Ce sujet a été résolu
Je vais commencer ce topic par cette observation qui je pense est le point central de notre désaccord :
L'empathie n'est pas universelle. Et c'est le problème.
On va partir d'un constat simple : en Occident, on considère comme évident que tous les êtres humains ont une valeur égale, que le faible mérite d'être protégé, que l'étranger a des droits, que la victime a raison sur le bourreau. On trouve ça naturel. Normal. Universel.
Ça ne l'est pas.
Un Romain du IIe siècle exposait les bébés difformes aux portes de la ville et ne voyait pas le problème. L'esclavage était le moteur de l'économie et personne ne s'en offusquait moralement. Dans la plupart des cultures humaines, la solidarité s'arrête au clan, à la tribu, au groupe. L'étranger c'est au mieux un outil, au pire un ennemi. L'idée qu'on devrait aimer son prochain, y compris celui qui ne nous ressemble pas, c'est une aberration historique.
Cette aberration a un nom : le christianisme.
C'est le christianisme qui a introduit l'idée folle que le dernier sera le premier, que la victime a une dignité supérieure au bourreau, que chaque être humain, esclave, femme, enfant, étranger, est à l'image de Dieu et donc sacré. Avant ça, la force faisait le droit. Après, il a fallu au moins faire semblant de se justifier autrement.
Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières ont fait un pari : on va garder la morale chrétienne, la charité, la fraternité, l'égalité, mais on va virer le Dieu qui la fonde. On garde les fruits, on coupe l'arbre. La République française s'est construite là-dessus. Jules Ferry voulait une morale laïque qui serait "la morale chrétienne moins le christianisme".
Pendant deux siècles, ça a à peu près tenu. Pourquoi ? Parce qu'on roulait sur l'élan. Quinze siècles de christianisme avaient tellement imprégné les mentalités que les valeurs semblaient aller de soi. On pouvait se proclamer athée et républicain tout en vivant selon une éthique profondément chrétienne sans le savoir.
Le problème c'est qu'un héritage non entretenu finit par se dissiper.
Aujourd'hui on vit la fin de l'inertie. Chaque génération est un peu plus coupée des sources. Les valeurs qu'on croyait naturelles commencent à flotter dans le vide, sans fondement, sans justification. Pourquoi l'égalité ? Pourquoi l'empathie ? Pourquoi protéger le faible plutôt que l'éliminer au nom de l'efficacité ? Si tu enlèves "parce que Dieu l'a voulu", il reste quoi ? Le contrat social ? L'intérêt bien compris ? Ça ne tient pas face à quelqu'un qui décide que son intérêt c'est d'exploiter les autres.
Et surtout, ça ne tient pas face à des gens qui, eux, croient en quelque chose.
Voilà où je veux en venir. La gauche, pas toute la gauche, mais celle qu'on pourrait appeler la gauche morale, la gauche des bons sentiments, est aujourd'hui la plus chrétienne de toutes les forces politiques. Elle a internalisé l'amour du prochain, la défense du faible, la culpabilité face à la victime, la méfiance envers la force. Elle est pétrie de christianisme jusqu'à la moelle.
Et elle ne le sait pas.
Pire, elle méprise la source de ses propres valeurs. Elle voit dans le christianisme un archaïsme, une oppression, un vestige réactionnaire. Elle se croit universaliste alors qu'elle est l'héritière d'une tradition très particulière. Elle pense que son empathie est la norme humaine alors que c'est une exception historique.
Cette cécité a des conséquences concrètes.
Mais avant d'aller plus loin, il faut poser une question : c'est quoi, l'empathie ? Pas le mot qu'on utilise à tort et à travers, pas le concept dévoyé par le marketing politique. L'empathie réelle.
L'empathie c'est la capacité de se voir dans l'autre. De reconnaître en lui quelque chose de soi. De comprendre, pas abstraitement mais viscéralement, que sa souffrance pourrait être la mienne, que sa joie m'est accessible, que son humanité est la même que la mienne. C'est pas un calcul, c'est pas une stratégie, c'est une reconnaissance immédiate.
