Sujet résolu
L'auteur a trouvé une solution à son problème.
Jérôme se lève tous les matins à 6h45. Le réveil sonne, toujours le même bruit, toujours le même geste pour l’éteindre. Il reste quelques secondes allongé, le regard perdu au plafond. Puis il se lève.
À 7h30 il est déjà dans sa voiture, coincé dans les mêmes bouchons que la veille, et probablement ceux de demain. Il fait ses 40 heures par semaine pour 1500 euros. Ce n’est pas le travail de ses rêves, mais Jérôme ne s’en plaint pas. Il se dit qu’au moins, lui, il a un travail.
Au bureau, les journées se ressemblent. Des mails, des tableaux, des pauses café où tout le monde parle de la météo ou du prix de l’essence. Parfois il regarde l’heure et calcule mentalement combien de temps il reste avant 17h30.
Il y a cinq ans, il a signé pour un crédit sur vingt ans. Un appartement correct, rien d’extraordinaire, mais “à lui”. Enfin, à lui… et surtout à la banque pour encore quinze ans.
Magalie vit avec lui. Elle travaille aussi, pas très loin, dans un autre bureau avec les mêmes néons blancs et les mêmes pauses café. Le soir, ils rentrent souvent à peu près à la même heure. Ils mangent ensemble, parlent un peu de leur journée… des collègues, d’un client pénible, d’un mail mal compris.
Parfois ils regardent une série sur le canapé. Magalie s’endort avant la fin de l’épisode. Jérôme baisse le volume et reste encore un peu devant l’écran.
Chaque mois, le prélèvement du crédit tombe. Jérôme ne regarde même plus vraiment son compte. Il sait juste qu’il faut que ça continue. Travailler, payer, recommencer.
Il ne déteste pas sa vie. Magalie non plus. Ils disent souvent que ça pourrait être pire.
Mais parfois, juste avant de s’endormir, Jérôme se demande si c’est vraiment ça qu’il était censé faire pendant quarante ans. Il regarde Magalie qui dort déjà.
Puis il met son réveil.
Après tout, ils ont un travail. Et c’est déjà pas mal.
À 7h30 il est déjà dans sa voiture, coincé dans les mêmes bouchons que la veille, et probablement ceux de demain. Il fait ses 40 heures par semaine pour 1500 euros. Ce n’est pas le travail de ses rêves, mais Jérôme ne s’en plaint pas. Il se dit qu’au moins, lui, il a un travail.
Au bureau, les journées se ressemblent. Des mails, des tableaux, des pauses café où tout le monde parle de la météo ou du prix de l’essence. Parfois il regarde l’heure et calcule mentalement combien de temps il reste avant 17h30.
Il y a cinq ans, il a signé pour un crédit sur vingt ans. Un appartement correct, rien d’extraordinaire, mais “à lui”. Enfin, à lui… et surtout à la banque pour encore quinze ans.
Magalie vit avec lui. Elle travaille aussi, pas très loin, dans un autre bureau avec les mêmes néons blancs et les mêmes pauses café. Le soir, ils rentrent souvent à peu près à la même heure. Ils mangent ensemble, parlent un peu de leur journée… des collègues, d’un client pénible, d’un mail mal compris.
Parfois ils regardent une série sur le canapé. Magalie s’endort avant la fin de l’épisode. Jérôme baisse le volume et reste encore un peu devant l’écran.
Chaque mois, le prélèvement du crédit tombe. Jérôme ne regarde même plus vraiment son compte. Il sait juste qu’il faut que ça continue. Travailler, payer, recommencer.
Il ne déteste pas sa vie. Magalie non plus. Ils disent souvent que ça pourrait être pire.
Mais parfois, juste avant de s’endormir, Jérôme se demande si c’est vraiment ça qu’il était censé faire pendant quarante ans. Il regarde Magalie qui dort déjà.
Puis il met son réveil.
Après tout, ils ont un travail. Et c’est déjà pas mal.
il y a 7 mois
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsJérôme se lève tous les matins à 6h45. Le réveil sonne, toujours le même bruit, toujours le même geste pour l’éteindre. Il reste quelques secondes allongé, le regard perdu au plafond. Puis il se lève.
À 7h30 il est déjà dans sa voiture, coincé dans les mêmes bouchons que la veille, et probablement ceux de demain. Il fait ses 40 heures par semaine pour 1500 euros. Ce n’est pas le travail de ses rêves, mais Jérôme ne s’en plaint pas. Il se dit qu’au moins, lui, il a un travail.
Au bureau, les journées se ressemblent. Des mails, des tableaux, des pauses café où tout le monde parle de la météo ou du prix de l’essence. Parfois il regarde l’heure et calcule mentalement combien de temps il reste avant 17h30.
