Ce sujet a été résolu
Nous partons sur Une vie Parfaite de F.Scott Fitzgerald, petit livre constitué de deux nouvelles.
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
il y a un mois
j'aime bien ton analyse mais je dois dire que je rejette en bloc ta conclusion.
accepter la normalité et l'ordinaire ca ne signifie pas se complaire dans la mediocrité et l'ia monotonie.
on peut avoir une vie reglée et avec peu de surprises ou de peripéties et pour autant apprécier la valeur de ce que l'on a, l'enchainement des saisons, les lumieres des jours qui changent et illuminent nos environements differemment, les instants de beauté fugaces, les satisfactions legeres de reussir des choses, etc etc.
pour moi une vie tumultueuse est forcement precaire, douloureuse, incertaine et donc inconfortable, et en finalité dangereuse.
je ne souhaite pas vivre dans le danger, j'aspire a une vie confortable, previsible, ponctuée d'initiatives et de prises de risques mesurées afin de moduler certaines variations qui viendraient diversifier quelque peu le cours des choses. Mais pas de seismes.
C'est la continuité et les efforts pour la maintenir qui permettent aux civilisation de prosperer et donc de permettre aux genies d'emerger, d'avoir des vies tumultueuses et de produire des élans vitaux.
mais je pense que 95, si ce n'est 99% des gens devraient aspirer vers une vie calme et ordonnée.
merci du tag en tout cas, c'est cool de lire tes revues litteraires.
accepter la normalité et l'ordinaire ca ne signifie pas se complaire dans la mediocrité et l'ia monotonie.
on peut avoir une vie reglée et avec peu de surprises ou de peripéties et pour autant apprécier la valeur de ce que l'on a, l'enchainement des saisons, les lumieres des jours qui changent et illuminent nos environements differemment, les instants de beauté fugaces, les satisfactions legeres de reussir des choses, etc etc.
pour moi une vie tumultueuse est forcement precaire, douloureuse, incertaine et donc inconfortable, et en finalité dangereuse.
je ne souhaite pas vivre dans le danger, j'aspire a une vie confortable, previsible, ponctuée d'initiatives et de prises de risques mesurées afin de moduler certaines variations qui viendraient diversifier quelque peu le cours des choses. Mais pas de seismes.
C'est la continuité et les efforts pour la maintenir qui permettent aux civilisation de prosperer et donc de permettre aux genies d'emerger, d'avoir des vies tumultueuses et de produire des élans vitaux.
mais je pense que 95, si ce n'est 99% des gens devraient aspirer vers une vie calme et ordonnée.
merci du tag en tout cas, c'est cool de lire tes revues litteraires.
- IVDEA DELENDA EST - PROPTER METVM IVDAEORVM -
il y a un mois
Pascimerisitas
1 mois
Nous partons sur Une vie Parfaite de F.Scott Fitzgerald, petit livre constitué de deux nouvelles.
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Dit comme ça ces nouvelles n’ont rien d’attirant c’est vrai. C’est intéressant quand même de confronter des personnages idéalistes au réel car irl on en rencontre plein des gens qui se font beaucoup d’idées mais ont peu de conscience de comment fonctionnent les choses et donc de la nécessité des compromis.
Autrement je ne suis pas tout à fait d’accord avec ta conclusion, il n’y a pas que l’aventure ou la résignation fataliste qui doivent guider nos vies, la morale est essentielle entre tout ça
Autrement je ne suis pas tout à fait d’accord avec ta conclusion, il n’y a pas que l’aventure ou la résignation fataliste qui doivent guider nos vies, la morale est essentielle entre tout ça
il y a un mois
FreeSurmulot
1 mois
j'aime bien ton analyse mais je dois dire que je rejette en bloc ta conclusion.
accepter la normalité et l'ordinaire ca ne signifie pas se complaire dans la mediocrité et l'ia monotonie.
on peut avoir une vie reglée et avec peu de surprises ou de peripéties et pour autant apprécier la valeur de ce que l'on a, l'enchainement des saisons, les lumieres des jours qui changent et illuminent nos environements differemment, les instants de beauté fugaces, les satisfactions legeres de reussir des choses, etc etc.
pour moi une vie tumultueuse est forcement precaire, douloureuse, incertaine et donc inconfortable, et en finalité dangereuse.
je ne souhaite pas vivre dans le danger, j'aspire a une vie confortable, previsible, ponctuée d'initiatives et de prises de risques mesurées afin de moduler certaines variations qui viendraient diversifier quelque peu le cours des choses. Mais pas de seismes.
