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L’étymologie de « gouine » est assez bien documentée, même si elle a donné lieu à pas mal d’hypothèses populaires.
Le mot est d’origine normande et apparaît d’abord au XVIIe siècle avec un sens très péjoratif.
Origine la plus acceptée (CNRTL / TLFi / FEW)
« Gouine » est la forme féminine de gouain (ou gouyn), un mot normand attesté dès 1625-1655 qui signifiait « salaud », « garnement », « vaurien » ou « mauvais sujet ».
Ce gouain viendrait de l’hébreu gōyīm (pluriel de gōy = « non-juif », « gentil », « goy »), passé dans le jargon français via les communautés juives ou le parler normand. À l’époque, le terme était employé de façon insultante pour désigner un chrétien (vu comme un « étranger » ou un « impie » par certains contextes).
1625-55 : gouyne = « femme de mauvaise vie », « coureuse », « prostituée » (dans la Muse normande).
Vers 1867 : le sens se spécialise pour désigner une femme homosexuelle (chez Alfred Delvau dans son Dictionnaire érotique moderne).
C’est donc un mot d’argot qui passe de « femme débauchée » à « lesbienne » au milieu du XIXe siècle, probablement parce que les deux étaient souvent associés dans les représentations de l’époque (comme avec gougnotte ou gousse).
Les autres hypothèses (moins retenues par les linguistes)
Plusieurs pistes circulent dans les blogs et Wikipedia, mais elles sont considérées comme secondaires ou folkloriques :
Du latin ganae (« bordel », « lieu de débauche ») → ganeo = client de prostituée ; ganae renverrait aux femmes « légères ».
Du provençal gorina (« jeune truie », « cochonne ») → d’où le sens de « femme aux mœurs légères ».
Ancien français godine / gougne (« truie ») lié à godailler (« boire et faire la fête »).
Mot normand signifiant simplement « femme » (du scandinave kvinna), qui aurait pris un sens péjoratif.
Légende de la « reine Goïne » (histoire médiévale d’une femme adultère) ou lien avec le breton gouhin (« vagin ») → charmantes mais non étayées par les dictionnaires étymologiques sérieux.
L’Académie française (9e édition) et l’USITO confirment l’origine normande sur gouain « salaud » et notent que le sens « homosexuelle » est trivial et très familier.
En résumé : « gouine » est un vieux terme normand injurieux qui a glissé de « mauvaise femme / prostituée » à « lesbienne » vers 1860, avec une racine probablement hébraïque via le goy. Comme beaucoup de mots d’argot LGBT (pédé, tarlouze, etc.), il est né dans le mépris et l’insulte avant d’être parfois réapproprié aujourd’hui.
Le mot est d’origine normande et apparaît d’abord au XVIIe siècle avec un sens très péjoratif.
Origine la plus acceptée (CNRTL / TLFi / FEW)
« Gouine » est la forme féminine de gouain (ou gouyn), un mot normand attesté dès 1625-1655 qui signifiait « salaud », « garnement », « vaurien » ou « mauvais sujet ».
Ce gouain viendrait de l’hébreu gōyīm (pluriel de gōy = « non-juif », « gentil », « goy »), passé dans le jargon français via les communautés juives ou le parler normand. À l’époque, le terme était employé de façon insultante pour désigner un chrétien (vu comme un « étranger » ou un « impie » par certains contextes).
1625-55 : gouyne = « femme de mauvaise vie », « coureuse », « prostituée » (dans la Muse normande).
Vers 1867 : le sens se spécialise pour désigner une femme homosexuelle (chez Alfred Delvau dans son Dictionnaire érotique moderne).
C’est donc un mot d’argot qui passe de « femme débauchée » à « lesbienne » au milieu du XIXe siècle, probablement parce que les deux étaient souvent associés dans les représentations de l’époque (comme avec gougnotte ou gousse).
Les autres hypothèses (moins retenues par les linguistes)
Plusieurs pistes circulent dans les blogs et Wikipedia, mais elles sont considérées comme secondaires ou folkloriques :
Du latin ganae (« bordel », « lieu de débauche ») → ganeo = client de prostituée ; ganae renverrait aux femmes « légères ».
Du provençal gorina (« jeune truie », « cochonne ») → d’où le sens de « femme aux mœurs légères ».
Ancien français godine / gougne (« truie ») lié à godailler (« boire et faire la fête »).
Mot normand signifiant simplement « femme » (du scandinave kvinna), qui aurait pris un sens péjoratif.
Légende de la « reine Goïne » (histoire médiévale d’une femme adultère) ou lien avec le breton gouhin (« vagin ») → charmantes mais non étayées par les dictionnaires étymologiques sérieux.
L’Académie française (9e édition) et l’USITO confirment l’origine normande sur gouain « salaud » et notent que le sens « homosexuelle » est trivial et très familier.
En résumé : « gouine » est un vieux terme normand injurieux qui a glissé de « mauvaise femme / prostituée » à « lesbienne » vers 1860, avec une racine probablement hébraïque via le goy. Comme beaucoup de mots d’argot LGBT (pédé, tarlouze, etc.), il est né dans le mépris et l’insulte avant d’être parfois réapproprié aujourd’hui.
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