C'est ce même soldat qui était sorti de Potonchan sans aucune blessure ; son mauvais sort voulut qu'il vînt en ce lieu trouver sa fin.
Nous fûmes prestement à sa recherche, suivant les traces laissées par les Indiens ennemis ; nous trouvâmes une palme qu'il avait commencé à couper, et auprès d'elle beaucoup de pas sur le sol, bien plus qu'en tout autre endroit.
Ce qui nous fit penser qu'on l'avait certainement emmené vivant, c'est qu'il n'y avait aucune trace de sang. Nous le cherchâmes plus d'une heure dans toutes les directions ; nous l'appelâmes, mais nous dûmes nous rembarquer et nous n'entendîmes plus jamais parler de lui.
Nous emportâmes l'eau douce à bord des navires, et tous les soldats s'en réjouirent comme si nous leur avions donné la vie ce jour-là même. Un d'eux se lança du navire sur le bateau, poussé par la soif ; il prit une jarre avec tant d'ardeur et il but tant d'eau qu'il s'en enfla et mourut.