C'est la continuité et les efforts pour la maintenir qui permettent aux civilisation de prosperer et donc de permettre aux genies d'emerger, d'avoir des vies tumultueuses et de produire des élans vitaux.
mais je pense que 95, si ce n'est 99% des gens devraient aspirer vers une vie calme et ordonnée.
merci du tag en tout cas, c'est cool de lire tes revues litteraires.
accepter la normalité et l'ordinaire ca ne signifie pas se complaire dans la mediocrité et l'ia monotonie.
on peut avoir une vie reglée et avec peu de surprises ou de peripéties et pour autant apprécier la valeur de ce que l'on a, l'enchainement des saisons, les lumieres des jours qui changent et illuminent nos environements differemment, les instants de beauté fugaces, les satisfactions legeres de reussir des choses, etc etc.
pour moi une vie tumultueuse est forcement precaire, douloureuse, incertaine et donc inconfortable, et en finalité dangereuse.
je ne souhaite pas vivre dans le danger, j'aspire a une vie confortable, previsible, ponctuée d'initiatives et de prises de risques mesurées afin de moduler certaines variations qui viendraient diversifier quelque peu le cours des choses. Mais pas de seismes.
C'est la continuité et les efforts pour la maintenir qui permettent aux civilisation de prosperer et donc de permettre aux genies d'emerger, d'avoir des vies tumultueuses et de produire des élans vitaux.
mais je pense que 95, si ce n'est 99% des gens devraient aspirer vers une vie calme et ordonnée.
merci du tag en tout cas, c'est cool de lire tes revues litteraires.
@clefserrure
C'est vrai, j'admets, je prends un parti pris très radical et arbitraire. J'ai peut-être été un peu trop personnel, parce que j'ai besoin de feu, de tempête et d'éléments. Maintenant bien posé, j'admets qu'on puisse mener une belle vie ordinaire. Flaubert est l'immense écrivain du banal. Mme Bovary, Bouvart et Peruchet, un coeur simple, ce sont trois exemples de vies ordinaires où pourtant la joie et l'intensité sont possibles
En fait, Fitzgerald m'a frustré, parce qu'il promet l'extraordinaire et le fait échouer à chaque fois. Et pas à cause d'un obstacle, simplement à cause du renoncement. C'est ce feu étouffé que je n'accepte pas. Beaucoup de personnes aspirent à une vie ordinaire et c'est très bien, ils n'ont pas besoin de plus, je ne les blâme pas.
En revanche, celui qui aspire à vivre des folies et qui y renonce, je le tolère pas. C'est comme si une femme simple et posée abandonnait son mariage et ses enfants pour vivre une aventure qui ne lui plaît pas. C'est la même chose.
C'est vrai, j'admets, je prends un parti pris très radical et arbitraire. J'ai peut-être été un peu trop personnel, parce que j'ai besoin de feu, de tempête et d'éléments. Maintenant bien posé, j'admets qu'on puisse mener une belle vie ordinaire. Flaubert est l'immense écrivain du banal. Mme Bovary, Bouvart et Peruchet, un coeur simple, ce sont trois exemples de vies ordinaires où pourtant la joie et l'intensité sont possibles
En fait, Fitzgerald m'a frustré, parce qu'il promet l'extraordinaire et le fait échouer à chaque fois. Et pas à cause d'un obstacle, simplement à cause du renoncement. C'est ce feu étouffé que je n'accepte pas. Beaucoup de personnes aspirent à une vie ordinaire et c'est très bien, ils n'ont pas besoin de plus, je ne les blâme pas.
En revanche, celui qui aspire à vivre des folies et qui y renonce, je le tolère pas. C'est comme si une femme simple et posée abandonnait son mariage et ses enfants pour vivre une aventure qui ne lui plaît pas. C'est la même chose.
il y a un mois
Pascimerisitas
1 mois
Nous partons sur Une vie Parfaite de F.Scott Fitzgerald, petit livre constitué de deux nouvelles.
