues des Grecs/Romains à l’époque. Le texte est bref, parfois confus (distances approximatives, possibles erreurs de copie), et certains historiens débattent de jusqu’où il est allé (Sénégal/Guinée au minimum, peut-être jusqu’au Cameroun pour le volcan décrit).

Sources : Le texte grec est conservé dans un manuscrit byzantin. Les traductions modernes (anglais de Schoff, analyses sur Livius.org, Wikipedia, etc.) sont concordantes sur ces points. Le document est considéré comme globalement authentique, même s’il a pu être abrégé ou stylisé.

Si tu veux le texte intégral traduit ou des détails sur une partie précise (localisations possibles, le volcan, etc.), dis-le-moi !
:pyramide:
il y a 2 jours
:Valentin_monte:
:igo5:
:NegreCrime:

:igo5:
...
:NegreCrime:
...
:Choent:

:ZlatanCR7_with_N:
"Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui jaillissent les sources de la Vie." — Proverbes 4:23
il y a 2 jours
Je comprend pas Netflix avaient représentés les carthaginois comme étant noirs
:igo5:
il y a 2 jours
Le Périple d’Hannon (ou Hanno le Navigateur) est un court texte grec datant probablement du Ve siècle av. J.-C. (ou une traduction d’un original punique carthaginois). Il s’agit du récit d’une expédition maritime carthaginoise le long des côtes ouest-africaines, au-delà des Colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar). Hannon, un amiral (ou haut magistrat) carthaginois, commandait une flotte de 60 navires avec des colons.

Résumé du texte et des rencontres
Le périple décrit la fondation de colonies sur la côte marocaine actuelle, puis une progression vers le sud le long du Sahara atlantique et plus loin.

Points clés sur les populations rencontrées :

- Les Lixites (ou Lixitae): Près d’un grand fleuve (probablement le Drâa ou un autre au Maroc), ils sont décrits comme une tribu nomade amie. Les Carthaginois restent avec eux, deviennent amis et prennent des interprètes à bord. Ils sont probablement des Berbères ou des populations nord-africaines.

- Éthiopiens hostiles : Juste après les Lixites, le texte mentionne des « Éthiopiens hostiles » vivant dans une région pleine d’animaux sauvages, entourée de grandes montagnes. Le terme « Éthiopiens » (Aithiopes en grec) signifiait chez les Anciens « visages brûlés » et désignait généralement les peuples à peau très foncée d’Afrique subsaharienne (pas seulement les Éthiopiens modernes). Ces groupes semblent distincts des Nubiens déjà connus via l’Égypte. Ils sont présentés comme hostiles et séparés des Lixites.

- Plus au sud : Après l’île de Kerne (probablement sur la côte mauritanienne), ils traversent des zones avec des « sauvages vêtus de peaux » qui jettent des pierres et empêchent le débarquement (hostiles). Ensuite, pendant 12 jours, la côte est habitée par d’autres Éthiopiens qui fuient à leur approche et dont la langue est incompréhensible même pour les interprètes lixites. Cela suggère des populations ouest-africaines subsahariennes (type congoloïde probable, ancêtres de peuples de la région Sénégal/Guinée).

- L’épisode des « Gorillai » (fin du texte) : Dans une baie (le « Corne du Sud »), sur une île, ils rencontrent des « sauvages » velus, surtout des femmes. Les interprètes les appellent Gorillai. Les mâles fuient en grimpant et jettent des pierres ; trois femelles sont capturées mais se montrent très agressives (morsures, griffures) et sont tuées, puis écorchées (leurs peaux ramenées à Carthage). La plupart des historiens y voient une description exagérée ou mythifiée de gorilles (d’où le nom moderne), ou éventuellement de pygmées ou d’autres groupes humains. C’est clairement hostile.

Réponse à ta question précise
Oui, le texte distingue bien des groupes amicaux (Lixites) et hostiles ou fuyards (plusieurs groupes d’« Éthiopiens » et sauvages). Ces descriptions ne concernent pas uniquement les Éthiopiens/Nubiens déjà connus par les Méditerranéens via l’Égypte ou le commerce transsaharien. Il s’agit de peuples rencontrés plus au sud, sur la côte atlantique ouest-africaine, probablement des populations de type ouest-africain (congoloïde : peau très foncée, traits subsahariens typiques).

