Ce sujet a été résolu
"Quittez donc vos plaintes, mortels insensés ! En vain vous cherchez à associer la grandeur d’une
nation avec la probité. Il n’y a que des fous qui puissent se flatter de jouir des agréments et des
convenances de la terre, d’être renommés dans la guerre, de vivre bien à leur aise et d’être en même temps
vertueux. Abandonnez ces vaines chimères. Il faut que la fraude, le luxe et la vanité subsistent, si nous
voulons en retirer les doux fruits. La faim est sans doute une incommodité affreuse. Mais comment sans
elle pourrait se faire la digestion d’où dépend notre nutrition et notre accroissement ? Ne devons-nous pas
le vin, cette excellente liqueur, à une plante dont le bois est maigre, laid et tortueux ? Tandis que ses
rejetons négligés sont laissés sur la plante, ils s’étouffent les uns les autres et deviennent des sarments
inutiles. Mais si ces branches sont étayées et taillées, bientôt devenues fécondes, elles nous font part du
plus excellent des fruits.
C’est ainsi que l’on trouve le vice avantageux, lorsque la justice l’émonde, en ôte l’excès et le guide.
Que dis-je ! Le vice est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous
obliger à manger. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une nation célèbre et glorieuse.
Quant à ceux qui voudraient faire revivre l’heureux siècle d’or, il faudrait aussi qu’ils reprennent,
outre l’honnêteté, le gland qui servait d’unique nourriture à leurs premiers pères."
nation avec la probité. Il n’y a que des fous qui puissent se flatter de jouir des agréments et des
convenances de la terre, d’être renommés dans la guerre, de vivre bien à leur aise et d’être en même temps
vertueux. Abandonnez ces vaines chimères. Il faut que la fraude, le luxe et la vanité subsistent, si nous
voulons en retirer les doux fruits. La faim est sans doute une incommodité affreuse. Mais comment sans
elle pourrait se faire la digestion d’où dépend notre nutrition et notre accroissement ? Ne devons-nous pas
le vin, cette excellente liqueur, à une plante dont le bois est maigre, laid et tortueux ? Tandis que ses
rejetons négligés sont laissés sur la plante, ils s’étouffent les uns les autres et deviennent des sarments
inutiles. Mais si ces branches sont étayées et taillées, bientôt devenues fécondes, elles nous font part du
plus excellent des fruits.
C’est ainsi que l’on trouve le vice avantageux, lorsque la justice l’émonde, en ôte l’excès et le guide.
Que dis-je ! Le vice est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous
obliger à manger. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une nation célèbre et glorieuse.
Quant à ceux qui voudraient faire revivre l’heureux siècle d’or, il faudrait aussi qu’ils reprennent,
outre l’honnêteté, le gland qui servait d’unique nourriture à leurs premiers pères."
il y a 2 jours
Résumé : la recherche de la moralité nuit au bien public, la poursuite des vices paradoxalement sert les intérêts collectifs
C'est une idée voisine d'Adam Smith, bien que différente
Mandeville ----> la libre poursuite des vices favorise le bien public
Smith ------------> la libre poursuite des intérêts personnels favorise le bien public
C'est une idée voisine d'Adam Smith, bien que différente
Mandeville ----> la libre poursuite des vices favorise le bien public
Smith ------------> la libre poursuite des intérêts personnels favorise le bien public
il y a 2 jours
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