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Depuis que j'ai vu Cyrano de Bergerac avec Depardieu, je ne suis plus le même. Métamorphosé, dans tous les aspects de ma vie.

Depardieu, déjà. Ce type EST Cyrano. Il parle Cyrano, il fend Cyrano, il marche Cyrano. Tous ceux qui avant lui se sont essayés au rôle n'avaient pas tort de le tenter, ils avaient tort d'exister. Ce rôle était destiné à Depardieu depuis avant Rostand, comme si la pièce n'avait été écrite que pour lui offrir un miroir dans lequel se reconnaître trois siècles plus tard.

Je le regarde le mercredi ou le dimanche soir, et ces jours-là je me ménage dans la journée parce que je sais ce qui m'attend. Si Rostand a engendré Cyrano et Depardieu en est le fils, alors je suis leur descendant : je m'habille comme lui, je parle en imitant sa voix, je que je pourrais estourbir quiconque voudrait s'en prendre à mon style. Le soir j'écris des poèmes que je garde imperturbablement pour envoyer un jour à ma cousine idéale, et la nuit je rêve de lui sous son feutre, élégant, fort, reluisant de labeur.

J'ai réorganisé mes meubles pour une immersion totale, canapé reculé pour pouvoir arguer lorsque Cyrano argue, charger lorsque Cyrano charge et briser lorsque Cyrano brise. J'ai aussi refait l'isolation de l'appartement. Pas sans avoir prévenu les voisins : "Mercredi 12, Acte V scène 6, mort de Cyrano, hurlement de désespoir à prévoir, salutations distinguées." Malgré ces précautions, il est arrivé que ma voisine retraité appelle le SAMU, ce qui prouve soit qu'elle ne sait pas lire, soit qu'elle entretient un complexe d’infériorité vis-à-vis de moi. Je penche pour la seconde option.
Mon objectif c'est que l'âme de Cyrano fusionne avec la mienne. Au-delà du visionnage hebdomadaire j'ai une routine stricte :

8h : réveil sur le duel de l'Acte I, "à la fin de l'envoi, je touche"
13h : la Tirade des nez, les rires aident à digérer, mais pas après 14h pour ne pas interférer avec la séance du soir
Le soir : "Non merci !", les yeux embués de larmes, comme on regarde partir un train qu'on avait raté de toute façon

Un jour, au travail, mon N+1 s'approche :

"Bon écoute Germanophobe, pour ton augmentation, faudrait qu'on en reparle avec le manager."
Moi sans lever les yeux : "Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, préférer faire une visite qu'un poème, non merci !"


"..."


J'ai quand même vu le manager. C'était pour apprendre que l'augmentation était reconsidérée, dans le sens où elle n'existait plus.
Une autre fois en team building une collègue vient me parler, on discute un peu, élégant comme Céladon je la dragouille en lui expliquant pourquoi la boîte aurait tout intérêt à racheter une nouvelle machine à expresso. Je crois que ça marche parce qu'elle me complimente sur mon t-shirt "Gascon du terroir". Le problème c'est que si Cyrano est précoce de l'épée, moi c'est d'un peu plus bas que le fourreau que je la dégaine facile, et hélas pour moi les mots de la demoiselle semblaient s'être délicatement posés vous-savez-où.
:peur:

Elle le remarque, mais j'ai du répondant :

"Ah ! C'est un roc ! C'est un pic ! Que dis-je un pic, c'est une péninsule !"



"BarAreau on est cousins !"


Au McDo quand on appelle mon numéro j'ai parfois envie de gueuler "J'arrive, madame, en lançant mon coeur en premier !" Mais je me retiens depuis qu'une caissière du Lidl de Melun a obtenue une ordonnance de protection.

