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Attention gros classique avec les Contes de Grimm.

Tout le monde connaît, ce sont les contes traditionnels type Blanche Neige, Cendrillon ainsi que d'autres moins connus qui n'ont pas été adaptés par Disney.

J'ai détesté ce bouquin. Je n'en tire vraiment pas grand chose de positif.

D'abord, ce sont des contes à destination des enfants, et leur principale portée est moraliste. C'est quelque chose qui m'insupporte. Les gentils sont gentils par nature, ils sont toujours beaux et ils sont toujours voués au bonheur et à la richesse, même quand ils grandissent dans la pauvreté. Les méchants sont toujours essentiellement méchants, le visage ingrat et voué aux malheurs. Il y a parfois quelques figures neutres ou intermédiaires, mais elles finissent toujours par pencher du côté du bien.

Ce monde binaire n'est jamais remis en question. Au contraire, ces contes n'ont qu'une seule vocation : l'enseignement moral qu'on tire de ces histoires. Les princes sont toujours courageux, car c'est parce qu'ils sont courageux qu'ils sont princes. Alors soyez courageux, et peut-être qu'un jour, vous deviendrez prince, ou riche et reconnu.

Ces contes, leur légende, leur portée, font partie de ce qui a structuré les valeurs patriarcales traditionnelles. Le prince est toujours un séducteur, un conquérant aux désirs impétueux, qui peut se permettre d'enlever des femmes car il est beau, riche et gentil. Les femmes sont ou bien méchantes, ou bien passives. C'est toujours l'obéissance et la soumission qui est valorisée. Aussitôt qu'on a une figure de femme qui agit, c'est une sorcière, une reine infâme, une infanticide.

Rien n'est plus conformiste et ennuyeux que les contes de Grimm. Ces contes encensent les valeurs d'une société chrétienne figée, régie par la morale de l'Eglise et où chacun doit tenir sa place. Le bouquin ressemble davantage à un appareil dogmatique qui sert à formater l'esprit des enfants qu'à un véritable monument de littérature causant des émotions esthétiques.


La construction strictement narrative et littéraire des contes m'agace également. Tout repose sur la vitesse, l'invraisemblance et la répétition. Chaque conte tient en 10 pages, tout doit aller très vite, et les situations n'ont jamais le moindre sens. Cendrillon peut aller au bal si elle trie les lentille en moins d'une heures, un père marie sa fille si sa chaussure est étanche, un père veut tuer ses 12 fils si une fille est la treizième, et tout un tas de bizarreries de ce type. Et comble de l'agacement : la répétition. Les mêmes situations se répètent trois fois avec trois fois les mêmes phrases : la reine jalouse et son miroir magique qui trois fois va venir essayer d'assassiner Blanche Neige, Cendrillon qui trois fois va au bal après avoir réclamé une robe aux oiseaux, un jeune homme qui va passer trois nuits dans un château hanté, Hansel et Gretel qui vont se faire abandonner deux fois dans la forêt. Quand ces situations se répètent, les mêmes phrases entêtantes reviennent comme des mantras, c'est pénible au possible.

J'ajoute cependant que les contes sont riches en images, en idées. A partir d'une même base, de mêmes procédés, les Grimm vont construire des récits très imaginatifs, tous différents, avec une idendité propre. Il y a mille idées par paragraphe. Hansel pour ne pas se faire abandonné dans les bois va ramasser des cailloux la nuit et les sème sur le chemin le lendemain matin. La seconde fois, la porte est fermée alors il ne peut pas ramasser de cailloux. Par conséquent, il va semer les miettes de son pain. Mais au moment de revenir, les oiseaux avaient tout picoré. C'est invraisemblable, mais toujours cohérent et bien pensé.

