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Le 8 février 1871, les citoyens français furent appelés à élire une Assemblée nationale. Partout dans le pays, les partisans de la poursuite de la guerre, menés par Gambetta, s’opposaient aux listes favorables à la paix, dirigées par des conservateurs et des républicains modérés.
Dominée par les monarchistes, la nouvelle Assemblée nomma Thiers, orléaniste, à la tête du pouvoir exécutif de la République française.
Bref rappel de la situation en janvier :
Le 6 janvier, les délégués des vingt arrondissements de Paris firent afficher un nouveau « placard rouge », dénonçant l’incapacité et la trahison du Gouvernement de la Défense nationale et mettant en avant trois mots d’ordre : réquisition générale, rationnement gratuit et attaque de masse. Ce placard rouge se terminait par ces mots : « À bas les obstacles ! À bas les ennemis du Peuple ! Place à la Commune ! »
Le 21 janvier, les délégués de la Garde nationale, des Comités de vigilance et des clubs politiques organisèrent une manifestation sur la Place de l’Hôtel de Ville. Gustave Flourens, commandant des bataillons de Belleville de la Garde nationale, fut libéré de la prison de Mazas (où il avait été détenu suite à l’insurrection du 31 octobre 1870). Le soir même, Louis Trochu—tenu responsable de l’échec de la deuxième bataille de Buzenval—remit le commandement en chef de l’Armée de Paris à Joseph Vinoy.
Le 22 janvier, la foule se rassembla sur la Place de l’Hôtel de Ville. Louise Michel prit les armes pour la première fois. Les gardes mobiles ouvrirent le feu et la foule se dispersa. Le bilan de la répression fut de cinq morts (dont Théodore Sapia) ; 83 insurgés furent arrêtés et 72 emprisonnés, parmi eux Charles Delescluze, d’abord à la forteresse de Vincennes, puis à la prison de la Santé. Plusieurs journaux furent interdits, dont Le Réveil, dirigé par Delescluze, et Le Combat, dirigé par Félix Pyat.
Après la capitulation de la France le 26 janvier 1871, l’armistice du 28 janvier, signé par Jules Favre et Bismarck, prévoyait l’organisation des élections par le Gouvernement de la Défense nationale. Cet armistice apparut ainsi aux Parisiens—qui avaient enduré le siège et espéraient une défense jusqu’au bout—comme une honteuse reddition.
Le 6 février 1871, Gambetta démissionna de son poste de ministre de l’Intérieur et exhorta les préfets à organiser les élections.
Pour les élections du 8 février, les listes électorales furent finalisées en quelques jours seulement et la campagne électorale fut pratiquement inexistante. Dans les chefs-lieux de département, souvent dans les locaux de journaux, des comités improvisés sélectionnèrent à la hâte les candidats, dont beaucoup étaient encore en service dans l’armée.
Le cadre électoral fut fixé par le décret du 29 janvier 1871, qui reprenait largement celui du 15 septembre 1870. Abandonnant le scrutin uninominal à deux tours en vigueur sous l’Empire, le gouvernement revint à la loi républicaine du 15 mars 1849 établissant le vote de liste. Le vote devait désormais se dérouler au chef-lieu cantonal, une mesure perçue comme un véritable « affront » par les populations, habituées sous le Second Empire à voter dans leur propre commune. Comme en 1849, cette disposition visait à encourager l’abstention parmi les populations rurales conservatrices.
Néanmoins, les conservateurs réussirent à former de larges listes d’unité, rassemblant diverses tendances, de la bourgeoisie libérale proche de Thiers aux courants monarchistes. Au sein de cette coalition hétérogène, l’hostilité envers Gambetta et la politique de la « guerre à outrance » constituait le principal facteur de cohésion. Alors que ces listes se présentaient comme unies autour des thèmes de la paix et des libertés, elles restaient délibérément discrètes sur la question du régime politique. Les républicains, de leur côté, apparaissaient profondément divisés lorsqu’il s’agissait de choisir entre continuer la guerre et conclure la paix.
