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Mon second pèlerinage pour la divinité Krista se déroula cette fois dans une petite ville baignée de la lumière de Paris, et naguère du clair matin de celui pour qui je perds mon temps d'existence à immortaliser la sienne : Palaiseau.
Mon orientation catastrophique fit de Paris ma Némésis ultime dès mon arrivée, et me fit scander des imprécations exaspérées à l'adresse de tous les facteurs concourant à mes nombreuses erreurs de trajet.
Après une recherche de données infructueuse à la mairie de Palaiseau je me mis à la conquête du très fameux collège privé Ste-Jeanne d'Arc.
À la place je trouvai le collège Saint-Martin qui devait sans nul doute être son digne successeur (la représentation picturale de la bouteuse d'Anglais à l'accueil me confortait dans cette théorie).
https://i.imgur.com/jiYs640.jpeg
Je ne pus hélas pas obtenir de plus formidables clichés, l'établissement étant d'autant plus privé en fin de semaine.
https://i.imgur.com/wyu37Ut.jpeg
https://i.imgur.com/FjPqE95.jpeg
https://i.imgur.com/QRRC1al.jpeg
Plus je parcourais les rues plus je sentais planer sur moi un œil méfiant, et ce n'était pas seulement le regard des passants de classe sociale plus aisée que la mienne ; c'était comme si la ville elle-même trouvait ma présence ici par trop intrusive.
Même les multiples fragrances des rues semblaient me dire doucement mais non sans condescendance "retourne dans ta dimension, ces souvenirs ne t'appartiennent pas".
Mais ce Bourg-Palette-seau, berceau de l'épopée de notre Giga-Moche (ainsi l'appellent les profanes), me réservait une bien plus triste surprise : l'ancienne adresse hypothétique de ma hautaine divinité se trouvait au bout d'une non moins haute pente.
https://i.imgur.com/a13blhc.jpeg
Dès les dix premiers pas dans la rue sacrée mon courage commença à s'effriter sous la pluie fine, tandis que le froid mordait mes cuisses, et mon ventre, faute d'un meilleur emploi, se pris à jouer l'horloge dont les aiguilles indiquaient midi, constatant que le ciel gris autant que ma folie brouillaient mes repères temporels.
Mais un seul pas sur cette maudite pente en angle aigu fournissait une explication suffisante du caractère pathologiquement agressif de mon précepteur.
En montant lourdement mon Golgottha, j'eus l'image d'un gringalet blond, lassé par une journée d'école et le cœur serré à la pensée de la volée de gifles qui allait clore sa journée.
À l'arrivée j'entendis une voix masculine à travers une clôture de bois qui voilait l'édifice.
https://i.imgur.com/Dd9Eejb.jpeg
Mon cerveau fit dérouler immédiatement les crédits de fin de mon plan d'intrusion dans ce que j'espérais être une maisonnette à louer.
https://i.imgur.com/s4GT7hr.jpeg
Je fis sonner la cloche et un jeune homme à l'allure aimable se présenta. Je bredouillai une excuse peu convaincante de mon dérangement, ce qui ne l'empêcha pas de tenter de retrouver dans ses cent mille milliards de synapses le souvenir "d'un couple avec un enfant unique ayant habité dans cette maison".
Malheureusement n'ayant hanté les lieux que depuis peu de temps il ne fut guère précieux dans ma chasse aux fantômes.
Je redirigeai mes recherches sur la modeste petite médiathèque Georges Sand de Palaiseau afin de lubrifier mon imagination par des œuvres qui ont pu être empruntées ou consommées sur place. Mais la modeste petite médiathèque Georges Sand de Palaiseau ne contenait aucune œuvre digne d'intérêt pour Saint-Krista.
À part Garfield.
Bon.
~~
Le temps restant de mon séjour fut alloué à écouter les histoires muettes des rues de la ville, des magasins, oublier qui j'étais et ce que j'étais venu y faire, laisser le lieu exister sans la regarder furtivement par dessus l'épaule d'une vie dont elle ne fait plus partie.
https://i.imgur.com/oGOaFh1.jpeg
https://i.imgur.com/2nuzINa.jpeg
https://i.imgur.com/bk21lsd.jpeg
https://i.imgur.com/V4GfMNe.jpeg
https://i.imgur.com/FwzntIP.jpeg
https://i.imgur.com/eqDYWME.jpeg
https://i.imgur.com/Wi7tPeZ.jpeg
(Notons au passage le paysage flottant dans le vide, comme si Palaiseau ne fut qu'un décor généré à la seule fin d'être habité par la vie de notre Siegfried et dépossédé du superflu sensoriel à son départ).