Et c'est ça qui fait tenir une société. Pas les lois, pas les institutions, pas la police. Tout ça c'est du secondaire. Ce qui fait qu'on ne se vole pas, qu'on ne se tue pas, qu'on coopère avec des inconnus, c'est d'abord cette capacité à voir l'autre comme un semblable. Sans ça, aucune règle ne tient. Tu peux pas mettre un flic derrière chaque citoyen.
Le problème c'est que l'empathie authentique est devenue rare, et qu'on l'a remplacée par des contrefaçons.
La première contrefaçon c'est l'altruisme. On confond souvent les deux, mais c'est pas la même chose. L'altruisme pur, désintéressé, ça n'existe pas. Chaque acte "altruiste" a un bénéfice pour celui qui le fait : reconnaissance sociale, sentiment de supériorité morale, apaisement de la culpabilité, espoir de réciprocité. C'est pas une critique, c'est un constat. Les humains fonctionnent comme ça. Même le don le plus généreux nourrit l'ego de celui qui donne.
L'empathie c'est différent. C'est pas faire quelque chose pour l'autre, c'est ressentir avec l'autre. Ça peut mener à l'action ou pas. Mais c'est d'abord une connexion, pas une transaction.
La deuxième contrefaçon, et c'est celle qui gangrène notre époque, c'est le virtue signaling. L'affichage de vertu. C'est faire savoir qu'on est du bon côté, qu'on a les bonnes opinions, qu'on s'indigne des bonnes choses. Ça ne coûte rien. Un post Instagram, un hashtag, une photo de profil avec le filtre du moment. Aucun sacrifice, aucun engagement réel, juste une performance sociale qui dit "regardez comme je suis quelqu'un de bien".
Le virtue signaling n'a rien à voir avec l'empathie. C'est même son contraire. L'empathie te connecte à l'autre dans sa singularité. Le virtue signaling te connecte à ton groupe, à ta tribu idéologique. L'autre n'est qu'un prétexte, un accessoire pour ta mise en scène morale. Tu ne le vois pas vraiment. Tu vois ce qu'il représente dans ton système de valeurs affichées.
C'est pour ça que l'empathie de la gauche actuelle est sélective sans qu'elle s'en rende compte. Elle s'émeut pour des catégories, pas pour des individus. Le migrant, la minorité, l'opprimé : des abstractions qui servent à se positionner. Mais la femme voilée de force dans son quartier, l'enseignant menacé pour avoir fait son travail, le juif qui déménage parce qu'il ne peut plus vivre dans certaines villes, l'apostat qui se cache, eux n'existent pas. Ils ne rentrent pas dans la grille. Pire : s'en préoccuper te classerait du mauvais côté.
L'empathie vraie est inconfortable. Elle t'oblige à regarder ce qui dérange, y compris quand ça contredit tes positions. Elle t'oblige à voir l'humanité de ceux que ton camp désigne comme ennemis. Elle t'oblige à reconnaître que la souffrance n'a pas de couleur politique.
Le virtue signaling c'est l'inverse : c'est confortable. Tu sais toujours qui sont les gentils et les méchants. Tu n'as jamais à te remettre en question. Tu n'as jamais à ressentir vraiment, juste à afficher.
Et c'est là que l'islamisme politique a trouvé sa faille. Il a compris que cette gauche-là ne voit pas les individus, elle voit des catégories. Il suffit de se présenter comme une catégorie victime pour obtenir sa protection. Crier à l'islamophobie, c'est activer le réflexe de l'affichage vertueux. Personne ne va vérifier ce qui se passe réellement, personne ne va écouter les voix dissidentes au sein même de la communauté musulmane, personne ne va regarder le projet politique derrière le discours victimaire. Ce serait risquer de se retrouver du mauvais côté, d'être traité de facho, d'être exclu du cercle des gens biens.