Il y a cinq ans, il a signé pour un crédit sur vingt ans. Un appartement correct, rien d’extraordinaire, mais “à lui”. Enfin, à lui… et surtout à la banque pour encore quinze ans.
Magalie vit avec lui. Elle travaille aussi, pas très loin, dans un autre bureau avec les mêmes néons blancs et les mêmes pauses café. Le soir, ils rentrent souvent à peu près à la même heure. Ils mangent ensemble, parlent un peu de leur journée… des collègues, d’un client pénible, d’un mail mal compris.
Parfois ils regardent une série sur le canapé. Magalie s’endort avant la fin de l’épisode. Jérôme baisse le volume et reste encore un peu devant l’écran.
Chaque mois, le prélèvement du crédit tombe. Jérôme ne regarde même plus vraiment son compte. Il sait juste qu’il faut que ça continue. Travailler, payer, recommencer.
Il ne déteste pas sa vie. Magalie non plus. Ils disent souvent que ça pourrait être pire.
Mais parfois, juste avant de s’endormir, Jérôme se demande si c’est vraiment ça qu’il était censé faire pendant quarante ans. Il regarde Magalie qui dort déjà.
Puis il met son réveil.
Après tout, ils ont un travail. Et c’est déjà pas mal.
À 7h30 il est déjà dans sa voiture, coincé dans les mêmes bouchons que la veille, et probablement ceux de demain. Il fait ses 40 heures par semaine pour 1500 euros. Ce n’est pas le travail de ses rêves, mais Jérôme ne s’en plaint pas. Il se dit qu’au moins, lui, il a un travail.
Au bureau, les journées se ressemblent. Des mails, des tableaux, des pauses café où tout le monde parle de la météo ou du prix de l’essence. Parfois il regarde l’heure et calcule mentalement combien de temps il reste avant 17h30.
Il y a cinq ans, il a signé pour un crédit sur vingt ans. Un appartement correct, rien d’extraordinaire, mais “à lui”. Enfin, à lui… et surtout à la banque pour encore quinze ans.
Magalie vit avec lui. Elle travaille aussi, pas très loin, dans un autre bureau avec les mêmes néons blancs et les mêmes pauses café. Le soir, ils rentrent souvent à peu près à la même heure. Ils mangent ensemble, parlent un peu de leur journée… des collègues, d’un client pénible, d’un mail mal compris.
Parfois ils regardent une série sur le canapé. Magalie s’endort avant la fin de l’épisode. Jérôme baisse le volume et reste encore un peu devant l’écran.
Chaque mois, le prélèvement du crédit tombe. Jérôme ne regarde même plus vraiment son compte. Il sait juste qu’il faut que ça continue. Travailler, payer, recommencer.
Il ne déteste pas sa vie. Magalie non plus. Ils disent souvent que ça pourrait être pire.
Mais parfois, juste avant de s’endormir, Jérôme se demande si c’est vraiment ça qu’il était censé faire pendant quarante ans. Il regarde Magalie qui dort déjà.
Puis il met son réveil.
Après tout, ils ont un travail. Et c’est déjà pas mal.
Jérôme a 38 ans.
Son réveil sonne à 6h45.
Toujours le même bruit.
Toujours le même geste pour l’éteindre.
Il reste quelques secondes à regarder le plafond. Pas pour réfléchir. Juste pour retarder le moment de se lever.
À 7h30 il est dans sa voiture.
Même route.
Même bouchons.
Même radio qui parle du prix de l’essence et de l’inflation.
Quarante heures par semaine pour 1500 euros.
Jérôme ne se plaint pas.
Il a appris qu’il y a toujours quelqu’un pour dire :
“Au moins t’as un travail.”
Au bureau, les journées sont longues.
Des mails inutiles.
Des tableaux Excel.
Des réunions où personne n’écoute vraiment.
Son chef aime bien faire des petites blagues sur lui devant les autres.
“Ah Jérôme, toujours aussi rapide hein.”
Les collègues rient un peu. Pas méchamment. Juste assez pour qu’il comprenne.
Jérôme sourit aussi.
C’est plus simple.
Parfois on lui refile le boulot que personne ne veut faire.
Parfois on lui parle comme à un stagiaire.
Mais Jérôme ne dit rien.
Parce qu’il a un crédit.
Il y a cinq ans, il a signé pour vingt ans.
Un appartement correct.
Pas grand.
Pas moche.
Juste assez pour qu’une banque possède sa vie jusqu’en 2038.
Magalie vit avec lui.
Elle travaille aussi dans un bureau avec des néons blancs et des pauses café.
Le soir ils mangent ensemble.
Ils parlent un peu de leurs collègues.
D’un client pénible.
D’un mail mal compris.
Parfois ils lancent une série sur Netflix.
Magalie s’endort avant la fin.
Jérôme baisse le volume et reste devant l’écran.
Il n’a pas vraiment envie de dormir.
