Ce sujet a été résolu
Alors que je pensais à la possibilité de devoir témoigner un jour de mes activités sur le forum, que je pensais à mes arguments, à mes références, à la défense de la sous-culture forumique, j'ai demandé à Chat-GPT de m'écrire un roman national
Le Roman National du 18-25
Il faut imaginer le 18-25 non comme un simple forum, mais comme une province numérique devenue royaume, puis principauté en exil.
Au commencement, il y a **Jeuxvideo.com**, grand portail du jeu vidéo français. Ses forums sont d’abord des annexes du site principal : des lieux où l’on parle d’astuces, de consoles, de sorties, de matériel. Parmi eux, les sections “Blabla” classées par âge installent peu à peu une drôle d’idée : on vient pour le jeu, mais on reste pour parler de tout le reste. Le 15-18 et le 18-25 naissent ainsi comme des sas entre le site de jeux et la vie réelle. Très tôt, le 18-25 cesse d’être un salon de joueurs pour devenir une place publique. Wikipédia rappelle que ces forums figurent parmi les plus actifs de France, et qu’en octobre 2016 le seul Blabla 18-25 comptait 40 millions de pages vues et 2 millions de messages sur le mois.
Ce qui fait la singularité du 18-25, ce n’est pas seulement le volume. C’est le ton. Le forum met au monde une manière d’écrire, de réagir, d’exister en ligne. Le message n’a pas besoin d’être vrai pour être marquant ; il doit être drôle, brutal, étrange, mémorable. On n’y cherche pas d’abord l’information, mais l’impact. C’est là qu’émerge une culture du **topic** comme performance : le titre doit accrocher, l’entrée doit frapper, la chute doit faire rire ou scandaliser. La logique n’est pas conversationnelle, elle est théâtrale. Chaque fil est une scène improvisée, chaque post un numéro.
De cette logique naît une **sous-culture entière**. Ses matériaux sont pauvres, mais immédiatement reconnaissables : les smileys, les pseudonymes interchangeables, les private jokes, le goût du canular, le faux témoignage raconté comme un drame national, l’ironie si constante qu’elle finit par brouiller toute frontière entre sincérité et jeu. Le forum produit son propre folklore. On y parle une langue qui semble déglinguée vue de l’extérieur, mais extraordinairement codée pour qui en maîtrise les usages.
Puis vient l’âge mythique : celui des **mèmes souverains**.
Le plus célèbre de tous est évidemment **Risitas**. Juan Joya Borja, humoriste espagnol devenu viral grâce à son rire, est récupéré, détourné, sanctifié par le 18-25. En France, *Le Monde* rappelle qu’il est devenu l’une des mascottes du Blabla 18-25. L’article sur El Risitas sur Wikipédia souligne que la communauté du 18-25 a été en grande partie responsable de sa notoriété française, ainsi que de la diffusion du mot **“Issou”**, né du glissement phonétique du prénom “Jesús” dans la vidéo d’origine. Ce n’est plus seulement un mème : c’est un drapeau, un mot de passe, presque un blason.
Avec **Issou**, le forum franchit une étape décisive. Il ne se contente plus de produire de la culture interne ; il projette ses signes sur le monde extérieur. La petite ville d’Issou, dans les Yvelines, devient malgré elle un territoire symbolique du forum. *Le Monde* a raconté comment cette commune s’est retrouvée ramenée sur le devant du Web par les détournements et les vandalismes symboliques liés à cette obsession mémétique. C’est un moment-clé : le 18-25 cesse d’être seulement un forum, il devient une machine à contaminer l’espace public numérique.
Autour de ce noyau se forment d’autres institutions du folklore. **Noelshack** pour l’image, **Risibank** pour l’archivage et la circulation des détournements. L’article Wikipédia sur El Risitas rappelle que Risibank a été imaginée puis créée par des membres du Blabla 18-25 avant de devenir un site autonome. C’est capital : la culture du 18-25 ne reste pas enfermée dans les pages de JVC, elle produit ses propres outils, ses propres réserves d’images, sa propre logistique culturelle. Un peuple numérique commence toujours par ses archives.
Mais tout roman national a sa face sombre.
Le 18-25 devient rapidement un espace surveillé, controversé, redouté. Les médias s’y intéressent moins pour son humour que pour ses débordements. Wikipédia rappelle plusieurs affaires médiatisées, dont les menaces de fusillade ayant provoqué des déploiements policiers et marqué durablement l’image publique du forum. En parallèle, l’administration de Jeuxvideo.com est mise en relation active avec les autorités dès 2009 via une plateforme commune. Le forum entre alors dans une contradiction fondatrice : il veut demeurer un territoire de licence totale, mais il est hébergé au sein d’une entreprise, donc dans un espace juridiquement contraint, économiquement dépendant, politiquement exposé.
