Il n'y a plus aucun paysage
Derrière les fenêtres du soir
Seul un arc-en-ciel de noir
Étend en long ses mauvais présages.
Des ombres traînent sous des tempêtes
De suie qui grondent comme les coeurs
Des martyrs saints en proie aux malheurs
D'être morts et marchant sans leur tête.
Et un cénacle de créatures
Marchande à l'encan mes vains sanglots.
Les noyés meurent des troubles eaux
Versées par les tristesses trop mûres.
Il n'y a plus qu'un pin dans la neige
Noire des cendres du grand sabbat.
Tout est désordre, tout est en bas,
Mon sein nu saigne et se desagrège,
Me tord et nourrit les feux de rage.
Nul ne retrouvera le chemin du jour,
Le doux opium des premiers amours,
Tout n'est qu'une onde sur un rivage
Où nous sommes échoués.