Il y a six mois, Jérôme a vu un message sur le téléphone de Magalie.
Un prénom.
Un cœur.
Il n’a rien dit.
Le lendemain, il s’est levé à 6h45.
Et il est allé travailler.
Depuis, il sait.
Il sait quand elle “reste un peu plus tard au bureau”.
Il sait quand elle cache son téléphone.
Mais Jérôme ne pose pas de questions.
Parce que partir voudrait dire vendre l’appartement.
Et vendre l’appartement voudrait dire recommencer.
Et Jérôme n’a plus vraiment l’énergie de recommencer.
Le week-end, Jérôme ne fait pas grand-chose.
Il se lève tard.
Il regarde un peu son téléphone.
Il fait parfois les courses.
Il n’a pas vraiment d’amis.
Les quelques potes qu’il avait ont disparu avec les années.
Famille, enfants, déménagements.
Alors Jérôme reste souvent chez lui.
Parfois il regarde des vidéos.
Parfois il fait une sieste.
Le dimanche soir arrive vite.
Trop vite.
Alors il met son réveil pour 6h45.
Dans quinze ans, l’appartement sera enfin à lui.
Il aura 53 ans.
Magalie ne sera probablement plus là.
Et Jérôme se demandera peut-être ce qu’il a fait de sa vie.
Mais il se posera la question tard.
Très tard.
Parce que pendant longtemps, il aura été occupé à faire la seule chose qu’il savait faire :
Continuer.
Son réveil sonne à 6h45.
Toujours le même bruit.
Toujours le même geste pour l’éteindre.
Il reste quelques secondes à regarder le plafond. Pas pour réfléchir. Juste pour retarder le moment de se lever.
À 7h30 il est dans sa voiture.
Même route.
Même bouchons.
Même radio qui parle du prix de l’essence et de l’inflation.
Quarante heures par semaine pour 1500 euros.
Jérôme ne se plaint pas.
Il a appris qu’il y a toujours quelqu’un pour dire :
“Au moins t’as un travail.”
Au bureau, les journées sont longues.
Des mails inutiles.
Des tableaux Excel.
Des réunions où personne n’écoute vraiment.
Son chef aime bien faire des petites blagues sur lui devant les autres.
“Ah Jérôme, toujours aussi rapide hein.”
Les collègues rient un peu. Pas méchamment. Juste assez pour qu’il comprenne.
Jérôme sourit aussi.
C’est plus simple.
Parfois on lui refile le boulot que personne ne veut faire.
Parfois on lui parle comme à un stagiaire.
Mais Jérôme ne dit rien.
Parce qu’il a un crédit.
Il y a cinq ans, il a signé pour vingt ans.
Un appartement correct.
Pas grand.
Pas moche.
Juste assez pour qu’une banque possède sa vie jusqu’en 2038.
Magalie vit avec lui.
Elle travaille aussi dans un bureau avec des néons blancs et des pauses café.
Le soir ils mangent ensemble.
Ils parlent un peu de leurs collègues.
D’un client pénible.
D’un mail mal compris.
Parfois ils lancent une série sur Netflix.
Magalie s’endort avant la fin.
Jérôme baisse le volume et reste devant l’écran.
Il n’a pas vraiment envie de dormir.
Il y a six mois, Jérôme a vu un message sur le téléphone de Magalie.
Un prénom.
Un cœur.
Il n’a rien dit.
Le lendemain, il s’est levé à 6h45.
Et il est allé travailler.
Depuis, il sait.
Il sait quand elle “reste un peu plus tard au bureau”.
Il sait quand elle cache son téléphone.
Mais Jérôme ne pose pas de questions.
Parce que partir voudrait dire vendre l’appartement.
Et vendre l’appartement voudrait dire recommencer.
Et Jérôme n’a plus vraiment l’énergie de recommencer.
Le week-end, Jérôme ne fait pas grand-chose.
Il se lève tard.
Il regarde un peu son téléphone.
Il fait parfois les courses.
Il n’a pas vraiment d’amis.
Les quelques potes qu’il avait ont disparu avec les années.
Famille, enfants, déménagements.
Alors Jérôme reste souvent chez lui.
Parfois il regarde des vidéos.
Parfois il fait une sieste.
Le dimanche soir arrive vite.
Trop vite.
Alors il met son réveil pour 6h45.
Dans quinze ans, l’appartement sera enfin à lui.
Il aura 53 ans.
Magalie ne sera probablement plus là.
Et Jérôme se demandera peut-être ce qu’il a fait de sa vie.
Mais il se posera la question tard.
Très tard.
Parce que pendant longtemps, il aura été occupé à faire la seule chose qu’il savait faire :
Continuer.
il y a 7 mois
D'où l'intérêt de faire des gosses. Ça donne vraiment un but
À chaque solution son problème.
il y a 7 mois





















