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6h42.
Le réveil sonne.
Joris ne sursaute même plus. Il ouvre les yeux directement, comme s’il n’avait jamais vraiment dormi. Plafond blanc. Ligne de fissure au-dessus de l’armoire. Crédit sur 25 ans. Encore 23.

Dans la cuisine, la machine à café gronde. Sa compagne est déjà debout, téléphone à la main. Ils échangent un regard rapide. Aucun mot. Ils savent déjà.

7h28.
Joris démarre la voiture. Toujours la même route. Rond-point. Zone commerciale. File interminable de voitures identiques. Des gens identiques. Des vies copiées-collées.

8h03.
Badge. Bip.
Lumière blanche. Open space. Écrans alignés. Il s’assoit. Allume son ordinateur.
Un collègue lâche un “ça va ?” sans attendre de réponse.
“Oui.”
Réponse automatique. Vide.

11h52.
Il regarde l’heure. Encore. Le temps ne passe pas, il s’étire. Comme une punition lente.

12h26.
Parking. Sandwich sous plastique. Il mange dans sa voiture. Le moteur coupé. Silence. Il observe les autres. Personne ne parle. Juste des gens assis, seuls, dans des voitures financées sur 60 mois.

17h58.
Fin de journée. Enfin.
Mais pour aller où ?

18h41.
Le pavillon. Le fameux objectif.
Pelouse tondue. Clôture propre. Volets gris.
Tout est parfait.
Tout est mort.

À l’intérieur, la télé parle toute seule. Joris ne l’écoute pas. Il s’assoit. Fixe l’écran sans voir.

20h03.
Repas.
“Faut qu’on fasse attention aux dépenses.”
“On partira cet été ou pas ?”
“J’ai vu que les voisins ont changé de voiture.”
Des phrases qui tournent en rond. Comme eux.

22h51.
Dans le lit, lumière éteinte.
Joris scrolle. Encore. Toujours.
Des gens heureux. Des corps parfaits. Des voyages. Des maisons plus grandes que la sienne.

Son pouce s’arrête.

Un vide. Net.

Une pensée monte, plus lourde que les autres :
“J’ai fait tout ce qu’il fallait… alors pourquoi j’ai l’impression d’avoir raté ?”

Silence.

6h42.
Le réveil sonne.
Joris ouvre les yeux.

Rien n’a changé.
il y a 6 mois
:Costard:
il y a 6 mois
ceci
pendant 40 ans
et une fois la retraite on s’ennuie car le lavage de cerveau ne fonctionne plus
il y a 6 mois
lefou
lefou
6 mois
6h42.
Le réveil sonne.
Joris ne sursaute même plus. Il ouvre les yeux directement, comme s’il n’avait jamais vraiment dormi. Plafond blanc. Ligne de fissure au-dessus de l’armoire. Crédit sur 25 ans. Encore 23.

Dans la cuisine, la machine à café gronde. Sa compagne est déjà debout, téléphone à la main. Ils échangent un regard rapide. Aucun mot. Ils savent déjà.

7h28.
Joris démarre la voiture. Toujours la même route. Rond-point. Zone commerciale. File interminable de voitures identiques. Des gens identiques. Des vies copiées-collées.

8h03.
Badge. Bip.
Lumière blanche. Open space. Écrans alignés. Il s’assoit. Allume son ordinateur.
Un collègue lâche un “ça va ?” sans attendre de réponse.
“Oui.”
Réponse automatique. Vide.

11h52.
Il regarde l’heure. Encore. Le temps ne passe pas, il s’étire. Comme une punition lente.

12h26.
Parking. Sandwich sous plastique. Il mange dans sa voiture. Le moteur coupé. Silence. Il observe les autres. Personne ne parle. Juste des gens assis, seuls, dans des voitures financées sur 60 mois.

17h58.
Fin de journée. Enfin.
Mais pour aller où ?

18h41.
Le pavillon. Le fameux objectif.
Pelouse tondue. Clôture propre. Volets gris.
Tout est parfait.
Tout est mort.

À l’intérieur, la télé parle toute seule. Joris ne l’écoute pas. Il s’assoit. Fixe l’écran sans voir.

20h03.
Repas.
“Faut qu’on fasse attention aux dépenses.”
“On partira cet été ou pas ?”
“J’ai vu que les voisins ont changé de voiture.”
Des phrases qui tournent en rond. Comme eux.

22h51.
Dans le lit, lumière éteinte.
Joris scrolle. Encore. Toujours.
Des gens heureux. Des corps parfaits. Des voyages. Des maisons plus grandes que la sienne.

Son pouce s’arrête.

Un vide. Net.

Une pensée monte, plus lourde que les autres :
“J’ai fait tout ce qu’il fallait… alors pourquoi j’ai l’impression d’avoir raté ?”

Silence.

6h42.
Le réveil sonne.
Joris ouvre les yeux.

Rien n’a changé.
il y a 6 mois
joliment dit
c’est quel film ?
il y a 6 mois