Un matin de février, Aïssata* est prise « au dépourvu » en recevant un message de sa responsable sur sa messagerie d’entreprise. Elle lui demande de passer dans son bureau. Devant la porte, « il y avait la queue, avec seulement des filles qui portent le foulard », se souvient l’étudiante, qui occupait alors un poste d’alternante sur l’un des sites du groupe Elior.
Sa responsable lui remet une lettre au format A4 frappée du logo Elior Group. Le texte édicte que la firme serait « durablement attachée au respect du principe de laïcité » et stipule que « le port visible de signes religieux n’est pas autorisé dans l’exercice des missions professionnelles ». « Il a toutefois été constaté, au siège social, des écarts dans l’application de ce cadre. La direction rappelle que ce principe ne saurait faire l’objet d’aucune dérogation », précise le texte.
Dans le bureau, la manager enchaîne. « Elle m’a donné un délai de huit jours pour retirer mon voile », complète Aïssata. Sinon, quoi ? La réponse n’est pas explicitement formulée ce jour-là, mais la machine se met en marche « rapidement ».