Par ailleurs, j'affectionne le goût les Grimm pour le gore et le mortifère. C'est presque omniprésent. Ils ne dissimulent ni la mort, ni la souffrance. La reine au miroir magique mange la langue et le cœur d'un sanglier en pensant que ce sont les organes de Blanche Neige, les sœurs de Cendrillon se mutilent les pieds pour essayer de rentrer dans la chaussure, un roi décapite ses deux enfants pour ressusciter un fidèle valet mort par sa faute etc. Il y a quelque chose de cruellement populaire dans ces histoires. Les Grimm s'adressent aux pauvres gens, aux mutilés, aux orphelins, aux miséreux, et ça, ca fait quand même plaisir. C'est ce qui contribue à faire que je ne les déteste pas autant que les adaptations modernes

@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
il y a 6 jours
Refusé, ne volez pas le pseudonyme de monsieur @Resumax2livres
:vous-comprenez2:
SEDES VACANTE, NON SERVIAM MODERATOR
:Antoine:
il y a 6 jours
Refusé, ne volez pas le pseudonyme de monsieur @Resumax2livres
:vous-comprenez2:
Lock je nomi
:Frieren_phoque:
il y a 6 jours
Attention gros classique avec les Contes de Grimm.

Tout le monde connaît, ce sont les contes traditionnels type Blanche Neige, Cendrillon ainsi que d'autres moins connus qui n'ont pas été adaptés par Disney.

J'ai détesté ce bouquin. Je n'en tire vraiment pas grand chose de positif.

D'abord, ce sont des contes à destination des enfants, et leur principale portée est moraliste. C'est quelque chose qui m'insupporte. Les gentils sont gentils par nature, ils sont toujours beaux et ils sont toujours voués au bonheur et à la richesse, même quand ils grandissent dans la pauvreté. Les méchants sont toujours essentiellement méchants, le visage ingrat et voué aux malheurs. Il y a parfois quelques figures neutres ou intermédiaires, mais elles finissent toujours par pencher du côté du bien.

Ce monde binaire n'est jamais remis en question. Au contraire, ces contes n'ont qu'une seule vocation : l'enseignement moral qu'on tire de ces histoires. Les princes sont toujours courageux, car c'est parce qu'ils sont courageux qu'ils sont princes. Alors soyez courageux, et peut-être qu'un jour, vous deviendrez prince, ou riche et reconnu.

Ces contes, leur légende, leur portée, font partie de ce qui a structuré les valeurs patriarcales traditionnelles. Le prince est toujours un séducteur, un conquérant aux désirs impétueux, qui peut se permettre d'enlever des femmes car il est beau, riche et gentil. Les femmes sont ou bien méchantes, ou bien passives. C'est toujours l'obéissance et la soumission qui est valorisée. Aussitôt qu'on a une figure de femme qui agit, c'est une sorcière, une reine infâme, une infanticide.

Rien n'est plus conformiste et ennuyeux que les contes de Grimm. Ces contes encensent les valeurs d'une société chrétienne figée, régie par la morale de l'Eglise et où chacun doit tenir sa place. Le bouquin ressemble davantage à un appareil dogmatique qui sert à formater l'esprit des enfants qu'à un véritable monument de littérature causant des émotions esthétiques.


La construction strictement narrative et littéraire des contes m'agace également. Tout repose sur la vitesse, l'invraisemblance et la répétition. Chaque conte tient en 10 pages, tout doit aller très vite, et les situations n'ont jamais le moindre sens. Cendrillon peut aller au bal si elle trie les lentille en moins d'une heures, un père marie sa fille si sa chaussure est étanche, un père veut tuer ses 12 fils si une fille est la treizième, et tout un tas de bizarreries de ce type. Et comble de l'agacement : la répétition. Les mêmes situations se répètent trois fois avec trois fois les mêmes phrases : la reine jalouse et son miroir magique qui trois fois va venir essayer d'assassiner Blanche Neige, Cendrillon qui trois fois va au bal après avoir réclamé une robe aux oiseaux, un jeune homme qui va passer trois nuits dans un château hanté, Hansel et Gretel qui vont se faire abandonner deux fois dans la forêt. Quand ces situations se répètent, les mêmes phrases entêtantes reviennent comme des mantras, c'est pénible au possible.

J'ajoute cependant que les contes sont riches en images, en idées. A partir d'une même base, de mêmes procédés, les Grimm vont construire des récits très imaginatifs, tous différents, avec une idendité propre. Il y a mille idées par paragraphe. Hansel pour ne pas se faire abandonné dans les bois va ramasser des cailloux la nuit et les sème sur le chemin le lendemain matin. La seconde fois, la porte est fermée alors il ne peut pas ramasser de cailloux. Par conséquent, il va semer les miettes de son pain. Mais au moment de revenir, les oiseaux avaient tout picoré. C'est invraisemblable, mais toujours cohérent et bien pensé.