À partir de là, l’histoire du 18-25 devient celle d’une tension permanente entre **culture sauvage** et **encadrement industriel**. Plus la communauté affirme son identité, plus elle devient un problème pour la maison-mère. Plus elle est visible, plus elle devient difficile à assumer publiquement. Cette tension explose à l’ère Webedia. En juin 2021, une responsable du groupe explique que les forums Blabla ne sont plus mis en avant et que leur fermeture “fait partie de leurs réflexions”, propos repris et abondamment discutés sur le forum lui-même. Qu’importe ensuite les nuances : dans l’imaginaire collectif des forumeurs, la sentence est prononcée. Le vieux royaume n’est plus aimé de sa capitale.
C’est ici qu’entrent en scène les **forums annexes**, puis les **terres d’exil**.
Il y a eu plusieurs JVC-like, plusieurs tentatives pour recréer ailleurs l’électricité du 18-25. Certaines furent de simples refuges, d’autres de vrais contre-mondes. **Avenoel** a compté parmi les plus connus de cette nébuleuse. Puis, plus tard, **Onche.org** s’est imposé comme l’un des principaux points de fixation de cette migration. Les discussions internes à Onche insistent sur le fait que le site n’a pas été inventé de toutes pièces au moment d’une seule vague de départ : selon ses propres membres, le nom renvoie à un vieux délire issu des forums 15-18 et 18-25, et le forum existait avant la grande bascule, avec une refonte puis une montée en puissance liée à la migration. D’autres témoignages internes parlent d’une “Grande Migrationche” autour du **15 mars 2023**, formule devenue elle-même un morceau de mémoire collective onchoise.
Et c’est là que le récit devient presque médiéval : quand le centre historique se vide, la noblesse des mèmes, les paysans du shitpost, les archivistes, les doctrinaires et les insomniaques se dispersent. Une partie reste sur JVC par inertie, par attachement, ou parce qu’aucun clone ne reproduira jamais parfaitement le chaos originel. Une autre part part ailleurs. Sur Onche, les fils où les membres racontent leur “parcours JVC et JVC-like” ou les raisons de leur départ de JVC vers Onche reviennent sans cesse aux mêmes thèmes : modération devenue insupportable, sentiment de déclin du 18-25, envie de retrouver une communauté plus soudée, plus lisible, plus libre, moins dépendante de Webedia.
**Onche.org**, dans cette histoire, n’est pas un simple successeur technique. C’est une tentative de **reconquête symbolique**. Le site affiche un positionnement explicite de forum libre et anonyme, avec des forums généralistes et thématiques qui reprennent une partie de l’architecture affective des vieux Blabla. Sa page d’accueil et sa liste des forums montrent cette ambition : reconstruire un espace de circulation permanente entre actualité, politique, sport, bavardage, provocations et délires communautaires. On n’y vient pas seulement pour parler ; on y vient pour retrouver une ambiance, un accent, un régime d’écriture.
Il faut bien comprendre ce que cela signifie. Le 18-25 n’a pas seulement produit des messages ; il a produit un **type humain du web français**. Le “khey”, figure à la fois ironique et fraternelle. Le posteur insomniaque. Le nihiliste du dimanche. Le prophète de l’effondrement. Le troll sentimental. L’obsédé de politique qui écrit comme un humoriste. Le type sincèrement seul qui masque sa détresse sous quinze couches de cynisme. Le 18-25, puis ses héritiers comme Onche, ont été des fabriques de personnages sociaux.
C’est pour cela que les “grandes figures” du 18-25 ne se limitent pas à des célébrités extérieures comme Risitas. Il y a aussi les **figures internes**, parfois semi-légendaires, parfois oubliées en dehors du cercle des initiés : les posteurs emblématiques, les auteurs de topics maudits, les types qui ont imposé une expression, un montage, une manière de répondre, une manie politique, un lexique. Le problème de cette histoire, c’est qu’elle est moins institutionnelle qu’orale. Beaucoup de ses héros sont des pseudonymes, donc des ombres ; beaucoup de ses monuments sont des topics supprimés, donc des ruines.
Le Roman National du 18-25
Il faut imaginer le 18-25 non comme un simple forum, mais comme une province numérique devenue royaume, puis principauté en exil.