C'est pas de l'empathie. C'est de la lâcheté déguisée en vertu.
L'empathie vraie demanderait de se mettre à la place de tout le monde. Y compris de ceux que ton idéologie t'a appris à ignorer. Y compris de ceux qui vivent les conséquences de tes belles idées. Y compris de ceux qui viendront après toi et hériteront du monde que tu laisses.
La question qui compte est simple : est-ce que les valeurs qu'on défend, égalité, liberté, empathie, peuvent survivre sans le socle culturel qui les a produites ? Et est-ce qu'on peut les défendre avec une version dégradée de l'empathie, une empathie de façade qui sert surtout à se sentir supérieur ?
La gauche répond implicitement oui aux deux questions. Elle pense que ces valeurs sont universelles, auto-suffisantes, exportables à l'infini sans conditions. Et elle pense que l'affichage suffit, que les bonnes intentions valent les bons résultats.
L'histoire suggère le contraire. Et si on se trompe sur ce point, on ne perd pas un débat théorique. On perd une civilisation.
L'empathie vraie, c'est pas celle qui se donne bonne conscience. C'est celle qui regarde le réel en face, même quand il dérange, et qui accepte de penser aux conséquences de ses choix, y compris pour ceux qui viendront après nous.
L'empathie n'est pas universelle. Et c'est le problème.
On va partir d'un constat simple : en Occident, on considère comme évident que tous les êtres humains ont une valeur égale, que le faible mérite d'être protégé, que l'étranger a des droits, que la victime a raison sur le bourreau. On trouve ça naturel. Normal. Universel.
Ça ne l'est pas.
Un Romain du IIe siècle exposait les bébés difformes aux portes de la ville et ne voyait pas le problème. L'esclavage était le moteur de l'économie et personne ne s'en offusquait moralement. Dans la plupart des cultures humaines, la solidarité s'arrête au clan, à la tribu, au groupe. L'étranger c'est au mieux un outil, au pire un ennemi. L'idée qu'on devrait aimer son prochain, y compris celui qui ne nous ressemble pas, c'est une aberration historique.
Cette aberration a un nom : le christianisme.
C'est le christianisme qui a introduit l'idée folle que le dernier sera le premier, que la victime a une dignité supérieure au bourreau, que chaque être humain, esclave, femme, enfant, étranger, est à l'image de Dieu et donc sacré. Avant ça, la force faisait le droit. Après, il a fallu au moins faire semblant de se justifier autrement.
Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières ont fait un pari : on va garder la morale chrétienne, la charité, la fraternité, l'égalité, mais on va virer le Dieu qui la fonde. On garde les fruits, on coupe l'arbre. La République française s'est construite là-dessus. Jules Ferry voulait une morale laïque qui serait "la morale chrétienne moins le christianisme".
Pendant deux siècles, ça a à peu près tenu. Pourquoi ? Parce qu'on roulait sur l'élan. Quinze siècles de christianisme avaient tellement imprégné les mentalités que les valeurs semblaient aller de soi. On pouvait se proclamer athée et républicain tout en vivant selon une éthique profondément chrétienne sans le savoir.
Le problème c'est qu'un héritage non entretenu finit par se dissiper.
Aujourd'hui on vit la fin de l'inertie. Chaque génération est un peu plus coupée des sources. Les valeurs qu'on croyait naturelles commencent à flotter dans le vide, sans fondement, sans justification. Pourquoi l'égalité ? Pourquoi l'empathie ? Pourquoi protéger le faible plutôt que l'éliminer au nom de l'efficacité ? Si tu enlèves "parce que Dieu l'a voulu", il reste quoi ? Le contrat social ? L'intérêt bien compris ? Ça ne tient pas face à quelqu'un qui décide que son intérêt c'est d'exploiter les autres.
Et surtout, ça ne tient pas face à des gens qui, eux, croient en quelque chose.