Par ailleurs, j'affectionne le goût les Grimm pour le gore et le mortifère. C'est presque omniprésent. Ils ne dissimulent ni la mort, ni la souffrance. La reine au miroir magique mange la langue et le cœur d'un sanglier en pensant que ce sont les organes de Blanche Neige, les sœurs de Cendrillon se mutilent les pieds pour essayer de rentrer dans la chaussure, un roi décapite ses deux enfants pour ressusciter un fidèle valet mort par sa faute etc. Il y a quelque chose de cruellement populaire dans ces histoires. Les Grimm s'adressent aux pauvres gens, aux mutilés, aux orphelins, aux miséreux, et ça, ca fait quand même plaisir. C'est ce qui contribue à faire que je ne les déteste pas autant que les adaptations modernes

@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Perso c’est toute mon enfance. Je ne pourrai jamais détester ces oeuvres qui m’ont façonné. Et quand t’es petit, tu ne penses pas aussi loin à propos des valeurs traditionnelles, patriarcales, chrétiennes, et compagnie... donc je pense que tu vas un peu trop loin dans l’analyse, et que ce genre de lecture arrive surtout quand on a atteint une certaine maturité.
Ces oeuvres en plus de transmettre des lecons qui pouvaient être bénéfiques aux enfants de l’époque, servaient aussi à nous faire rêver et à nourrir notre imagination.
Et d'ailleurs, pourquoi détestes tu les adaptations modernes ?
:Chapignon:
Le dragon de @Tocka Image
il y a 6 jours
Perso c’est toute mon enfance. Je ne pourrai jamais détester ces oeuvres qui m’ont façonné. Et quand t’es petit, tu ne penses pas aussi loin à propos des valeurs traditionnelles, patriarcales, chrétiennes, et compagnie... donc je pense que tu vas un peu trop loin dans l’analyse, et que ce genre de lecture arrive surtout quand on a atteint une certaine maturité.
Ces oeuvres en plus de transmettre des lecons qui pouvaient être bénéfiques aux enfants de l’époque, servaient aussi à nous faire rêver et à nourrir notre imagination.
Et d'ailleurs, pourquoi détestes tu les adaptations modernes ?
:Chapignon:
C'est normal. J'ai 27 ans et c'est à cet âge que je lis pour la première fois ces contes. Je ne peux pas avoir un regard d'enfant. Donc, sûrement, je peux pas les aimer.

Mais contrairement à toi, je n'ai jamais grandi avec ces légendes, y compris les films. Mes parents déjà n'aimaient pas. Pour le coup, je n'ai fais que poursuivre leur dégoût pour tout l'appareil Disney.

Du coup, je parle de ces œuvres avec une certaine distance, et même avec froideur. Elles n'ont jamais été dans mon cœur. Ce ne sont que des odes au conformisme, pour moi. Disney d'autant plus qu'ils ont retiré tout l'aspect gore, sombre et cruel pour en faire des objets tout lisses
il y a 6 jours
:zahi:
il y a 6 jours
Jai bien aimé ton resumé je me souviens que j'avais bien aimé étant enfant meme si ca faisait plutot peur via tout l'imaginaire de la forêt, des creatures etc
- IVDEA DELENDA EST - PROPTER METVM IVDAEORVM -
il y a 6 jours
Jai bien aimé ton resumé je me souviens que j'avais bien aimé étant enfant meme si ca faisait plutot peur via tout l'imaginaire de la forêt, des creatures etc
Tu es un tigre du bengale le sang
il y a 5 jours
Perso c’est toute mon enfance. Je ne pourrai jamais détester ces oeuvres qui m’ont façonné. Et quand t’es petit, tu ne penses pas aussi loin à propos des valeurs traditionnelles, patriarcales, chrétiennes, et compagnie... donc je pense que tu vas un peu trop loin dans l’analyse, et que ce genre de lecture arrive surtout quand on a atteint une certaine maturité.
Ces oeuvres en plus de transmettre des lecons qui pouvaient être bénéfiques aux enfants de l’époque, servaient aussi à nous faire rêver et à nourrir notre imagination.
Et d'ailleurs, pourquoi détestes tu les adaptations modernes ?
:Chapignon:
Faut se remettre en question parfois
:Daenerys_Starbucks:


T'es plus un petit garçon
:Daenerys_Starbucks:
il y a 5 jours
il y a 5 jours
Attention gros classique avec les Contes de Grimm.

