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Titre en dépit du double Nomi
:Olivierzoom:
Fernande Limande écrit...
il y a 3 jours
La King James Version (KJV) date de 1611 et s'appuie sur des manuscrits grecs de mauvaise qualité, le Textus Receptus, compilé à la va-vite par Érasme à partir d'une poignée de manuscrits médiévaux tardifs. Depuis on a retrouvé des manuscrits bien plus anciens et fiables comme le Codex Sinaiticus, le Vaticanus et les rouleaux de la mer Morte qui contredisent parfois directement ce que la KJV présente comme parole de Dieu.
Le problème concret c'est que des passages entiers n'auraient jamais dû se retrouver dans le texte. La fin de Marc après le verset 8 a été rajoutée après coup par quelqu'un qui trouvait la fin originale trop abrupte. La femme adultère en Jean 8, ce passage que tout le monde connaît avec "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre", est absent des manuscrits les plus anciens. Le Comma Johanneum en 1 Jean 5:7 avec sa formulation trinitaire explicite est probablement une interpolation médiévale. Tout ça est dans la KJV présenté comme texte sacré sans la moindre note de bas de page.
L'anglais jacobéen crée une autre couche de problèmes. "Prevent" en 1611 voulait dire précéder, pas empêcher. "Charity" ne signifiait pas la charité au sens moderne mais l'amour. "Let" pouvait signifier son contraire exact selon le contexte. Le lecteur d'aujourd'hui lit ces mots et croit comprendre alors qu'il passe à côté du sens réel depuis le début.
La traduction était aussi politique. Jacques Ier a imposé des contraintes directes aux traducteurs. Utiliser "church" plutôt que "congregation" par exemple, parce que "congregation" impliquait une structure horizontale sans évêques, ce qui ne convenait pas à la hiérarchie anglicane qu'il voulait consolider. Le résultat théologique a été orienté par des calculs de pouvoir.
Ce qui rend la KJV vraiment problématique aujourd'hui c'est le mouvement KJV-only, qui affirme que cette version anglaise du XVIIe siècle est plus fiable que les manuscrits grecs et hébreux originaux. C'est littéralement dire que la traduction est plus juste que le texte qu'elle traduit. Des communautés entières rejettent des découvertes archéologiques majeures pour maintenir cette position. C'est le seul domaine intellectuel où personne ne pense à vérifier la source.
il y a 3 jours
La King James Version (KJV) date de 1611 et s'appuie sur des manuscrits grecs de mauvaise qualité, le Textus Receptus, compilé à la va-vite par Érasme à partir d'une poignée de manuscrits médiévaux tardifs. Depuis on a retrouvé des manuscrits bien plus anciens et fiables comme le Codex Sinaiticus, le Vaticanus et les rouleaux de la mer Morte qui contredisent parfois directement ce que la KJV présente comme parole de Dieu.
Le problème concret c'est que des passages entiers n'auraient jamais dû se retrouver dans le texte. La fin de Marc après le verset 8 a été rajoutée après coup par quelqu'un qui trouvait la fin originale trop abrupte. La femme adultère en Jean 8, ce passage que tout le monde connaît avec "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre", est absent des manuscrits les plus anciens. Le Comma Johanneum en 1 Jean 5:7 avec sa formulation trinitaire explicite est probablement une interpolation médiévale. Tout ça est dans la KJV présenté comme texte sacré sans la moindre note de bas de page.
L'anglais jacobéen crée une autre couche de problèmes. "Prevent" en 1611 voulait dire précéder, pas empêcher. "Charity" ne signifiait pas la charité au sens moderne mais l'amour. "Let" pouvait signifier son contraire exact selon le contexte. Le lecteur d'aujourd'hui lit ces mots et croit comprendre alors qu'il passe à côté du sens réel depuis le début.
La traduction était aussi politique. Jacques Ier a imposé des contraintes directes aux traducteurs. Utiliser "church" plutôt que "congregation" par exemple, parce que "congregation" impliquait une structure horizontale sans évêques, ce qui ne convenait pas à la hiérarchie anglicane qu'il voulait consolider. Le résultat théologique a été orienté par des calculs de pouvoir.
Ce qui rend la KJV vraiment problématique aujourd'hui c'est le mouvement KJV-only, qui affirme que cette version anglaise du XVIIe siècle est plus fiable que les manuscrits grecs et hébreux originaux. C'est littéralement dire que la traduction est plus juste que le texte qu'elle traduit. Des communautés entières rejettent des découvertes archéologiques majeures pour maintenir cette position. C'est le seul domaine intellectuel où personne ne pense à vérifier la source.
J'ai lu ton post sur son topic mais arrête de spam merci
:Olivierzoom:
Fernande Limande écrit...
il y a 3 jours
Un dernier détail qui résume bien le problème : en Isaïe 7:14 la KJV traduit le mot hébreu "almah" par "virgin". Almah veut dire jeune femme, pas vierge. Le mot hébreu pour vierge c'est "betulah" et il n'est pas utilisé dans ce verset. Cette erreur de traduction a construit une prophétie mariale entière à partir d'un choix lexical incorrect, et des millions de personnes basent une partie de leur christologie là-dessus sans le savoir.
il y a 3 jours
Un dernier détail qui résume bien le problème : en Isaïe 7:14 la KJV traduit le mot hébreu "almah" par "virgin". Almah veut dire jeune femme, pas vierge. Le mot hébreu pour vierge c'est "betulah" et il n'est pas utilisé dans ce verset. Cette erreur de traduction a construit une prophétie mariale entière à partir d'un choix lexical incorrect, et des millions de personnes basent une partie de leur christologie là-dessus sans le savoir.
:gpalu_blc_tgl:
Fernande Limande écrit...
il y a 3 jours
Autra faille. En Hébreux 4:8 la KJV écrit "For if Jesus had given them rest" en parlant de l'entrée des Israélites en Canaan sous la conduite de Josué. Le problème c'est que Josué et Jésus sont le même nom en grec, "Iésous". Le contexte rend évident que l'auteur parle de Josué le successeur de Moïse, pas de Jésus de Nazareth. Les traductions modernes corrigent ça et écrivent "Joshua". La KJV laisse "Jesus" et crée une confusion théologique complète, le lecteur peut légitimement croire que le verset parle du Christ alors que l'argument de l'auteur s'effondre entièrement si c'est le cas, puisque précisément le point du passage c'est que Josué n'a pas donné le repos définitif, contrairement au Christ qui vient après.
il y a 3 jours