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Il a raison ton Fitzgerald
C'est important que la majorité des gens restent dans la platitude et la golemerie.
Ça permet de créer une toile de fond sur laquelle le reste de l'humanité peut s'amuser
C'est un peu comme comme des PnJ, si il y n'y en avait pas on serait dans la merde.
Si tout le monde se rebelle il n'y a plus d'ordre contre lequel se rebeller et du coup il n'y a plus de rebelles.
C'est important que la majorité des gens restent dans la platitude et la golemerie.
Ça permet de créer une toile de fond sur laquelle le reste de l'humanité peut s'amuser
C'est un peu comme comme des PnJ, si il y n'y en avait pas on serait dans la merde.
Si tout le monde se rebelle il n'y a plus d'ordre contre lequel se rebeller et du coup il n'y a plus de rebelles.
il y a un mois
Pascimerisitas
1 mois
Nous partons sur Une vie Parfaite de F.Scott Fitzgerald, petit livre constitué de deux nouvelles.
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
La première est la meilleure : un jeune homme brille au lycée, et son professeur moraliste lui met en tête de devenir un exemple de vertu pour toute sa génération, d'être aussi pur qu'il le peut. L'adolescent est complètement fasciné par cet idéal de pureté, et cela le rend lourd, décalé, sexiste. En fait, il se met vraiment à ressembler à un autiste obstiné.
Ce nouveau caractère donne lieu a une situation cocasse avec une autre jeune femme qui mène une existence ordinaire, faite de plaisir et de séductions. D'abord intéressée, elle se prend une série de sermons par ce jeune puriste qui voudrait régler son comportement, contrôler sa vie, la façonner à son idéal.
Le protagoniste se rend très rapidement compte que l'idéal de perfection qui le fascinait depuis plusieurs mois l'empêche de vivre parmi ses semblables, et il fait immédiatement appel à la ruse et à l'alcool pour séduire cette jeune étudiante, renonçant ainsi à la perfection spirituelle.
Dans la seconde nouvelle, rapidement, même procédé : une jeune bourgeoise bien lotie se plaint continuellement de petits détails de sa vie pourtant idéale : elle s'ennuie en tant que mère, en tant que femme, espère mieux, toujours mieux, désire de l'aventure. Mais un personnage mystérieux la recadre par une drôle de psychanalyse, le récit est étrange, à moitié halluciné, un peu brouillon, bien qu'on comprenne les intentions de l'auteur.
Là encore, à la fin, la jeune femme se résout à accepter son rôle, à se satisfaire de la vie ordinaire mais confortable qu'elle mène et à ne pas désirer l'impossible.
A travers ces deux nouvelles, F.Scott Fitzgerald confronte deux idéaux à la réalité. L'impossibilité de l'idéal aboutit ou bien au malheur, ou bien à l'acceptation du réel. Les personnages de Fitzgerald sont sages. Trop sages. C'est une jeunesse résignée qu'il nous présente là, une jeunesse conformiste qui accepte presque par devoir le rôle social qui leur est imposé, parce que c'est la situation la plus confortable, la moins risquée, celle qui procure le moins de peine.
C'est une oeuvre mature, mais trop mature, presque éteinte. Je ne retrouve plus le Fitzgerald fasciné par les grandeurs. Ou bien si, la fascination est toujours là, mais refoulée, éteinte, vaincue.
Que nous dit-il ? Soyez conventionnels, acceptez le fait d'être ordinaires, aspirez à une vie sans problème. Non, je refuse. Plutôt mille douleur que l'ennui ! Le tragique plutôt que la platitude ! Enfin, un peu de chien, merde ! Je comprends la sagesse de Fitzgerald, et son choix est pragmatique, mais je ne peux pas l'accepter effectivement. Je veux que son jeune homme entre en guerre contre une société sournoise, je veux que sa jeune femme quitte son mari, son enfant, et vive mille aventures jusqu'au torride ! Que les deux se brisent contre l'échec s'il le faut, pourquoi essayer si peu ?
Ce sont deux nouvelles sans énergie, sans niak, mais façonnées par un regard perçant et désabusé qui parvient à m'émouvoir
@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Ah oui et salut Kheyoux, ça faisait longtemps avec le goulag, je suis passé te donner une cacahuète de temps en temps mais je pouvais pas t'écrire
il y a un mois
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