Les Carthaginois avaient déjà des contacts indirects avec l’Afrique subsaharienne via le Sahara, mais ce périple est une exploration directe par mer de régions nouvelles ou peu connues des Grecs/Romains à l’époque. Le texte est bref, parfois confus (distances approximatives, possibles erreurs de copie), et certains historiens débattent de jusqu’où il est allé (Sénégal/Guinée au minimum, peut-être jusqu’au Cameroun pour le volcan décrit).

Sources : Le texte grec est conservé dans un manuscrit byzantin. Les traductions modernes (anglais de Schoff, analyses sur Livius.org, Wikipedia, etc.) sont concordantes sur ces points. Le document est considéré comme globalement authentique, même s’il a pu être abrégé ou stylisé.

Si tu veux le texte intégral traduit ou des détails sur une partie précise (localisations possibles, le volcan, etc.), dis-le-moi !
:pyramide:
Up
:Olivier_toad:
Gaston chaton écrit...
il y a 2 jours
intéressant
:sniffa:
il y a 2 jours
Gorillai
:Negresgorille:
Fondée en 1915, 890 milliards d'eurodollars de valeur monétaire, 600 000 membres. Et toi?
il y a 2 jours
il y a 2 jours
le texte intégral traduit serait intéressant, oui !
s'il ne t'en coûte pas trop de le faire, certains ici pourraient apprécier sa lecture.
do la fa# si ↓si mi
il y a 2 jours
le texte intégral traduit serait intéressant, oui !
s'il ne t'en coûte pas trop de le faire, certains ici pourraient apprécier sa lecture.
Voici une traduction française intégrale du Périple d’Hannon (basée sur les versions standard issues du texte grec conservé, notamment celles couramment acceptées dans les sources savantes). Le texte est court et se présente comme une dédicace gravée dans un temple carthaginois (probablement dédié à Baal Hammon, traduit par Kronos).

Voici le récit du périple d’Hannon, roi des Carthaginois, dans les régions de Libye au-delà des Colonnes d’Héraclès, qu’il a consacré dans le temple de Kronos ; il expose ce qui suit :

Les Carthaginois décidèrent qu’Hannon naviguerait au-delà des Colonnes d’Héraclès et fonderait des villes de Libyphéniciens. Il partit avec soixante pentécontères, environ trente mille hommes et femmes, des vivres et d’autres provisions.

Après avoir navigué deux jours au-delà des Colonnes, nous fondâmes la première ville, que nous appelâmes Thymiaterion. Au-dessous s’étendait une grande plaine.

En naviguant vers l’ouest, nous arrivâmes à Soloeis, un promontoire libyen couvert d’arbres. Là, nous fondâmes un temple à Poséidon.

Après une demi-journée de navigation vers l’est, nous atteignîmes un lac non loin de la mer, rempli de grands roseaux, où se nourrissaient des éléphants et beaucoup d’autres bêtes sauvages.

À une journée de navigation au-delà de ce lac, nous fondâmes cinq villes sur la côte : Karikon Teichos (le Mur Carien), Gytte, Akra, Melitta et Arambys.

De là, nous arrivâmes au grand fleuve Lixos, qui vient de Libye, auprès duquel nomadisaient les Lixites, qui faisaient paître leurs troupeaux. Nous restâmes quelque temps avec eux et devînmes amis.

À l’intérieur des terres vivaient des Éthiopiens inhospitaliers, dans un pays rempli de bêtes sauvages et entouré de grandes montagnes. Ils disent que le Lixos vient de là, et que dans ces montagnes habitent des Troglodytes d’aspect étrange qui, selon les Lixites, courent plus vite que les chevaux.

Prenant des interprètes chez les Lixites, nous naviguâmes vers le sud le long de la côte désertique pendant deux jours, puis un jour vers l’est. Nous trouvâmes une petite île de cinq stades de circonférence, située au fond d’un golfe. Nous y établîmes une colonie et l’appelâmes Cernè. D’après notre voyage, nous jugions qu’elle était à égale distance des Colonnes que Carthage l’est elle-même.