Voilà où je veux en venir. La gauche, pas toute la gauche, mais celle qu'on pourrait appeler la gauche morale, la gauche des bons sentiments, est aujourd'hui la plus chrétienne de toutes les forces politiques. Elle a internalisé l'amour du prochain, la défense du faible, la culpabilité face à la victime, la méfiance envers la force. Elle est pétrie de christianisme jusqu'à la moelle.
Et elle ne le sait pas.
Pire, elle méprise la source de ses propres valeurs. Elle voit dans le christianisme un archaïsme, une oppression, un vestige réactionnaire. Elle se croit universaliste alors qu'elle est l'héritière d'une tradition très particulière. Elle pense que son empathie est la norme humaine alors que c'est une exception historique.
Cette cécité a des conséquences concrètes.
Mais avant d'aller plus loin, il faut poser une question : c'est quoi, l'empathie ? Pas le mot qu'on utilise à tort et à travers, pas le concept dévoyé par le marketing politique. L'empathie réelle.
L'empathie c'est la capacité de se voir dans l'autre. De reconnaître en lui quelque chose de soi. De comprendre, pas abstraitement mais viscéralement, que sa souffrance pourrait être la mienne, que sa joie m'est accessible, que son humanité est la même que la mienne. C'est pas un calcul, c'est pas une stratégie, c'est une reconnaissance immédiate.
Et c'est ça qui fait tenir une société. Pas les lois, pas les institutions, pas la police. Tout ça c'est du secondaire. Ce qui fait qu'on ne se vole pas, qu'on ne se tue pas, qu'on coopère avec des inconnus, c'est d'abord cette capacité à voir l'autre comme un semblable. Sans ça, aucune règle ne tient. Tu peux pas mettre un flic derrière chaque citoyen.
Le problème c'est que l'empathie authentique est devenue rare, et qu'on l'a remplacée par des contrefaçons.
La première contrefaçon c'est l'altruisme. On confond souvent les deux, mais c'est pas la même chose. L'altruisme pur, désintéressé, ça n'existe pas. Chaque acte "altruiste" a un bénéfice pour celui qui le fait : reconnaissance sociale, sentiment de supériorité morale, apaisement de la culpabilité, espoir de réciprocité. C'est pas une critique, c'est un constat. Les humains fonctionnent comme ça. Même le don le plus généreux nourrit l'ego de celui qui donne.
L'empathie c'est différent. C'est pas faire quelque chose pour l'autre, c'est ressentir avec l'autre. Ça peut mener à l'action ou pas. Mais c'est d'abord une connexion, pas une transaction.
La deuxième contrefaçon, et c'est celle qui gangrène notre époque, c'est le virtue signaling. L'affichage de vertu. C'est faire savoir qu'on est du bon côté, qu'on a les bonnes opinions, qu'on s'indigne des bonnes choses. Ça ne coûte rien. Un post Instagram, un hashtag, une photo de profil avec le filtre du moment. Aucun sacrifice, aucun engagement réel, juste une performance sociale qui dit "regardez comme je suis quelqu'un de bien".
Le virtue signaling n'a rien à voir avec l'empathie. C'est même son contraire. L'empathie te connecte à l'autre dans sa singularité. Le virtue signaling te connecte à ton groupe, à ta tribu idéologique. L'autre n'est qu'un prétexte, un accessoire pour ta mise en scène morale. Tu ne le vois pas vraiment. Tu vois ce qu'il représente dans ton système de valeurs affichées.
C'est pour ça que l'empathie de la gauche actuelle est sélective sans qu'elle s'en rende compte. Elle s'émeut pour des catégories, pas pour des individus. Le migrant, la minorité, l'opprimé : des abstractions qui servent à se positionner. Mais la femme voilée de force dans son quartier, l'enseignant menacé pour avoir fait son travail, le juif qui déménage parce qu'il ne peut plus vivre dans certaines villes, l'apostat qui se cache, eux n'existent pas. Ils ne rentrent pas dans la grille. Pire : s'en préoccuper te classerait du mauvais côté.