Ce film est une drogue certes, mais comme certaines drogues il peut avoir une utilité médicinale. J'étais jadis un grand coomer, sans panache et le slibard toujours souillé. Depuis que j'ai compris Cyrano de Bergerac, je ne suis plus cet homme. J'ai arrêté le porno et m'enorgueillis d'une vie sexuelle riche, saine et épanouie. A défaut d'avoir conclu avec mon premier amour, je conclus avec mon second : le film.
Tout repose sur une scène :
La tension monte pendant tout le combat, la sueur de l'effort lubrifie mon bras, au paroxysme de l'action je retiens ma cartouche, et ne faisant qu'un avec l'acteur, à la fin de l'envoi, je touche.
Fumer tue
il y a 15 jours
______________________________________________________ Vous…. vous n'avez pas… heu… de badge… et moi si !
:celestin_bouton:


Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme… En variant le ton, par exemple, tenez
:cyrano2:


Agressif : « Moi, monsieur, si je n'avais pas de badge,
Il faudrait sur-le-champ que je déguerpisse de ces pages ! »
:Fuir:


Amical : « Mais il doit s'être échappé de votre profil,
Pour le retrouver, faites-donc appel à un cynophile ! »
:Teddi-CHOQUE:


Descriptif : « C’est une plaie ! … c’est un trou ! … c’est un orifice !
Que dis-je, c’est un orifice ? … C’est une déchirure ! »
:gif_bigard:


Curieux : « De quoi sert cet étrange découvert ?
De jardin, monsieur, ou de piste d'atterissage ? »
:Concorde:


Gracieux : « Aimez-vous à ce point les bovins
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De dégager un pré afin qu'ils s'y dégourdissent les pattes ? »
:polishcow:


Truculent : « Ça, monsieur, lorsque vous postez,
La peur du vide ne vous fait-elle pas hésiter
Sans qu’un VDD ne crie d'appeler aux pompiers ? »
:ahitison:


Prévenant : « Gardez-vous, ce terrain présenté
Par cette place, de voir nuée de caravane débarquer ! »
:risigitan:


Tendre : « Faites-lui faire une petite couverture
De peur que sa couleur à la poussière prenne l'usure ! »
:Chaton_qui_pleure:


Pédant : « L’animal seul, monsieur, que Magdalena Borsuk-Białynicka
Appelle Opisthocoelicaudia
Dut avoir de son vivant tant de place sur les scapulas ! »
:Trisonausor:


Cavalier : « Quoi, l’ami, cet emplacement est à la mode ?
Pour garer sa voiture, c’est vraiment très commode ! »
:conducteur:


Emphatique : « Aucun vent ne peut, plaine magistral,
Y souffler tout entier, excepté le mistral ! »
:chat_master_race_:


Dramatique : « C’est Hiroshima qui a fait place nette ! »
:bombe_atomique:


Admiratif : « Pour un shitpost, quelle entête ! »
:michael_emu:


Lyrique : « Est-ce un miroir, suis-je le plus beau du forum ? »
:bg_plage:


Naïf : « Sur ce terrain vague, quand construira-t-on ? »
:Risitas-doigt:


Respectueux : « Souffrez, monsieur, que l'on vous signale,
C’est là que l'on voit un Bronze se faisant passer pour Royal ! »
:modo2:


Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un badge ? Ho m'iar !
C’est queuqu’grain d'sable ou ben queuqu’carien dans l'plumard ! »
:Chadrural:


Militaire : « Bayonette au canon, les tranchées sont de l'autre côté ! »
:Soldat_1:


Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?
Hélas, monsieur, ca ne sera pas le gros lot ! »
:rabbin:


Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce badge qui du profil de son maître
A déserté le pseudonyme ! Il en rougit, le traître ! »
:petiot_doigt:


– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot :
SOT !
:cyrano2:


Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.
:cyrano:


__________________________________________Pour qui il se prend ?! C'est un diamant qui n'a même pas de badge !
:celestin_bouton:


Moi c'est moralement que j'ai mes élégances !
:cyrano:


Je ne sortirais pas avec par négligence, un affront pas très bien lavé, la conscience jaune encore de sommeil dans son oeil, un honneur chiffonné, des scrupules en deuil...
:cyrano2:

Mais JE POSTE ! SANS RIEN QUI NE RELUISE ! Empanaché d'indépendance et de franchise !
:cyranocolere:


Je n'ai pas de badge ? La belle affaire. Je n'en avais qu'un seul, d'un très vieux compte, lequel m'était d'ailleurs encore fort importun, je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un
:badge_lgbt:
Khey certifié depuis 2017
il y a 15 jours
même les américains sachent que Depardieu est un acteur de génie, tu peux même demander à De Niro
:Poulet_a_Leau:


il y a 15 jours
On a fait une soirée avec un pote où on l'a regardé bourré en parlant de littérature, une des meilleures soirées de ma vie

Quel film, quelle performance
il y a 15 jours
Depuis que j'ai vu Cyrano de Bergerac avec Depardieu, je ne suis plus le même. Métamorphosé, dans tous les aspects de ma vie.

Depardieu, déjà. Ce type EST Cyrano. Il parle Cyrano, il fend Cyrano, il marche Cyrano. Tous ceux qui avant lui se sont essayés au rôle n'avaient pas tort de le tenter, ils avaient tort d'exister. Ce rôle était destiné à Depardieu depuis avant Rostand, comme si la pièce n'avait été écrite que pour lui offrir un miroir dans lequel se reconnaître trois siècles plus tard.

Je le regarde le mercredi ou le dimanche soir, et ces jours-là je me ménage dans la journée parce que je sais ce qui m'attend. Si Rostand a engendré Cyrano et Depardieu en est le fils, alors je suis leur descendant : je m'habille comme lui, je parle en imitant sa voix, je que je pourrais estourbir quiconque voudrait s'en prendre à mon style. Le soir j'écris des poèmes que je garde imperturbablement pour envoyer un jour à ma cousine idéale, et la nuit je rêve de lui sous son feutre, élégant, fort, reluisant de labeur.

J'ai réorganisé mes meubles pour une immersion totale, canapé reculé pour pouvoir arguer lorsque Cyrano argue, charger lorsque Cyrano charge et briser lorsque Cyrano brise. J'ai aussi refait l'isolation de l'appartement. Pas sans avoir prévenu les voisins : "Mercredi 12, Acte V scène 6, mort de Cyrano, hurlement de désespoir à prévoir, salutations distinguées." Malgré ces précautions, il est arrivé que ma voisine retraité appelle le SAMU, ce qui prouve soit qu'elle ne sait pas lire, soit qu'elle entretient un complexe d’infériorité vis-à-vis de moi. Je penche pour la seconde option.
Mon objectif c'est que l'âme de Cyrano fusionne avec la mienne. Au-delà du visionnage hebdomadaire j'ai une routine stricte :

8h : réveil sur le duel de l'Acte I, "à la fin de l'envoi, je touche"
13h : la Tirade des nez, les rires aident à digérer, mais pas après 14h pour ne pas interférer avec la séance du soir
Le soir : "Non merci !", les yeux embués de larmes, comme on regarde partir un train qu'on avait raté de toute façon

Un jour, au travail, mon N+1 s'approche :

"Bon écoute Germanophobe, pour ton augmentation, faudrait qu'on en reparle avec le manager."
Moi sans lever les yeux : "Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, préférer faire une visite qu'un poème, non merci !"


"..."


J'ai quand même vu le manager. C'était pour apprendre que l'augmentation était reconsidérée, dans le sens où elle n'existait plus.
Une autre fois en team building une collègue vient me parler, on discute un peu, élégant comme Céladon je la dragouille en lui expliquant pourquoi la boîte aurait tout intérêt à racheter une nouvelle machine à expresso. Je crois que ça marche parce qu'elle me complimente sur mon t-shirt "Gascon du terroir". Le problème c'est que si Cyrano est précoce de l'épée, moi c'est d'un peu plus bas que le fourreau que je la dégaine facile, et hélas pour moi les mots de la demoiselle semblaient s'être délicatement posés vous-savez-où.
:peur:

Elle le remarque, mais j'ai du répondant :

"Ah ! C'est un roc ! C'est un pic ! Que dis-je un pic, c'est une péninsule !"



"BarAreau on est cousins !"