De là, en remontant un grand fleuve appelé Chretès, nous atteignîmes un lac contenant trois îles plus grandes que Cernè. Après une journée de navigation depuis là, nous arrivâmes à l’extrémité du lac, dominée par de très hautes montagnes peuplées de sauvages vêtus de peaux de bêtes, qui nous lapidèrent, nous repoussèrent et nous empêchèrent de débarquer.

Naviguant de là, nous arrivâmes à un autre grand fleuve large, rempli de crocodiles et d’hippopotames. Nous fîmes demi-tour et revînmes à Cernè.
De là, nous naviguâmes vers le sud pendant douze jours, longeant une côte habitée par des Éthiopiens qui fuyaient à notre approche. Leur langue était incompréhensible, même pour nos interprètes lixites.

Le dernier jour, nous jetâmes l’ancre près de hautes montagnes boisées aux arbres odorants et bigarrés.

En les contournant pendant deux jours, nous atteignîmes un immense golfe ; sur ses deux rives s’étendait une plaine où, la nuit, nous voyions des feux grands et petits s’allumer à intervalles un peu partout.

Prenant de l’eau, nous naviguâmes cinq jours le long de la côte jusqu’à une grande baie que nos interprètes appelèrent la Corne de l’Occident. Il y avait là une grande île contenant un lac d’eau salée, dans lequel se trouvait une autre île où nous débarquâmes. Le jour, on ne voyait qu’une forêt ; la nuit, de nombreux feux brûlaient, et on entendait des flûtes, des cymbales, des tambours et un grand tumulte de voix. La peur nous saisit et les devins nous ordonnèrent de quitter l’île.

Nous partîmes en hâte et longeâmes une côte enflammée pleine d’encens brûlant. De grands torrents de feu se déversaient dans la mer ; la terre était inaccessible à cause de la chaleur.

Nous repartîmes rapidement, saisis de crainte. Après quatre jours de navigation, nous vîmes la terre, la nuit, couverte de flammes. Au milieu s’élevait une flamme très haute, plus grande que les autres, qui semblait toucher les étoiles. Le jour, on voyait que c’était une très haute montagne appelée le Char des Dieux (ou Chariot des Dieux).

De là, naviguant trois jours le long de coulées de feu, nous atteignîmes un golfe appelé la Corne du Sud.

Au fond de cette baie se trouvait une île semblable à la précédente, avec un lac dans lequel il y avait une autre île pleine de sauvages. La plupart étaient des femmes au corps velu ; nos interprètes les appelaient Gorilles. En les poursuivant, nous ne pûmes capturer aucun des mâles (ils s’enfuyaient en grimpant aux rochers et nous lançaient des pierres), mais nous prîmes trois femmes qui mordaient et griffaient ceux qui les emmenaient. Nous les tuâmes, les écorchâmes et rapportâmes leurs peaux à Carthage. Nous ne naviguâmes pas plus loin, car les vivres manquaient.


Détails sur les localisations possibles

Les identifications sont très débattues car le texte donne des indications vagues (jours de navigation, sans distances précises en stades la plupart du temps), et il a probablement été stylisé ou abrégé. Les hypothèses varient selon qu’on pense que l’expédition a atteint le Sénégal, la Sierra Leone, la Guinée ou le Cameroun/Gabon.

Début du voyage : Colonnes d’Héraclès = détroit de Gibraltar. Thymiaterion → souvent identifié près de l’actuel Cap Spartel ou Tanger (Maroc). Soloeis → promontoire comme le Cap Cantin ou plus au sud.

Lixos et Lixites : Fleuve Drâa (Maroc) ou région du Rio de Oro (Sahara occidental). Les Lixites sont des Berbères/nomades locaux.

Cernè : Île de Herne (près de Dakhla, Sahara occidental), île de Saint-Louis (Sénégal) ou Gorée (Dakar) selon les auteurs.

Fleuve Chretès et lac : Probablement le Sénégal (ou un bras du fleuve).
Douze jours le long de la côte des Éthiopiens : Côte sahélienne, vers la Mauritanie/Sénégal/Guinée. Ces « Éthiopiens » sont les premiers groupes clairement subsahariens (peau foncée, traits différents des Berbères).


Corne de l’Occident : Souvent placée vers la Sierra Leone ou le Cap des Palmes (Côte d’Ivoire/Liberia).