L'empathie vraie est inconfortable. Elle t'oblige à regarder ce qui dérange, y compris quand ça contredit tes positions. Elle t'oblige à voir l'humanité de ceux que ton camp désigne comme ennemis. Elle t'oblige à reconnaître que la souffrance n'a pas de couleur politique.
Le virtue signaling c'est l'inverse : c'est confortable. Tu sais toujours qui sont les gentils et les méchants. Tu n'as jamais à te remettre en question. Tu n'as jamais à ressentir vraiment, juste à afficher.
Et c'est là que l'islamisme politique a trouvé sa faille. Il a compris que cette gauche-là ne voit pas les individus, elle voit des catégories. Il suffit de se présenter comme une catégorie victime pour obtenir sa protection. Crier à l'islamophobie, c'est activer le réflexe de l'affichage vertueux. Personne ne va vérifier ce qui se passe réellement, personne ne va écouter les voix dissidentes au sein même de la communauté musulmane, personne ne va regarder le projet politique derrière le discours victimaire. Ce serait risquer de se retrouver du mauvais côté, d'être traité de facho, d'être exclu du cercle des gens biens.
C'est pas de l'empathie. C'est de la lâcheté déguisée en vertu.
L'empathie vraie demanderait de se mettre à la place de tout le monde. Y compris de ceux que ton idéologie t'a appris à ignorer. Y compris de ceux qui vivent les conséquences de tes belles idées. Y compris de ceux qui viendront après toi et hériteront du monde que tu laisses.
La question qui compte est simple : est-ce que les valeurs qu'on défend, égalité, liberté, empathie, peuvent survivre sans le socle culturel qui les a produites ? Et est-ce qu'on peut les défendre avec une version dégradée de l'empathie, une empathie de façade qui sert surtout à se sentir supérieur ?
La gauche répond implicitement oui aux deux questions. Elle pense que ces valeurs sont universelles, auto-suffisantes, exportables à l'infini sans conditions. Et elle pense que l'affichage suffit, que les bonnes intentions valent les bons résultats.
L'histoire suggère le contraire. Et si on se trompe sur ce point, on ne perd pas un débat théorique. On perd une civilisation.
L'empathie vraie, c'est pas celle qui se donne bonne conscience. C'est celle qui regarde le réel en face, même quand il dérange, et qui accepte de penser aux conséquences de ses choix, y compris pour ceux qui viendront après nous.
il y a 17 jours
Énorme
J’encule TOUJOURS gateaudemerde avec un saucisson Justin bridou « le généreux »
il y a 17 jours
Et c'est là qu'on arrive au vrai problème : la gauche ne se contente pas de pratiquer le virtue signaling, elle construit une société où c'est ça la nouvelle norme.
Regardez comment fonctionne la respectabilité sociale aujourd'hui, surtout dans les milieux urbains éduqués. T'es pas jugé sur ce que tu fais réellement, sur comment tu traites les gens autour de toi, sur ta capacité à écouter quelqu'un qui pense différemment. T'es jugé sur ce que tu affiches. Les bonnes opinions, les bonnes indignations, les bons combats. Le conformisme idéologique est devenu le prix d'entrée dans le cercle des gens fréquentables.
L'empathie réelle, celle qui te connecte à l'autre dans sa singularité, qui t'oblige à le voir vraiment, même quand il te dérange, elle a disparu du logiciel. Elle a été remplacée par un système de codes, de mots-clés, de positions correctes. Tu coches les cases, t'es quelqu'un de bien. Tu les coches pas, t'es un facho, un réac, quelqu'un qu'on ne fréquente pas.
Et ça produit quoi concrètement ?
Des gens qui ne savent plus se parler. Dès qu'un désaccord apparaît sur un sujet estampillé "sensible", la conversation s'arrête. Pas de curiosité pour comprendre pourquoi l'autre pense ce qu'il pense. Pas d'effort pour chercher ce qu'il y a de vrai dans sa position. Juste l'étiquette, le classement, l'exclusion.