Au McDo quand on appelle mon numéro j'ai parfois envie de gueuler "J'arrive, madame, en lançant mon coeur en premier !" Mais je me retiens depuis qu'une caissière du Lidl de Melun a obtenue une ordonnance de protection.

Ce film est une drogue certes, mais comme certaines drogues il peut avoir une utilité médicinale. J'étais jadis un grand coomer, sans panache et le slibard toujours souillé. Depuis que j'ai compris Cyrano de Bergerac, je ne suis plus cet homme. J'ai arrêté le porno et m'enorgueillis d'une vie sexuelle riche, saine et épanouie. A défaut d'avoir conclu avec mon premier amour, je conclus avec mon second : le film.
Tout repose sur une scène :
La tension monte pendant tout le combat, la sueur de l'effort lubrifie mon bras, au paroxysme de l'action je retiens ma cartouche, et ne faisant qu'un avec l'acteur, à la fin de l'envoi, je touche.
Il devait gagner l'oscar mais il a dérapé en itw
:Jesusfourire:
Souverainiste et royaliste.
il y a 15 jours
On a fait une soirée avec un pote où on l'a regardé bourré en parlant de littérature, une des meilleures soirées de ma vie

Quel film, quelle performance
ça me rappelle les soirées en khâgne ça.
:jesus_clope:

La belle vie en somme.
:jesus_clope:
Fumer tue
il y a 15 jours
Une déclaration d'amour au pouvoir du verbe et à la langue française ce film. Moi non plus je n'imagine aucun autre interprète pour Cyrano que Depardieu
:Reflechis:
:frierenandalouse:
:Frieren_ketchup:
:Frieren_burger:
:Frieren_menthe:
:Frieren_curry:
:Frieren_aigre_douce:
il y a 15 jours
Il devait gagner l'oscar mais il a dérapé en itw
:Jesusfourire:
Osef de cette cérémonie de pourris jusqu'aux os.
:jesus_clope:

Céline en a dit du monde de la scène tout ce qu'il y avait à en dire.
:jesus_clope:
Fumer tue
il y a 15 jours
Certes.
:face_risitas:

Après je l'ai trouvé tout aussi bon dans le comte de monte Cristo
:face_risitas:
Une réponse sans stickers est à prendre au premier degré.
il y a 15 jours
Oea
Oea
15j
Une déclaration d'amour au pouvoir du verbe et à la langue française ce film. Moi non plus je n'imagine aucun autre interprète pour Cyrano que Depardieu
:Reflechis:
En fait, j'ai menti. D'autres l'ont joué, et bien joué.
:jesus_clope:


Ici Jean Piat qui a, je trouve, une très belle expressivité. Voilà seulement il faut dire qu'une fois qu'on a vu l'interprétation de Depardieu, c'est difficile d'en accepter une autre. Il avait un quelque chose d’exaltant dans ce rôle.
:jesus_clope:
Fumer tue
il y a 15 jours
______________________________________________________ Vous…. vous n'avez pas… heu… de badge… et moi si !
:celestin_bouton:


Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme… En variant le ton, par exemple, tenez
:cyrano2:


Agressif : « Moi, monsieur, si je n'avais pas de badge,
Il faudrait sur-le-champ que je déguerpisse de ces pages ! »
:Fuir:


Amical : « Mais il doit s'être échappé de votre profil,
Pour le retrouver, faites-donc appel à un cynophile ! »
:Teddi-CHOQUE:


Descriptif : « C’est une plaie ! … c’est un trou ! … c’est un orifice !
Que dis-je, c’est un orifice ? … C’est une déchirure ! »
:gif_bigard:


Curieux : « De quoi sert cet étrange découvert ?
De jardin, monsieur, ou de piste d'atterissage ? »
:Concorde:


Gracieux : « Aimez-vous à ce point les bovins
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De dégager un pré afin qu'ils s'y dégourdissent les pattes ? »
:polishcow:


Truculent : « Ça, monsieur, lorsque vous postez,
La peur du vide ne vous fait-elle pas hésiter
Sans qu’un VDD ne crie d'appeler aux pompiers ? »
:ahitison:


Prévenant : « Gardez-vous, ce terrain présenté
Par cette place, de voir nuée de caravane débarquer ! »
:risigitan:


Tendre : « Faites-lui faire une petite couverture
De peur que sa couleur à la poussière prenne l'usure ! »
:Chaton_qui_pleure:


Pédant : « L’animal seul, monsieur, que Magdalena Borsuk-Białynicka
Appelle Opisthocoelicaudia
Dut avoir de son vivant tant de place sur les scapulas ! »
:Trisonausor:


Cavalier : « Quoi, l’ami, cet emplacement est à la mode ?
Pour garer sa voiture, c’est vraiment très commode ! »
:conducteur:


Emphatique : « Aucun vent ne peut, plaine magistral,
Y souffler tout entier, excepté le mistral ! »
:chat_master_race_:


Dramatique : « C’est Hiroshima qui a fait place nette ! »
:bombe_atomique:


Admiratif : « Pour un shitpost, quelle entête ! »
:michael_emu:


Lyrique : « Est-ce un miroir, suis-je le plus beau du forum ? »
:bg_plage:


Naïf : « Sur ce terrain vague, quand construira-t-on ? »
:Risitas-doigt:


Respectueux : « Souffrez, monsieur, que l'on vous signale,
C’est là que l'on voit un Bronze se faisant passer pour Royal ! »
:modo2:


Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un badge ? Ho m'iar !
C’est queuqu’grain d'sable ou ben queuqu’carien dans l'plumard ! »
:Chadrural:


Militaire : « Bayonette au canon, les tranchées sont de l'autre côté ! »
:Soldat_1:


Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?
Hélas, monsieur, ca ne sera pas le gros lot ! »
:rabbin:


Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce badge qui du profil de son maître
A déserté le pseudonyme ! Il en rougit, le traître ! »
:petiot_doigt:


– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot :
SOT !
:cyrano2:


Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.
:cyrano:


__________________________________________Pour qui il se prend ?! C'est un diamant qui n'a même pas de badge !
:celestin_bouton:


Moi c'est moralement que j'ai mes élégances !
:cyrano:


Je ne sortirais pas avec par négligence, un affront pas très bien lavé, la conscience jaune encore de sommeil dans son oeil, un honneur chiffonné, des scrupules en deuil...
:cyrano2:

Mais JE POSTE ! SANS RIEN QUI NE RELUISE ! Empanaché d'indépendance et de franchise !
:cyranocolere:


Je n'ai pas de badge ? La belle affaire. Je n'en avais qu'un seul, d'un très vieux compte, lequel m'était d'ailleurs encore fort importun, je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un
:badge_lgbt:
Excellent khey !
:Jesusfourire:
Fumer tue
il y a 15 jours
Cette scène nom d'un chien
:jesus_clope:

Fumer tue
il y a 15 jours
Depuis que j'ai vu Cyrano de Bergerac avec Depardieu, je ne suis plus le même. Métamorphosé, dans tous les aspects de ma vie.

Depardieu, déjà. Ce type EST Cyrano. Il parle Cyrano, il fend Cyrano, il marche Cyrano. Tous ceux qui avant lui se sont essayés au rôle n'avaient pas tort de le tenter, ils avaient tort d'exister. Ce rôle était destiné à Depardieu depuis avant Rostand, comme si la pièce n'avait été écrite que pour lui offrir un miroir dans lequel se reconnaître trois siècles plus tard.

Je le regarde le mercredi ou le dimanche soir, et ces jours-là je me ménage dans la journée parce que je sais ce qui m'attend. Si Rostand a engendré Cyrano et Depardieu en est le fils, alors je suis leur descendant : je m'habille comme lui, je parle en imitant sa voix, je que je pourrais estourbir quiconque voudrait s'en prendre à mon style. Le soir j'écris des poèmes que je garde imperturbablement pour envoyer un jour à ma cousine idéale, et la nuit je rêve de lui sous son feutre, élégant, fort, reluisant de labeur.