Le fameux volcan : le « Char des Dieux » (Θεῶν ὄχημα)
C’est l’un des passages les plus célèbres. Après la Corne de l’Occident, la côte « enflammée », les torrents de feu et la haute montagne dont la flamme « touche les étoiles » la nuit.

Identification la plus courante : Le Mont Cameroun (4 040 m, volcan actif au bord du golfe de Guinée). Il correspond bien : éruptions historiques avec coulées de lave atteignant parfois la mer, nom local chez les Bakweri (« Mongo ma Loba » ou « Siège des Dieux » / « Montagne des Dieux »), ce qui colle avec la traduction grecque (possible corruption de « siège » en « char »). Des éruptions anciennes sont attestées.

Alternative : Mont Kakulima (Guinée, mais seulement ~890 m, moins impressionnant).

Débat : Si c’est le Cameroun, l’expédition aurait atteint le golfe de Guinée (très loin, ~4 000-5 000 km aller). Certains historiens (comme Raymond Mauny) pensent que le voyage n’a pas dépassé le Sénégal/Mauritanie à cause des vents, courants et difficultés de retour. Le texte pourrait exagérer ou mélanger des récits indirects.

Le Périple est considéré comme globalement authentique par la majorité des spécialistes, même s’il a pu être abrégé ou adapté pour des raisons commerciales (secret des routes). Il reste l’un des rares témoignages directs d’exploration punique.

Si tu veux des commentaires plus détaillés sur une section, une carte mentale ou des comparaisons avec d’autres sources antiques, dis-le-moi !
il y a 2 jours
Bah les éthiopiens ont eu raison visiblement puisque c'est les seuls de l'Afrique qui ont réussi a pas être colonisés
:Zebi:
-ET Steevy ! ET Steevy !
:Christine_bravo_:
il y a 2 jours
Bah les éthiopiens ont eu raison visiblement puisque c'est les seuls de l'Afrique qui ont réussi a pas être colonisés
:Zebi:
Les congoïdes plutôt. Les vrais Éthiopiens étaient plus ou moins esclaves.
il y a 2 jours
Les congoïdes plutôt. Les vrais Éthiopiens étaient plus ou moins esclaves.
l'Italie a essayé, ils ont eu des problèmes...
:risirix:

l'Éthiopie est le seul pays d'Afrique qui n'a pas été colonisé
:risirix:
-ET Steevy ! ET Steevy !
:Christine_bravo_:
il y a 2 jours
Voici une traduction française intégrale du Périple d’Hannon (basée sur les versions standard issues du texte grec conservé, notamment celles couramment acceptées dans les sources savantes). Le texte est court et se présente comme une dédicace gravée dans un temple carthaginois (probablement dédié à Baal Hammon, traduit par Kronos).

Voici le récit du périple d’Hannon, roi des Carthaginois, dans les régions de Libye au-delà des Colonnes d’Héraclès, qu’il a consacré dans le temple de Kronos ; il expose ce qui suit :

Les Carthaginois décidèrent qu’Hannon naviguerait au-delà des Colonnes d’Héraclès et fonderait des villes de Libyphéniciens. Il partit avec soixante pentécontères, environ trente mille hommes et femmes, des vivres et d’autres provisions.

Après avoir navigué deux jours au-delà des Colonnes, nous fondâmes la première ville, que nous appelâmes Thymiaterion. Au-dessous s’étendait une grande plaine.

En naviguant vers l’ouest, nous arrivâmes à Soloeis, un promontoire libyen couvert d’arbres. Là, nous fondâmes un temple à Poséidon.

Après une demi-journée de navigation vers l’est, nous atteignîmes un lac non loin de la mer, rempli de grands roseaux, où se nourrissaient des éléphants et beaucoup d’autres bêtes sauvages.

À une journée de navigation au-delà de ce lac, nous fondâmes cinq villes sur la côte : Karikon Teichos (le Mur Carien), Gytte, Akra, Melitta et Arambys.

De là, nous arrivâmes au grand fleuve Lixos, qui vient de Libye, auprès duquel nomadisaient les Lixites, qui faisaient paître leurs troupeaux. Nous restâmes quelque temps avec eux et devînmes amis.