Des amitiés qui explosent sur des désaccords politiques. Des familles fracturées parce qu'un oncle a voté du mauvais côté. Des collègues qu'on évite parce qu'ils ont émis un doute sur le récit officiel. On a remplacé "je ne suis pas d'accord avec toi mais je te respecte" par "si tu penses ça, tu n'es pas quelqu'un de bien et je ne veux plus te connaître".
Une incapacité totale à voir l'humanité de celui qui pense différemment. C'est ça le plus grave. L'empathie, la vraie, c'est justement cette capacité à reconnaître l'autre comme un semblable même quand il t'oppose. À comprendre que quelqu'un peut arriver à des conclusions différentes des tiennes sans être un monstre. La société du virtue signaling a détruit ça. L'adversaire idéologique n'est plus un humain qui se trompe, c'est un ennemi à abattre socialement.
C'est l'inverse exact de ce que l'empathie est censée produire. Une société empathique c'est une société qui tient ensemble malgré les différences. Une société du virtue signaling c'est une société qui se fragmente en tribus morales qui ne se parlent plus.
Et le pire c'est que ceux qui ont construit ça sont persuadés d'être les champions de l'ouverture et de la tolérance. Ils ne voient pas que leur "tolérance" s'arrête exactement à la frontière de leur bulle idéologique. Ils ne voient pas que leur "ouverture" exclut tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Ils ne voient pas qu'ils ont créé une société plus fragmentée, plus intolérante, plus incapable de dialogue que celle qu'ils prétendaient combattre.
L'empathie demande de l'effort, du doute, de l'inconfort. Le virtue signaling ne demande rien, juste de répéter les bonnes phrases aux bons moments. On a choisi la facilité. Et on en paie le prix.
Regardez comment fonctionne la respectabilité sociale aujourd'hui, surtout dans les milieux urbains éduqués. T'es pas jugé sur ce que tu fais réellement, sur comment tu traites les gens autour de toi, sur ta capacité à écouter quelqu'un qui pense différemment. T'es jugé sur ce que tu affiches. Les bonnes opinions, les bonnes indignations, les bons combats. Le conformisme idéologique est devenu le prix d'entrée dans le cercle des gens fréquentables.
L'empathie réelle, celle qui te connecte à l'autre dans sa singularité, qui t'oblige à le voir vraiment, même quand il te dérange, elle a disparu du logiciel. Elle a été remplacée par un système de codes, de mots-clés, de positions correctes. Tu coches les cases, t'es quelqu'un de bien. Tu les coches pas, t'es un facho, un réac, quelqu'un qu'on ne fréquente pas.
Et ça produit quoi concrètement ?
Des gens qui ne savent plus se parler. Dès qu'un désaccord apparaît sur un sujet estampillé "sensible", la conversation s'arrête. Pas de curiosité pour comprendre pourquoi l'autre pense ce qu'il pense. Pas d'effort pour chercher ce qu'il y a de vrai dans sa position. Juste l'étiquette, le classement, l'exclusion.
Des amitiés qui explosent sur des désaccords politiques. Des familles fracturées parce qu'un oncle a voté du mauvais côté. Des collègues qu'on évite parce qu'ils ont émis un doute sur le récit officiel. On a remplacé "je ne suis pas d'accord avec toi mais je te respecte" par "si tu penses ça, tu n'es pas quelqu'un de bien et je ne veux plus te connaître".
Une incapacité totale à voir l'humanité de celui qui pense différemment. C'est ça le plus grave. L'empathie, la vraie, c'est justement cette capacité à reconnaître l'autre comme un semblable même quand il t'oppose. À comprendre que quelqu'un peut arriver à des conclusions différentes des tiennes sans être un monstre. La société du virtue signaling a détruit ça. L'adversaire idéologique n'est plus un humain qui se trompe, c'est un ennemi à abattre socialement.