Comme en 1849, le système de liste adopté était majoritaire : les candidats étaient déclarés élus dans l’ordre décroissant du nombre de suffrages obtenus, la majorité relative étant en principe suffisante. Cependant, aucun candidat ne pouvait être élu s’il n’avait obtenu au moins un huitième des électeurs inscrits ; à défaut, un second tour avait lieu. En pratique, un grand nombre de députés furent néanmoins élus au premier tour à la majorité relative. Thiers fut ainsi élu dans vingt-six départements, ce qui constitua une forme de plébiscite, conduisant à sa nomination à la tête du pouvoir exécutif. Gambetta, pour sa part, fut élu dans neuf départements. L’abstention fut importante, mais son ampleur reste difficile à évaluer : le nombre d’électeurs inscrits est rarement mentionné dans les registres officiels, conséquence directe des conditions matérielles dans lesquelles le vote eut lieu.
Dominée par les monarchistes, la nouvelle Assemblée nomma Thiers, orléaniste, à la tête du pouvoir exécutif de la République française.
Bref rappel de la situation en janvier :
Le 6 janvier, les délégués des vingt arrondissements de Paris firent afficher un nouveau « placard rouge », dénonçant l’incapacité et la trahison du Gouvernement de la Défense nationale et mettant en avant trois mots d’ordre : réquisition générale, rationnement gratuit et attaque de masse. Ce placard rouge se terminait par ces mots : « À bas les obstacles ! À bas les ennemis du Peuple ! Place à la Commune ! »
Le 21 janvier, les délégués de la Garde nationale, des Comités de vigilance et des clubs politiques organisèrent une manifestation sur la Place de l’Hôtel de Ville. Gustave Flourens, commandant des bataillons de Belleville de la Garde nationale, fut libéré de la prison de Mazas (où il avait été détenu suite à l’insurrection du 31 octobre 1870). Le soir même, Louis Trochu—tenu responsable de l’échec de la deuxième bataille de Buzenval—remit le commandement en chef de l’Armée de Paris à Joseph Vinoy.
Le 22 janvier, la foule se rassembla sur la Place de l’Hôtel de Ville. Louise Michel prit les armes pour la première fois. Les gardes mobiles ouvrirent le feu et la foule se dispersa. Le bilan de la répression fut de cinq morts (dont Théodore Sapia) ; 83 insurgés furent arrêtés et 72 emprisonnés, parmi eux Charles Delescluze, d’abord à la forteresse de Vincennes, puis à la prison de la Santé. Plusieurs journaux furent interdits, dont Le Réveil, dirigé par Delescluze, et Le Combat, dirigé par Félix Pyat.
Après la capitulation de la France le 26 janvier 1871, l’armistice du 28 janvier, signé par Jules Favre et Bismarck, prévoyait l’organisation des élections par le Gouvernement de la Défense nationale. Cet armistice apparut ainsi aux Parisiens—qui avaient enduré le siège et espéraient une défense jusqu’au bout—comme une honteuse reddition.
Le 6 février 1871, Gambetta démissionna de son poste de ministre de l’Intérieur et exhorta les préfets à organiser les élections.
Pour les élections du 8 février, les listes électorales furent finalisées en quelques jours seulement et la campagne électorale fut pratiquement inexistante. Dans les chefs-lieux de département, souvent dans les locaux de journaux, des comités improvisés sélectionnèrent à la hâte les candidats, dont beaucoup étaient encore en service dans l’armée.
Le cadre électoral fut fixé par le décret du 29 janvier 1871, qui reprenait largement celui du 15 septembre 1870. Abandonnant le scrutin uninominal à deux tours en vigueur sous l’Empire, le gouvernement revint à la loi républicaine du 15 mars 1849 établissant le vote de liste. Le vote devait désormais se dérouler au chef-lieu cantonal, une mesure perçue comme un véritable « affront » par les populations, habituées sous le Second Empire à voter dans leur propre commune. Comme en 1849, cette disposition visait à encourager l’abstention parmi les populations rurales conservatrices.