J'ai réorganisé mes meubles pour une immersion totale, canapé reculé pour pouvoir arguer lorsque Cyrano argue, charger lorsque Cyrano charge et briser lorsque Cyrano brise. J'ai aussi refait l'isolation de l'appartement. Pas sans avoir prévenu les voisins : "Mercredi 12, Acte V scène 6, mort de Cyrano, hurlement de désespoir à prévoir, salutations distinguées." Malgré ces précautions, il est arrivé que ma voisine retraité appelle le SAMU, ce qui prouve soit qu'elle ne sait pas lire, soit qu'elle entretient un complexe d’infériorité vis-à-vis de moi. Je penche pour la seconde option.
Mon objectif c'est que l'âme de Cyrano fusionne avec la mienne. Au-delà du visionnage hebdomadaire j'ai une routine stricte :

8h : réveil sur le duel de l'Acte I, "à la fin de l'envoi, je touche"
13h : la Tirade des nez, les rires aident à digérer, mais pas après 14h pour ne pas interférer avec la séance du soir
Le soir : "Non merci !", les yeux embués de larmes, comme on regarde partir un train qu'on avait raté de toute façon

Un jour, au travail, mon N+1 s'approche :

"Bon écoute Germanophobe, pour ton augmentation, faudrait qu'on en reparle avec le manager."
Moi sans lever les yeux : "Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, préférer faire une visite qu'un poème, non merci !"


"..."


J'ai quand même vu le manager. C'était pour apprendre que l'augmentation était reconsidérée, dans le sens où elle n'existait plus.
Une autre fois en team building une collègue vient me parler, on discute un peu, élégant comme Céladon je la dragouille en lui expliquant pourquoi la boîte aurait tout intérêt à racheter une nouvelle machine à expresso. Je crois que ça marche parce qu'elle me complimente sur mon t-shirt "Gascon du terroir". Le problème c'est que si Cyrano est précoce de l'épée, moi c'est d'un peu plus bas que le fourreau que je la dégaine facile, et hélas pour moi les mots de la demoiselle semblaient s'être délicatement posés vous-savez-où.
:peur:

Elle le remarque, mais j'ai du répondant :

"Ah ! C'est un roc ! C'est un pic ! Que dis-je un pic, c'est une péninsule !"



"BarAreau on est cousins !"


Au McDo quand on appelle mon numéro j'ai parfois envie de gueuler "J'arrive, madame, en lançant mon coeur en premier !" Mais je me retiens depuis qu'une caissière du Lidl de Melun a obtenue une ordonnance de protection.

Ce film est une drogue certes, mais comme certaines drogues il peut avoir une utilité médicinale. J'étais jadis un grand coomer, sans panache et le slibard toujours souillé. Depuis que j'ai compris Cyrano de Bergerac, je ne suis plus cet homme. J'ai arrêté le porno et m'enorgueillis d'une vie sexuelle riche, saine et épanouie. A défaut d'avoir conclu avec mon premier amour, je conclus avec mon second : le film.
Tout repose sur une scène :
La tension monte pendant tout le combat, la sueur de l'effort lubrifie mon bras, au paroxysme de l'action je retiens ma cartouche, et ne faisant qu'un avec l'acteur, à la fin de l'envoi, je touche.
joli pavé mais ce n'est pas 3 siècles plus tard

c'est 1 siècle plus tard
Je vous aime tous
:love:
Tu ne fais pas exception

il y a 15 jours
Depuis que j'ai vu Cyrano de Bergerac avec Depardieu, je ne suis plus le même. Métamorphosé, dans tous les aspects de ma vie.

Depardieu, déjà. Ce type EST Cyrano. Il parle Cyrano, il fend Cyrano, il marche Cyrano. Tous ceux qui avant lui se sont essayés au rôle n'avaient pas tort de le tenter, ils avaient tort d'exister. Ce rôle était destiné à Depardieu depuis avant Rostand, comme si la pièce n'avait été écrite que pour lui offrir un miroir dans lequel se reconnaître trois siècles plus tard.