C'est l'inverse exact de ce que l'empathie est censée produire. Une société empathique c'est une société qui tient ensemble malgré les différences. Une société du virtue signaling c'est une société qui se fragmente en tribus morales qui ne se parlent plus.
Et le pire c'est que ceux qui ont construit ça sont persuadés d'être les champions de l'ouverture et de la tolérance. Ils ne voient pas que leur "tolérance" s'arrête exactement à la frontière de leur bulle idéologique. Ils ne voient pas que leur "ouverture" exclut tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Ils ne voient pas qu'ils ont créé une société plus fragmentée, plus intolérante, plus incapable de dialogue que celle qu'ils prétendaient combattre.
L'empathie demande de l'effort, du doute, de l'inconfort. Le virtue signaling ne demande rien, juste de répéter les bonnes phrases aux bons moments. On a choisi la facilité. Et on en paie le prix.
il y a 17 jours
bien entendu mon topic à fait 30seconde sur jvc c'etais particulièrement à eux que je m'adressais ...
il y a 17 jours
walterJR
17j
bien entendu mon topic à fait 30seconde sur jvc c'etais particulièrement à eux que je m'adressais ...
Ahi
....
......
............
......................
il y a 17 jours
Quel est le plus grand mensonge de tous ? Quel est le pire outrage fait à l'humanité? L'esclavage? L'holocauste? La dictature? Non. C'est l'outil qui modèle tant de vilenie. L'altruisme.
Ceux qui veulent que les autres fassent leur travail en appellent à leur altruisme. Ils leurs demandent d'oublier leurs propres besoins pour penser à ceux des autres. Aux pauvres, à l'armée, au roi, à Dieu. La liste n'en fini pas... 'Combien de catastrophes ont été déclenchées ainsi ? C'est le roi et ses sujets qui allument ensemble les torches de la destruction. C'est cette monumentale aversion, ce vieux mensonge qui a enchainé l'humanité dans un cycle éternel de culpabilité et d'échecs.
Ceux qui veulent que les autres fassent leur travail en appellent à leur altruisme. Ils leurs demandent d'oublier leurs propres besoins pour penser à ceux des autres. Aux pauvres, à l'armée, au roi, à Dieu. La liste n'en fini pas... 'Combien de catastrophes ont été déclenchées ainsi ? C'est le roi et ses sujets qui allument ensemble les torches de la destruction. C'est cette monumentale aversion, ce vieux mensonge qui a enchainé l'humanité dans un cycle éternel de culpabilité et d'échecs.
il y a 17 jours
walterJR
17j
bien entendu mon topic à fait 30seconde sur jvc c'etais particulièrement à eux que je m'adressais ...
après je pense que pour le coup même si y a effectivement des différences bien réelles entre Onche et JVC faut pas se faire d'illusions non plus, ton topic a toute sa place ici
il y a 17 jours
Pomer
17j
Quel est le plus grand mensonge de tous ? Quel est le pire outrage fait à l'humanité? L'esclavage? L'holocauste? La dictature? Non. C'est l'outil qui modèle tant de vilenie. L'altruisme.
Ceux qui veulent que les autres fassent leur travail en appellent à leur altruisme. Ils leurs demandent d'oublier leurs propres besoins pour penser à ceux des autres. Aux pauvres, à l'armée, au roi, à Dieu. La liste n'en fini pas... 'Combien de catastrophes ont été déclenchées ainsi ? C'est le roi et ses sujets qui allument ensemble les torches de la destruction. C'est cette monumentale aversion, ce vieux mensonge qui a enchainé l'humanité dans un cycle éternel de culpabilité et d'échecs.