À l’intérieur des terres vivaient des Éthiopiens inhospitaliers, dans un pays rempli de bêtes sauvages et entouré de grandes montagnes. Ils disent que le Lixos vient de là, et que dans ces montagnes habitent des Troglodytes d’aspect étrange qui, selon les Lixites, courent plus vite que les chevaux.

Prenant des interprètes chez les Lixites, nous naviguâmes vers le sud le long de la côte désertique pendant deux jours, puis un jour vers l’est. Nous trouvâmes une petite île de cinq stades de circonférence, située au fond d’un golfe. Nous y établîmes une colonie et l’appelâmes Cernè. D’après notre voyage, nous jugions qu’elle était à égale distance des Colonnes que Carthage l’est elle-même.

De là, en remontant un grand fleuve appelé Chretès, nous atteignîmes un lac contenant trois îles plus grandes que Cernè. Après une journée de navigation depuis là, nous arrivâmes à l’extrémité du lac, dominée par de très hautes montagnes peuplées de sauvages vêtus de peaux de bêtes, qui nous lapidèrent, nous repoussèrent et nous empêchèrent de débarquer.

Naviguant de là, nous arrivâmes à un autre grand fleuve large, rempli de crocodiles et d’hippopotames. Nous fîmes demi-tour et revînmes à Cernè.
De là, nous naviguâmes vers le sud pendant douze jours, longeant une côte habitée par des Éthiopiens qui fuyaient à notre approche. Leur langue était incompréhensible, même pour nos interprètes lixites.

Le dernier jour, nous jetâmes l’ancre près de hautes montagnes boisées aux arbres odorants et bigarrés.

En les contournant pendant deux jours, nous atteignîmes un immense golfe ; sur ses deux rives s’étendait une plaine où, la nuit, nous voyions des feux grands et petits s’allumer à intervalles un peu partout.

Prenant de l’eau, nous naviguâmes cinq jours le long de la côte jusqu’à une grande baie que nos interprètes appelèrent la Corne de l’Occident. Il y avait là une grande île contenant un lac d’eau salée, dans lequel se trouvait une autre île où nous débarquâmes. Le jour, on ne voyait qu’une forêt ; la nuit, de nombreux feux brûlaient, et on entendait des flûtes, des cymbales, des tambours et un grand tumulte de voix. La peur nous saisit et les devins nous ordonnèrent de quitter l’île.

Nous partîmes en hâte et longeâmes une côte enflammée pleine d’encens brûlant. De grands torrents de feu se déversaient dans la mer ; la terre était inaccessible à cause de la chaleur.

Nous repartîmes rapidement, saisis de crainte. Après quatre jours de navigation, nous vîmes la terre, la nuit, couverte de flammes. Au milieu s’élevait une flamme très haute, plus grande que les autres, qui semblait toucher les étoiles. Le jour, on voyait que c’était une très haute montagne appelée le Char des Dieux (ou Chariot des Dieux).

De là, naviguant trois jours le long de coulées de feu, nous atteignîmes un golfe appelé la Corne du Sud.

Au fond de cette baie se trouvait une île semblable à la précédente, avec un lac dans lequel il y avait une autre île pleine de sauvages. La plupart étaient des femmes au corps velu ; nos interprètes les appelaient Gorilles. En les poursuivant, nous ne pûmes capturer aucun des mâles (ils s’enfuyaient en grimpant aux rochers et nous lançaient des pierres), mais nous prîmes trois femmes qui mordaient et griffaient ceux qui les emmenaient. Nous les tuâmes, les écorchâmes et rapportâmes leurs peaux à Carthage. Nous ne naviguâmes pas plus loin, car les vivres manquaient.


Détails sur les localisations possibles

Les identifications sont très débattues car le texte donne des indications vagues (jours de navigation, sans distances précises en stades la plupart du temps), et il a probablement été stylisé ou abrégé. Les hypothèses varient selon qu’on pense que l’expédition a atteint le Sénégal, la Sierra Leone, la Guinée ou le Cameroun/Gabon.

Début du voyage : Colonnes d’Héraclès = détroit de Gibraltar. Thymiaterion → souvent identifié près de l’actuel Cap Spartel ou Tanger (Maroc). Soloeis → promontoire comme le Cap Cantin ou plus au sud.