Je le regarde le mercredi ou le dimanche soir, et ces jours-là je me ménage dans la journée parce que je sais ce qui m'attend. Si Rostand a engendré Cyrano et Depardieu en est le fils, alors je suis leur descendant : je m'habille comme lui, je parle en imitant sa voix, je que je pourrais estourbir quiconque voudrait s'en prendre à mon style. Le soir j'écris des poèmes que je garde imperturbablement pour envoyer un jour à ma cousine idéale, et la nuit je rêve de lui sous son feutre, élégant, fort, reluisant de labeur.

J'ai réorganisé mes meubles pour une immersion totale, canapé reculé pour pouvoir arguer lorsque Cyrano argue, charger lorsque Cyrano charge et briser lorsque Cyrano brise. J'ai aussi refait l'isolation de l'appartement. Pas sans avoir prévenu les voisins : "Mercredi 12, Acte V scène 6, mort de Cyrano, hurlement de désespoir à prévoir, salutations distinguées." Malgré ces précautions, il est arrivé que ma voisine retraité appelle le SAMU, ce qui prouve soit qu'elle ne sait pas lire, soit qu'elle entretient un complexe d’infériorité vis-à-vis de moi. Je penche pour la seconde option.
Mon objectif c'est que l'âme de Cyrano fusionne avec la mienne. Au-delà du visionnage hebdomadaire j'ai une routine stricte :

8h : réveil sur le duel de l'Acte I, "à la fin de l'envoi, je touche"
13h : la Tirade des nez, les rires aident à digérer, mais pas après 14h pour ne pas interférer avec la séance du soir
Le soir : "Non merci !", les yeux embués de larmes, comme on regarde partir un train qu'on avait raté de toute façon

Un jour, au travail, mon N+1 s'approche :

"Bon écoute Germanophobe, pour ton augmentation, faudrait qu'on en reparle avec le manager."
Moi sans lever les yeux : "Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, préférer faire une visite qu'un poème, non merci !"


"..."


J'ai quand même vu le manager. C'était pour apprendre que l'augmentation était reconsidérée, dans le sens où elle n'existait plus.
Une autre fois en team building une collègue vient me parler, on discute un peu, élégant comme Céladon je la dragouille en lui expliquant pourquoi la boîte aurait tout intérêt à racheter une nouvelle machine à expresso. Je crois que ça marche parce qu'elle me complimente sur mon t-shirt "Gascon du terroir". Le problème c'est que si Cyrano est précoce de l'épée, moi c'est d'un peu plus bas que le fourreau que je la dégaine facile, et hélas pour moi les mots de la demoiselle semblaient s'être délicatement posés vous-savez-où.
:peur:

Elle le remarque, mais j'ai du répondant :

"Ah ! C'est un roc ! C'est un pic ! Que dis-je un pic, c'est une péninsule !"



"BarAreau on est cousins !"


Au McDo quand on appelle mon numéro j'ai parfois envie de gueuler "J'arrive, madame, en lançant mon coeur en premier !" Mais je me retiens depuis qu'une caissière du Lidl de Melun a obtenue une ordonnance de protection.

Ce film est une drogue certes, mais comme certaines drogues il peut avoir une utilité médicinale. J'étais jadis un grand coomer, sans panache et le slibard toujours souillé. Depuis que j'ai compris Cyrano de Bergerac, je ne suis plus cet homme. J'ai arrêté le porno et m'enorgueillis d'une vie sexuelle riche, saine et épanouie. A défaut d'avoir conclu avec mon premier amour, je conclus avec mon second : le film.
Tout repose sur une scène :
La tension monte pendant tout le combat, la sueur de l'effort lubrifie mon bras, au paroxysme de l'action je retiens ma cartouche, et ne faisant qu'un avec l'acteur, à la fin de l'envoi, je touche.
gplau mais oui elle est vraiment cool
Artiste du forum
:nate:
https://risibank.fr/utilisateur/nate | Président du Kjistan et de tous les KJ
:kjistan:
il y a 15 jours