Ceux qui veulent que les autres fassent leur travail en appellent à leur altruisme. Ils leurs demandent d'oublier leurs propres besoins pour penser à ceux des autres. Aux pauvres, à l'armée, au roi, à Dieu. La liste n'en fini pas... 'Combien de catastrophes ont été déclenchées ainsi ? C'est le roi et ses sujets qui allument ensemble les torches de la destruction. C'est cette monumentale aversion, ce vieux mensonge qui a enchainé l'humanité dans un cycle éternel de culpabilité et d'échecs.
Nietzche dirait que l'altruisme est l'arnaqe des faibles pour enchainer les forts.
Le truc c'est que beaucoup ne font pas la difference entre altruisme et empathie.
le problème c'est pas l'empathie en soi, c'est l'empathie dévoyée, instrumentalisée, transformée en outil de contrôle social ou en posture morale vide.
Le truc c'est que beaucoup ne font pas la difference entre altruisme et empathie.
le problème c'est pas l'empathie en soi, c'est l'empathie dévoyée, instrumentalisée, transformée en outil de contrôle social ou en posture morale vide.
il y a 17 jours
l'empathie est un processus émotionnel, pas moral
tu parles de la différence entre les concepts de bien et de mal là
tu parles de la différence entre les concepts de bien et de mal là
✹⛆𒅒𒈔𖡎𐦂𖨆𐀪𖠋 ⸸ 𝔤𝔬𝔟𝔩𝔦𝔫 ⸸ 𐦂𖨆𐀪𖠋𖡎𒇫𒄆⛆✹
il y a 17 jours
après je pense que pour le coup même si y a effectivement des différences bien réelles entre Onche et JVC faut pas se faire d'illusions non plus, ton topic a toute sa place ici
onche est plutôt à droite, il n'y a pas beaucoup de kheys qui se revendiquent de la gauche morale ici , mais tant mieux si ca peut nourrir des arguments
il y a 17 jours
niknak
17j
l'empathie est un processus émotionnel, pas moral
tu parles de la différence entre les concepts de bien et de mal là
tu parles de la différence entre les concepts de bien et de mal là
Oui, l'empathie est un processus émotionnel. C'est la capacité de ressentir ce que l'autre ressent, de se mettre à sa place affectivement. Ce n'est pas un jugement moral en soi. Tu peux auss ressentir de l'empathie pour quelqu'un et quand même lui faire du mal. Tu peux comprendre la souffrance de ton ennemi et le combattre quand même.
Mais ce que je décris dans mon texte c'est comment cette capacité émotionnelle a été canalisée, institutionnalisée, transformée en socle moral par le christianisme. Le christianisme n'a pas inventé l'empathie comme émotion les humains peuvent la ressentir à des degrés divers en faisant cet effort, mais il a inventé l'idée que cette émotion devait être universalisée et étendue au-delà du clan, qu'elle devait guider le comportement moral.
La distinction que le christianisme fait entre l'émotionnel et le moral est juste theoriquement mais oublie que les deux sont liés. La morale occidentale moderne repose sur cette jonction : en gros ce qui est bien c'est ce qui prend en compte la souffrance de l'autre. L'utilitarisme, les droits de l'homme, la protection du faible, tout ça c'est de l'empathie érigée en principe moral.
Mais ce que je décris dans mon texte c'est comment cette capacité émotionnelle a été canalisée, institutionnalisée, transformée en socle moral par le christianisme. Le christianisme n'a pas inventé l'empathie comme émotion les humains peuvent la ressentir à des degrés divers en faisant cet effort, mais il a inventé l'idée que cette émotion devait être universalisée et étendue au-delà du clan, qu'elle devait guider le comportement moral.
La distinction que le christianisme fait entre l'émotionnel et le moral est juste theoriquement mais oublie que les deux sont liés. La morale occidentale moderne repose sur cette jonction : en gros ce qui est bien c'est ce qui prend en compte la souffrance de l'autre. L'utilitarisme, les droits de l'homme, la protection du faible, tout ça c'est de l'empathie érigée en principe moral.
il y a 17 jours






