Puis je repartis le lendemain par la gare routière de Massy, en laissant sur place une carte Navigo encore chargée d'une fausse promesse que les portes s'ouvrent à ceux qui le méritent.
Le vent, le vent, le vent, le vent, de la vie...
Mon orientation catastrophique fit de Paris ma Némésis ultime dès mon arrivée, et me fit scander des imprécations exaspérées à l'adresse de tous les facteurs concourant à mes nombreuses erreurs de trajet.
Après une recherche de données infructueuse à la mairie de Palaiseau je me mis à la conquête du très fameux collège privé Ste-Jeanne d'Arc.
À la place je trouvai le collège Saint-Martin qui devait sans nul doute être son digne successeur (la représentation picturale de la bouteuse d'Anglais à l'accueil me confortait dans cette théorie).
Je ne pus hélas pas obtenir de plus formidables clichés, l'établissement étant d'autant plus privé en fin de semaine.
Plus je parcourais les rues plus je sentais planer sur moi un œil méfiant, et ce n'était pas seulement le regard des passants de classe sociale plus aisée que la mienne ; c'était comme si la ville elle-même trouvait ma présence ici par trop intrusive.
Même les multiples fragrances des rues semblaient me dire doucement mais non sans condescendance "retourne dans ta dimension, ces souvenirs ne t'appartiennent pas".
Mais ce Bourg-Palette-seau, berceau de l'épopée de notre Giga-Moche (ainsi l'appellent les profanes), me réservait une bien plus triste surprise : l'ancienne adresse hypothétique de ma hautaine divinité se trouvait au bout d'une non moins haute pente.
Dès les dix premiers pas dans la rue sacrée mon courage commença à s'effriter sous la pluie fine, tandis que le froid mordait mes cuisses, et mon ventre, faute d'un meilleur emploi, se pris à jouer l'horloge dont les aiguilles indiquaient midi, constatant que le ciel gris autant que ma folie brouillaient mes repères temporels.
Mais un seul pas sur cette maudite pente en angle aigu fournissait une explication suffisante du caractère pathologiquement agressif de mon précepteur.
En montant lourdement mon Golgottha, j'eus l'image d'un gringalet blond, lassé par une journée d'école et le cœur serré à la pensée de la volée de gifles qui allait clore sa journée.
À l'arrivée j'entendis une voix masculine à travers une clôture de bois qui voilait l'édifice.
Mon cerveau fit dérouler immédiatement les crédits de fin de mon plan d'intrusion dans ce que j'espérais être une maisonnette à louer.
Je fis sonner la cloche et un jeune homme à l'allure aimable se présenta. Je bredouillai une excuse peu convaincante de mon dérangement, ce qui ne l'empêcha pas de tenter de retrouver dans ses cent mille milliards de synapses le souvenir "d'un couple avec un enfant unique ayant habité dans cette maison".
Malheureusement n'ayant hanté les lieux que depuis peu de temps il ne fut guère précieux dans ma chasse aux fantômes.
Je redirigeai mes recherches sur la modeste petite médiathèque Georges Sand de Palaiseau afin de lubrifier mon imagination par des œuvres qui ont pu être empruntées ou consommées sur place. Mais la modeste petite médiathèque Georges Sand de Palaiseau ne contenait aucune œuvre digne d'intérêt pour Saint-Krista.
À part Garfield.
Bon.
~~
Le temps restant de mon séjour fut alloué à écouter les histoires muettes des rues de la ville, des magasins, oublier qui j'étais et ce que j'étais venu y faire, laisser le lieu exister sans la regarder furtivement par dessus l'épaule d'une vie dont elle ne fait plus partie.
(Notons au passage le paysage flottant dans le vide, comme si Palaiseau ne fut qu'un décor généré à la seule fin d'être habité par la vie de notre Siegfried et dépossédé du superflu sensoriel à son départ).
Puis je repartis le lendemain par la gare routière de Massy, en laissant sur place une carte Navigo encore chargée d'une fausse promesse que les portes s'ouvrent à ceux qui le méritent.
Le vent, le vent, le vent, le vent, de la vie...
il y a un mois