Néanmoins, les conservateurs réussirent à former de larges listes d’unité, rassemblant diverses tendances, de la bourgeoisie libérale proche de Thiers aux courants monarchistes. Au sein de cette coalition hétérogène, l’hostilité envers Gambetta et la politique de la « guerre à outrance » constituait le principal facteur de cohésion. Alors que ces listes se présentaient comme unies autour des thèmes de la paix et des libertés, elles restaient délibérément discrètes sur la question du régime politique. Les républicains, de leur côté, apparaissaient profondément divisés lorsqu’il s’agissait de choisir entre continuer la guerre et conclure la paix.
Comme en 1849, le système de liste adopté était majoritaire : les candidats étaient déclarés élus dans l’ordre décroissant du nombre de suffrages obtenus, la majorité relative étant en principe suffisante. Cependant, aucun candidat ne pouvait être élu s’il n’avait obtenu au moins un huitième des électeurs inscrits ; à défaut, un second tour avait lieu. En pratique, un grand nombre de députés furent néanmoins élus au premier tour à la majorité relative. Thiers fut ainsi élu dans vingt-six départements, ce qui constitua une forme de plébiscite, conduisant à sa nomination à la tête du pouvoir exécutif. Gambetta, pour sa part, fut élu dans neuf départements. L’abstention fut importante, mais son ampleur reste difficile à évaluer : le nombre d’électeurs inscrits est rarement mentionné dans les registres officiels, conséquence directe des conditions matérielles dans lesquelles le vote eut lieu.
il y a 5 mois
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsL’Assemblée nationale devait théoriquement comprendre 768 sièges, dont quinze réservés aux représentants des colonies. En réalité, sur les 753 sièges métropolitains, seulement 675 furent effectivement pourvus, en raison de soixante-dix-huit élections multiples. Dans une France accablée par la défaite, l’électorat se tourna largement vers ses élites traditionnelles. Jules Simon lui-même remarqua la surprise suscitée par le grand nombre de députés légitimistes élus—véritables « revenants » à la vie politique, souvent peu expérimentés au parlement. De toutes les assemblées parlementaires françaises, celle-ci accorda la plus grande place à la noblesse : selon Jean Becarud, elle comprenait 225 nobles, soit près d’un tiers des membres élus. Dans la France rurale et conservatrice, les populations campagnardes se tournèrent donc vers leurs dirigeants traditionnels. Il convient toutefois de souligner que ce mouvement avait déjà commencé à se dessiner lors des élections aux conseils généraux à la fin du Second Empire ; plus largement, il consacrait l’influence des propriétaires terriens résidant sur leurs domaines.
Les membres de l’Assemblée présentaient également un âge moyen relativement élevé, et 27 % d’entre eux avaient déjà siégé dans une assemblée législative. Les clivages politiques n’étaient pas encore clairement stabilisés : les monarchistes détenaient environ 400 sièges, les républicains—des modérés aux radicaux—près de 250, tandis que les bonapartistes formaient un groupe marginal, principalement issu de la Corse ou des Charentes. C’est à cette Assemblée qu’incomba la lourde responsabilité de conclure la paix, de reconstruire le pays et de trancher la question du futur régime politique de la France.
Les membres de l’Assemblée présentaient également un âge moyen relativement élevé, et 27 % d’entre eux avaient déjà siégé dans une assemblée législative. Les clivages politiques n’étaient pas encore clairement stabilisés : les monarchistes détenaient environ 400 sièges, les républicains—des modérés aux radicaux—près de 250, tandis que les bonapartistes formaient un groupe marginal, principalement issu de la Corse ou des Charentes. C’est à cette Assemblée qu’incomba la lourde responsabilité de conclure la paix, de reconstruire le pays et de trancher la question du futur régime politique de la France.