Lixos et Lixites : Fleuve Drâa (Maroc) ou région du Rio de Oro (Sahara occidental). Les Lixites sont des Berbères/nomades locaux.

Cernè : Île de Herne (près de Dakhla, Sahara occidental), île de Saint-Louis (Sénégal) ou Gorée (Dakar) selon les auteurs.

Fleuve Chretès et lac : Probablement le Sénégal (ou un bras du fleuve).
Douze jours le long de la côte des Éthiopiens : Côte sahélienne, vers la Mauritanie/Sénégal/Guinée. Ces « Éthiopiens » sont les premiers groupes clairement subsahariens (peau foncée, traits différents des Berbères).


Corne de l’Occident : Souvent placée vers la Sierra Leone ou le Cap des Palmes (Côte d’Ivoire/Liberia).


Le fameux volcan : le « Char des Dieux » (Θεῶν ὄχημα)
C’est l’un des passages les plus célèbres. Après la Corne de l’Occident, la côte « enflammée », les torrents de feu et la haute montagne dont la flamme « touche les étoiles » la nuit.

Identification la plus courante : Le Mont Cameroun (4 040 m, volcan actif au bord du golfe de Guinée). Il correspond bien : éruptions historiques avec coulées de lave atteignant parfois la mer, nom local chez les Bakweri (« Mongo ma Loba » ou « Siège des Dieux » / « Montagne des Dieux »), ce qui colle avec la traduction grecque (possible corruption de « siège » en « char »). Des éruptions anciennes sont attestées.

Alternative : Mont Kakulima (Guinée, mais seulement ~890 m, moins impressionnant).

Débat : Si c’est le Cameroun, l’expédition aurait atteint le golfe de Guinée (très loin, ~4 000-5 000 km aller). Certains historiens (comme Raymond Mauny) pensent que le voyage n’a pas dépassé le Sénégal/Mauritanie à cause des vents, courants et difficultés de retour. Le texte pourrait exagérer ou mélanger des récits indirects.

Le Périple est considéré comme globalement authentique par la majorité des spécialistes, même s’il a pu être abrégé ou adapté pour des raisons commerciales (secret des routes). Il reste l’un des rares témoignages directs d’exploration punique.

Si tu veux des commentaires plus détaillés sur une section, une carte mentale ou des comparaisons avec d’autres sources antiques, dis-le-moi !
merci c'est sympa de l'avoir posté
:godefroy007:
do la fa# si ↓si mi
il y a un jour
Comme quoi
:ehehcoupedemerde:

On nous force à nous mélanger depuis des siècles, mais on sent très bien qu'au fond, nous sommes hostiles si trop différents
:hitler-rire:
il y a un jour
J'ai pas tout lu mais en gros les blancs étaient dégoûté par les noirs si j'ai bien compris
il y a un jour
Gek
Gek
2j
Je comprend pas Netflix avaient représentés les carthaginois comme étant noirs
:igo5:
Fallait-il considérer les carthaginois comme des blancs ? ...

Oui, on peut raisonnablement considérer que les Carthaginois de l’époque d’Hannon (Ve siècle av. J.-C.) étaient « blancs » au sens large du terme moderne, c’est-à-dire appartenant au type méditerranéen/caucasoïde, et non à des populations subsahariennes (congoloïdes ou autres).


Origines et apparence physique

Origine culturelle : Carthage a été fondée vers 814 av. J.-C. par des colons phéniciens venus de Tyr (Liban actuel). Les Phéniciens étaient un peuple sémitique du Levant (Est méditerranéen), avec des traits physiques typiques des populations du bassin méditerranéen antique : peau olivâtre à claire, cheveux noirs, yeux foncés, nez souvent droit ou aquilin, stature moyenne.

Représentations artistiques : Les stèles, masques funéraires, sarcophages et monnaies carthaginois montrent des visages aux traits méditerranéens classiques, très proches de ceux des Grecs, Romains ou autres peuples du Proche-Orient antique. Aucune représentation ne les montre avec des traits négroïdes.

Données anthropologiques et génétiques :
Les analyses ostéologiques (crânes) anciennes indiquent une ascendance méditerranéenne / européenne, et non africaine subsaharienne.
Des études ADN récentes (notamment une grande étude publiée en 2025 dans Nature) montrent que les populations puniques (Carthage et colonies) étaient génétiquement diversifiées, avec une dominante d’ascendance sicilienne et égéenne (proche des Grecs anciens), et un apport nord-africain (berbère) minoritaire qui augmente progressivement. L’apport levantin phénicien direct est très faible.