Au commencement, il y a **Jeuxvideo.com**, grand portail du jeu vidéo français. Ses forums sont d’abord des annexes du site principal : des lieux où l’on parle d’astuces, de consoles, de sorties, de matériel. Parmi eux, les sections “Blabla” classées par âge installent peu à peu une drôle d’idée : on vient pour le jeu, mais on reste pour parler de tout le reste. Le 15-18 et le 18-25 naissent ainsi comme des sas entre le site de jeux et la vie réelle. Très tôt, le 18-25 cesse d’être un salon de joueurs pour devenir une place publique. Wikipédia rappelle que ces forums figurent parmi les plus actifs de France, et qu’en octobre 2016 le seul Blabla 18-25 comptait 40 millions de pages vues et 2 millions de messages sur le mois.
Ce qui fait la singularité du 18-25, ce n’est pas seulement le volume. C’est le ton. Le forum met au monde une manière d’écrire, de réagir, d’exister en ligne. Le message n’a pas besoin d’être vrai pour être marquant ; il doit être drôle, brutal, étrange, mémorable. On n’y cherche pas d’abord l’information, mais l’impact. C’est là qu’émerge une culture du **topic** comme performance : le titre doit accrocher, l’entrée doit frapper, la chute doit faire rire ou scandaliser. La logique n’est pas conversationnelle, elle est théâtrale. Chaque fil est une scène improvisée, chaque post un numéro.
De cette logique naît une **sous-culture entière**. Ses matériaux sont pauvres, mais immédiatement reconnaissables : les smileys, les pseudonymes interchangeables, les private jokes, le goût du canular, le faux témoignage raconté comme un drame national, l’ironie si constante qu’elle finit par brouiller toute frontière entre sincérité et jeu. Le forum produit son propre folklore. On y parle une langue qui semble déglinguée vue de l’extérieur, mais extraordinairement codée pour qui en maîtrise les usages.
Puis vient l’âge mythique : celui des **mèmes souverains**.
Le plus célèbre de tous est évidemment **Risitas**. Juan Joya Borja, humoriste espagnol devenu viral grâce à son rire, est récupéré, détourné, sanctifié par le 18-25. En France, *Le Monde* rappelle qu’il est devenu l’une des mascottes du Blabla 18-25. L’article sur El Risitas sur Wikipédia souligne que la communauté du 18-25 a été en grande partie responsable de sa notoriété française, ainsi que de la diffusion du mot **“Issou”**, né du glissement phonétique du prénom “Jesús” dans la vidéo d’origine. Ce n’est plus seulement un mème : c’est un drapeau, un mot de passe, presque un blason.
Avec **Issou**, le forum franchit une étape décisive. Il ne se contente plus de produire de la culture interne ; il projette ses signes sur le monde extérieur. La petite ville d’Issou, dans les Yvelines, devient malgré elle un territoire symbolique du forum. *Le Monde* a raconté comment cette commune s’est retrouvée ramenée sur le devant du Web par les détournements et les vandalismes symboliques liés à cette obsession mémétique. C’est un moment-clé : le 18-25 cesse d’être seulement un forum, il devient une machine à contaminer l’espace public numérique.
Autour de ce noyau se forment d’autres institutions du folklore. **Noelshack** pour l’image, **Risibank** pour l’archivage et la circulation des détournements. L’article Wikipédia sur El Risitas rappelle que Risibank a été imaginée puis créée par des membres du Blabla 18-25 avant de devenir un site autonome. C’est capital : la culture du 18-25 ne reste pas enfermée dans les pages de JVC, elle produit ses propres outils, ses propres réserves d’images, sa propre logistique culturelle. Un peuple numérique commence toujours par ses archives.
Mais tout roman national a sa face sombre.
Le 18-25 devient rapidement un espace surveillé, controversé, redouté. Les médias s’y intéressent moins pour son humour que pour ses débordements. Wikipédia rappelle plusieurs affaires médiatisées, dont les menaces de fusillade ayant provoqué des déploiements policiers et marqué durablement l’image publique du forum. En parallèle, l’administration de Jeuxvideo.com est mise en relation active avec les autorités dès 2009 via une plateforme commune. Le forum entre alors dans une contradiction fondatrice : il veut demeurer un territoire de licence totale, mais il est hébergé au sein d’une entreprise, donc dans un espace juridiquement contraint, économiquement dépendant, politiquement exposé.
À partir de là, l’histoire du 18-25 devient celle d’une tension permanente entre **culture sauvage** et **encadrement industriel**. Plus la communauté affirme son identité, plus elle devient un problème pour la maison-mère. Plus elle est visible, plus elle devient difficile à assumer publiquement. Cette tension explose à l’ère Webedia. En juin 2021, une responsable du groupe explique que les forums Blabla ne sont plus mis en avant et que leur fermeture “fait partie de leurs réflexions”, propos repris et abondamment discutés sur le forum lui-même. Qu’importe ensuite les nuances : dans l’imaginaire collectif des forumeurs, la sentence est prononcée. Le vieux royaume n’est plus aimé de sa capitale.