il y a 5 mois
Dans ce contexte, les royalistes remportèrent une large majorité de sièges, avec 214 orléanistes et 182 légitimistes élus. Les élections du 8 février constituèrent donc une véritable défaite pour les républicains, et encore plus pour les radicaux. L’Union républicaine de Gambetta, bien que celui-ci ait été élu dans huit départements, ne remporta qu’une quarantaine de sièges, parmi lesquels Louis Blanc, Alphonse Gent, Émile Littré, Georges Clemenceau et Arthur Ranc. Giuseppe Garibaldi fut élu député pour Nice, Paris, la Côte-d’Or et Alger—à une époque où les candidatures multiples étaient encore permises. Cependant, les parlementaires majoritairement monarchistes, alarmés par son soutien à un programme séparatiste pour Nice, l’empêchèrent de s’exprimer à la tribune sous les insultes et les quolibets. Son élection fut invalidée dès le 13 février par l’Assemblée nationale siégeant à Bordeaux—Paris étant alors sous la présence des troupes prussiennes et les bouleversements de la Commune—sous le prétexte fallacieux qu’il n’était pas français, bien qu’il fût né lors de la première annexion de Nice par la France.
En revanche, les républicains modérés, dirigés par les « quatre Jules »—Jules Favre, Jules Ferry, Jules Grévy et Jules Simon—dépassèrent largement le seuil des cent membres élus. Ils furent suivis par les libéraux formant le « centre-gauche », regroupés autour de Thiers. Issus en grande partie de la grande bourgeoisie libérale d’inspiration orléaniste, ces députés partageaient un engagement ferme envers les principes du libéralisme politique et économique, qui les distinguait de la droite monarchiste, ainsi qu’une conception conservatrice de l’ordre social, qui les séparait des autres courants républicains. C’est sur cette base—que l’on peut qualifier de « libéralisme intégral »—que se forma le groupe parlementaire du centre-gauche, destiné à jouer un rôle majeur dans l’établissement de la Troisième République, hostile à la fois à la Commune et aux mouvements socialistes.
Quarante-trois socialistes révolutionnaires furent présentés comme candidats aux élections par l’Internationale, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et la délégation des vingt arrondissements de Paris. Sept furent élus.
Liste des socialistes élus :
Frédéric Cournet – 33 ans
Charles Delescluze – 61 ans
Ferdinand Gambon – 50 ans
Benoît Malon – 29 ans
Félix Pyat – 60 ans
Eugène Razoua – 40 ans
Henri Tolain – 42 ans
En revanche, les républicains modérés, dirigés par les « quatre Jules »—Jules Favre, Jules Ferry, Jules Grévy et Jules Simon—dépassèrent largement le seuil des cent membres élus. Ils furent suivis par les libéraux formant le « centre-gauche », regroupés autour de Thiers. Issus en grande partie de la grande bourgeoisie libérale d’inspiration orléaniste, ces députés partageaient un engagement ferme envers les principes du libéralisme politique et économique, qui les distinguait de la droite monarchiste, ainsi qu’une conception conservatrice de l’ordre social, qui les séparait des autres courants républicains. C’est sur cette base—que l’on peut qualifier de « libéralisme intégral »—que se forma le groupe parlementaire du centre-gauche, destiné à jouer un rôle majeur dans l’établissement de la Troisième République, hostile à la fois à la Commune et aux mouvements socialistes.
Quarante-trois socialistes révolutionnaires furent présentés comme candidats aux élections par l’Internationale, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et la délégation des vingt arrondissements de Paris. Sept furent élus.
Liste des socialistes élus :
Frédéric Cournet – 33 ans
Charles Delescluze – 61 ans
Ferdinand Gambon – 50 ans
Benoît Malon – 29 ans
Félix Pyat – 60 ans
Eugène Razoua – 40 ans
Henri Tolain – 42 ans
il y a 5 mois
J'ai jamais compris si la commune c'était des natios deter ou bien l'équivalent des wokes à cheveux bleus de la nupes qu'on a aujourd'hui.
il y a 5 mois
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