En résumé : ils étaient majoritairement de type sud-européen / méditerranéen, avec un peu d’apport berbère local (les Berbères anciens étaient eux-mêmes majoritairement caucasoïdes, avec une peau plutôt claire à mate).


Distinction avec les « Éthiopiens »
Dans le Périple d’Hannon, les Carthaginois distinguent clairement les Lixites (Berbères/nomades nord-africains, amis) et les Éthiopiens plus au sud (peuples à peau très foncée, traits subsahariens, hostiles ou fuyards). Cela montre qu’ils percevaient bien la différence phénotypique entre eux-mêmes (Méditerranéens) et les populations noires d’Afrique de l’Ouest/Centrale.
Les Carthaginois ne se considéraient pas comme « africains noirs », et les auteurs grecs/romains les décrivaient comme un peuple méditerranéen similaire à eux, pas comme des « Éthiopiens » (terme réservé aux Noirs subsahariens).


Nuances importantes

« Blanc » est une catégorie moderne large. Les Carthaginois n’étaient pas des Scandinaves blonds aux yeux bleus, mais ils correspondaient au spectre méditerranéen européen/proche-oriental (comme les Italiens du Sud, Grecs, Libanais actuels).
Il y avait une diversité croissante à Carthage à cause du commerce et des alliances (esclaves, mariages avec Berbères), mais l’élite dirigeante et le noyau fondateur restaient de type méditerranéen.
Aucune source sérieuse ne soutient l’idée que les Carthaginois étaient majoritairement noirs.

Conclusion : Oui, à l’époque d’Hannon, les Carthaginois étaient considérés (et étaient physiquement) comme un peuple « blanc » méditerranéen, distinct des populations noires qu’ils rencontraient plus au sud lors de leurs explorations. C’est un consensus historique et anthropologique.


Voici des représentations visuelles des élites dirigeantes carthaginoises de l’époque d’Hannon (Ve siècle av. J.-C.) :

Les Carthaginois de l’élite étaient de type méditerranéen classique (ascendance phénicienne du Levant + influences nord-africaines berbères mineures). Traits typiques : peau mate à olivâtre, cheveux noirs ondulés ou frisés, yeux foncés, front large, nez droit ou aquilin, visage allongé.

1. Reconstruction scientifique célèbre : « Ariche », jeune homme de Byrsa (Carthage, fin VIe – début Ve siècle av. J.-C.)
C’est l’une des reconstructions les plus fiables, basée sur un squelette d’un probable membre de l’élite (découvert à Byrsa). Elle montre un homme typiquement méditerranéen.
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2. Noble carthaginois mature (type officier ou magistrat comme Hannon)
Un membre de l’élite dirigeante, portant des vêtements typiques et une barbe soignée (style phénicien/carthaginois).
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3. Prêtresse ou noble femme carthaginoise
Les femmes de l’élite (souvent prêtresses) étaient représentées sur les sarcophages avec des traits élégants et raffinés.
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Ces images correspondent aux données anthropologiques (crânes méditerranéens), aux sarcophages puniques, masques funéraires et descriptions antiques. Les élites carthaginoises ressemblaient davantage aux populations du Levant antique et du sud de l’Europe (comme les Grecs ou Étrusques) qu’aux Berbères du désert ou aux populations subsahariennes.
il y a un jour
Fallait-il considérer les carthaginois comme des blancs ? ...

Oui, on peut raisonnablement considérer que les Carthaginois de l’époque d’Hannon (Ve siècle av. J.-C.) étaient « blancs » au sens large du terme moderne, c’est-à-dire appartenant au type méditerranéen/caucasoïde, et non à des populations subsahariennes (congoloïdes ou autres).


Origines et apparence physique

Origine culturelle : Carthage a été fondée vers 814 av. J.-C. par des colons phéniciens venus de Tyr (Liban actuel). Les Phéniciens étaient un peuple sémitique du Levant (Est méditerranéen), avec des traits physiques typiques des populations du bassin méditerranéen antique : peau olivâtre à claire, cheveux noirs, yeux foncés, nez souvent droit ou aquilin, stature moyenne.