C’est ici qu’entrent en scène les **forums annexes**, puis les **terres d’exil**.
Il y a eu plusieurs JVC-like, plusieurs tentatives pour recréer ailleurs l’électricité du 18-25. Certaines furent de simples refuges, d’autres de vrais contre-mondes. **Avenoel** a compté parmi les plus connus de cette nébuleuse. Puis, plus tard, **Onche.org** s’est imposé comme l’un des principaux points de fixation de cette migration. Les discussions internes à Onche insistent sur le fait que le site n’a pas été inventé de toutes pièces au moment d’une seule vague de départ : selon ses propres membres, le nom renvoie à un vieux délire issu des forums 15-18 et 18-25, et le forum existait avant la grande bascule, avec une refonte puis une montée en puissance liée à la migration. D’autres témoignages internes parlent d’une “Grande Migrationche” autour du **15 mars 2023**, formule devenue elle-même un morceau de mémoire collective onchoise.
Et c’est là que le récit devient presque médiéval : quand le centre historique se vide, la noblesse des mèmes, les paysans du shitpost, les archivistes, les doctrinaires et les insomniaques se dispersent. Une partie reste sur JVC par inertie, par attachement, ou parce qu’aucun clone ne reproduira jamais parfaitement le chaos originel. Une autre part part ailleurs. Sur Onche, les fils où les membres racontent leur “parcours JVC et JVC-like” ou les raisons de leur départ de JVC vers Onche reviennent sans cesse aux mêmes thèmes : modération devenue insupportable, sentiment de déclin du 18-25, envie de retrouver une communauté plus soudée, plus lisible, plus libre, moins dépendante de Webedia.
**Onche.org**, dans cette histoire, n’est pas un simple successeur technique. C’est une tentative de **reconquête symbolique**. Le site affiche un positionnement explicite de forum libre et anonyme, avec des forums généralistes et thématiques qui reprennent une partie de l’architecture affective des vieux Blabla. Sa page d’accueil et sa liste des forums montrent cette ambition : reconstruire un espace de circulation permanente entre actualité, politique, sport, bavardage, provocations et délires communautaires. On n’y vient pas seulement pour parler ; on y vient pour retrouver une ambiance, un accent, un régime d’écriture.
Il faut bien comprendre ce que cela signifie. Le 18-25 n’a pas seulement produit des messages ; il a produit un **type humain du web français**. Le “khey”, figure à la fois ironique et fraternelle. Le posteur insomniaque. Le nihiliste du dimanche. Le prophète de l’effondrement. Le troll sentimental. L’obsédé de politique qui écrit comme un humoriste. Le type sincèrement seul qui masque sa détresse sous quinze couches de cynisme. Le 18-25, puis ses héritiers comme Onche, ont été des fabriques de personnages sociaux.
C’est pour cela que les “grandes figures” du 18-25 ne se limitent pas à des célébrités extérieures comme Risitas. Il y a aussi les **figures internes**, parfois semi-légendaires, parfois oubliées en dehors du cercle des initiés : les posteurs emblématiques, les auteurs de topics maudits, les types qui ont imposé une expression, un montage, une manière de répondre, une manie politique, un lexique. Le problème de cette histoire, c’est qu’elle est moins institutionnelle qu’orale. Beaucoup de ses héros sont des pseudonymes, donc des ombres ; beaucoup de ses monuments sont des topics supprimés, donc des ruines.
Khey certifié depuis 2017
il y a 4 jours
Et pourtant, cette culture a laissé des traces durables dans tout l’Internet francophone. Le langage mème français doit énormément à cette matrice : diffusion de gabarits humoristiques, circulation d’images détournées, réactivité collective aux événements d’actualité, hybridation permanente entre politique, humour absurde et commentaire social. Même les gens qui n’ont jamais posté sur le 18-25 ont souvent parlé une langue qui y avait été raffinée avant eux.
Le plus frappant, au fond, c’est peut-être ceci : le 18-25 a toujours été décrit comme un lieu de décadence terminale, et il a pourtant survécu sous des formes nouvelles. Les prophéties de mort sont anciennes. Sur Onche lui-même, on trouve des discussions sur la difficulté de durer, de recruter, d’échapper au vieillissement communautaire, de survivre hors du référencement et hors de la machine JVC. Ces inquiétudes montrent bien que l’exil ne règle pas tout : un forum libre gagne en autonomie ce qu’il perd parfois en renouvellement spontané. Mais elles montrent aussi autre chose : la volonté farouche de transmettre un héritage.
Alors, quel est le vrai roman national du 18-25 ?
Ce n’est pas l’histoire d’un forum de jeux vidéo devenu bruyant. C’est l’histoire d’une contre-société francophone née dans les marges d’un site de loisirs, devenue machine à produire des codes, des rites, des blasphèmes, des solidarités, des hontes, des éclairs de génie comique, puis forcée de se recomposer hors de son berceau. JVC a été Rome. Le 18-25 en fut la plèbe turbulente, inventive, vulgaire, géniale. Webedia a incarné le moment impérial tardif, celui où l’on administre un territoire qu’on ne comprend plus très bien. Avenoel, Onche et les autres JVC-like ont été les royaumes barbares successeurs : moins centraux, parfois moins vastes, mais plus identitaires, plus conscients d’eux-mêmes, plus fondés sur la mémoire du vieux monde.
Et Onche, aujourd’hui, doit être raconté dans ce cadre-là : non comme une simple copie, mais comme une capitale de rechange. Un endroit où l’on tente de sauver non seulement un mode de discussion, mais une continuité historique. Sur JVFlux, la catégorie consacrée à Onche le dit presque explicitement : si les Onchois ne documentent pas eux-mêmes leur histoire, personne ne le fera à leur place. C’est une phrase très juste. Ces communautés vivent d’archives fragiles, de légendes internes et de migrations. Elles disparaissent vite si personne n’écrit leur geste.
En une formule : le 18-25 n’est pas mort ; il s’est féodalisé.
Le plus frappant, au fond, c’est peut-être ceci : le 18-25 a toujours été décrit comme un lieu de décadence terminale, et il a pourtant survécu sous des formes nouvelles. Les prophéties de mort sont anciennes. Sur Onche lui-même, on trouve des discussions sur la difficulté de durer, de recruter, d’échapper au vieillissement communautaire, de survivre hors du référencement et hors de la machine JVC. Ces inquiétudes montrent bien que l’exil ne règle pas tout : un forum libre gagne en autonomie ce qu’il perd parfois en renouvellement spontané. Mais elles montrent aussi autre chose : la volonté farouche de transmettre un héritage.
Alors, quel est le vrai roman national du 18-25 ?
Ce n’est pas l’histoire d’un forum de jeux vidéo devenu bruyant. C’est l’histoire d’une contre-société francophone née dans les marges d’un site de loisirs, devenue machine à produire des codes, des rites, des blasphèmes, des solidarités, des hontes, des éclairs de génie comique, puis forcée de se recomposer hors de son berceau. JVC a été Rome. Le 18-25 en fut la plèbe turbulente, inventive, vulgaire, géniale. Webedia a incarné le moment impérial tardif, celui où l’on administre un territoire qu’on ne comprend plus très bien. Avenoel, Onche et les autres JVC-like ont été les royaumes barbares successeurs : moins centraux, parfois moins vastes, mais plus identitaires, plus conscients d’eux-mêmes, plus fondés sur la mémoire du vieux monde.
Et Onche, aujourd’hui, doit être raconté dans ce cadre-là : non comme une simple copie, mais comme une capitale de rechange. Un endroit où l’on tente de sauver non seulement un mode de discussion, mais une continuité historique. Sur JVFlux, la catégorie consacrée à Onche le dit presque explicitement : si les Onchois ne documentent pas eux-mêmes leur histoire, personne ne le fera à leur place. C’est une phrase très juste. Ces communautés vivent d’archives fragiles, de légendes internes et de migrations. Elles disparaissent vite si personne n’écrit leur geste.
En une formule : le 18-25 n’est pas mort ; il s’est féodalisé.
Khey certifié depuis 2017
il y a 4 jours
Je trouve qu'il a raison sur certains point :
Le modèle sociabilisant du 18-25 et des JVC-Like était un modèle à taille humaine.
La sous-culture JVC est assimilable à une culture orale, il faut vraiment chercher pour tomber sur des archives propres et nettes d'un événements.
Mais il n'insiste pas assez sur la communauté et ses liens internes
Le modèle sociabilisant du 18-25 et des JVC-Like était un modèle à taille humaine.
La sous-culture JVC est assimilable à une culture orale, il faut vraiment chercher pour tomber sur des archives propres et nettes d'un événements.
Mais il n'insiste pas assez sur la communauté et ses liens internes
Khey certifié depuis 2017
il y a 4 jours