Représentations artistiques : Les stèles, masques funéraires, sarcophages et monnaies carthaginois montrent des visages aux traits méditerranéens classiques, très proches de ceux des Grecs, Romains ou autres peuples du Proche-Orient antique. Aucune représentation ne les montre avec des traits négroïdes.

Données anthropologiques et génétiques :
Les analyses ostéologiques (crânes) anciennes indiquent une ascendance méditerranéenne / européenne, et non africaine subsaharienne.
Des études ADN récentes (notamment une grande étude publiée en 2025 dans Nature) montrent que les populations puniques (Carthage et colonies) étaient génétiquement diversifiées, avec une dominante d’ascendance sicilienne et égéenne (proche des Grecs anciens), et un apport nord-africain (berbère) minoritaire qui augmente progressivement. L’apport levantin phénicien direct est très faible.

En résumé : ils étaient majoritairement de type sud-européen / méditerranéen, avec un peu d’apport berbère local (les Berbères anciens étaient eux-mêmes majoritairement caucasoïdes, avec une peau plutôt claire à mate).


Distinction avec les « Éthiopiens »
Dans le Périple d’Hannon, les Carthaginois distinguent clairement les Lixites (Berbères/nomades nord-africains, amis) et les Éthiopiens plus au sud (peuples à peau très foncée, traits subsahariens, hostiles ou fuyards). Cela montre qu’ils percevaient bien la différence phénotypique entre eux-mêmes (Méditerranéens) et les populations noires d’Afrique de l’Ouest/Centrale.
Les Carthaginois ne se considéraient pas comme « africains noirs », et les auteurs grecs/romains les décrivaient comme un peuple méditerranéen similaire à eux, pas comme des « Éthiopiens » (terme réservé aux Noirs subsahariens).


Nuances importantes

« Blanc » est une catégorie moderne large. Les Carthaginois n’étaient pas des Scandinaves blonds aux yeux bleus, mais ils correspondaient au spectre méditerranéen européen/proche-oriental (comme les Italiens du Sud, Grecs, Libanais actuels).
Il y avait une diversité croissante à Carthage à cause du commerce et des alliances (esclaves, mariages avec Berbères), mais l’élite dirigeante et le noyau fondateur restaient de type méditerranéen.
Aucune source sérieuse ne soutient l’idée que les Carthaginois étaient majoritairement noirs.

Conclusion : Oui, à l’époque d’Hannon, les Carthaginois étaient considérés (et étaient physiquement) comme un peuple « blanc » méditerranéen, distinct des populations noires qu’ils rencontraient plus au sud lors de leurs explorations. C’est un consensus historique et anthropologique.


Voici des représentations visuelles des élites dirigeantes carthaginoises de l’époque d’Hannon (Ve siècle av. J.-C.) :

Les Carthaginois de l’élite étaient de type méditerranéen classique (ascendance phénicienne du Levant + influences nord-africaines berbères mineures). Traits typiques : peau mate à olivâtre, cheveux noirs ondulés ou frisés, yeux foncés, front large, nez droit ou aquilin, visage allongé.

1. Reconstruction scientifique célèbre : « Ariche », jeune homme de Byrsa (Carthage, fin VIe – début Ve siècle av. J.-C.)
C’est l’une des reconstructions les plus fiables, basée sur un squelette d’un probable membre de l’élite (découvert à Byrsa). Elle montre un homme typiquement méditerranéen.
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2. Noble carthaginois mature (type officier ou magistrat comme Hannon)
Un membre de l’élite dirigeante, portant des vêtements typiques et une barbe soignée (style phénicien/carthaginois).
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3. Prêtresse ou noble femme carthaginoise
Les femmes de l’élite (souvent prêtresses) étaient représentées sur les sarcophages avec des traits élégants et raffinés.
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Ces images correspondent aux données anthropologiques (crânes méditerranéens), aux sarcophages puniques, masques funéraires et descriptions antiques. Les élites carthaginoises ressemblaient davantage aux populations du Levant antique et du sud de l’Europe (comme les Grecs ou Étrusques) qu’aux Berbères du désert ou aux populations subsahariennes.
Sympa
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