Tout le monde connaît, ce sont les contes traditionnels type Blanche Neige, Cendrillon ainsi que d'autres moins connus qui n'ont pas été adaptés par Disney.

J'ai détesté ce bouquin. Je n'en tire vraiment pas grand chose de positif.

D'abord, ce sont des contes à destination des enfants, et leur principale portée est moraliste. C'est quelque chose qui m'insupporte. Les gentils sont gentils par nature, ils sont toujours beaux et ils sont toujours voués au bonheur et à la richesse, même quand ils grandissent dans la pauvreté. Les méchants sont toujours essentiellement méchants, le visage ingrat et voué aux malheurs. Il y a parfois quelques figures neutres ou intermédiaires, mais elles finissent toujours par pencher du côté du bien.

Ce monde binaire n'est jamais remis en question. Au contraire, ces contes n'ont qu'une seule vocation : l'enseignement moral qu'on tire de ces histoires. Les princes sont toujours courageux, car c'est parce qu'ils sont courageux qu'ils sont princes. Alors soyez courageux, et peut-être qu'un jour, vous deviendrez prince, ou riche et reconnu.

Ces contes, leur légende, leur portée, font partie de ce qui a structuré les valeurs patriarcales traditionnelles. Le prince est toujours un séducteur, un conquérant aux désirs impétueux, qui peut se permettre d'enlever des femmes car il est beau, riche et gentil. Les femmes sont ou bien méchantes, ou bien passives. C'est toujours l'obéissance et la soumission qui est valorisée. Aussitôt qu'on a une figure de femme qui agit, c'est une sorcière, une reine infâme, une infanticide.

Rien n'est plus conformiste et ennuyeux que les contes de Grimm. Ces contes encensent les valeurs d'une société chrétienne figée, régie par la morale de l'Eglise et où chacun doit tenir sa place. Le bouquin ressemble davantage à un appareil dogmatique qui sert à formater l'esprit des enfants qu'à un véritable monument de littérature causant des émotions esthétiques.


La construction strictement narrative et littéraire des contes m'agace également. Tout repose sur la vitesse, l'invraisemblance et la répétition. Chaque conte tient en 10 pages, tout doit aller très vite, et les situations n'ont jamais le moindre sens. Cendrillon peut aller au bal si elle trie les lentille en moins d'une heures, un père marie sa fille si sa chaussure est étanche, un père veut tuer ses 12 fils si une fille est la treizième, et tout un tas de bizarreries de ce type. Et comble de l'agacement : la répétition. Les mêmes situations se répètent trois fois avec trois fois les mêmes phrases : la reine jalouse et son miroir magique qui trois fois va venir essayer d'assassiner Blanche Neige, Cendrillon qui trois fois va au bal après avoir réclamé une robe aux oiseaux, un jeune homme qui va passer trois nuits dans un château hanté, Hansel et Gretel qui vont se faire abandonner deux fois dans la forêt. Quand ces situations se répètent, les mêmes phrases entêtantes reviennent comme des mantras, c'est pénible au possible.

J'ajoute cependant que les contes sont riches en images, en idées. A partir d'une même base, de mêmes procédés, les Grimm vont construire des récits très imaginatifs, tous différents, avec une idendité propre. Il y a mille idées par paragraphe. Hansel pour ne pas se faire abandonné dans les bois va ramasser des cailloux la nuit et les sème sur le chemin le lendemain matin. La seconde fois, la porte est fermée alors il ne peut pas ramasser de cailloux. Par conséquent, il va semer les miettes de son pain. Mais au moment de revenir, les oiseaux avaient tout picoré. C'est invraisemblable, mais toujours cohérent et bien pensé.

Par ailleurs, j'affectionne le goût les Grimm pour le gore et le mortifère. C'est presque omniprésent. Ils ne dissimulent ni la mort, ni la souffrance. La reine au miroir magique mange la langue et le cœur d'un sanglier en pensant que ce sont les organes de Blanche Neige, les sœurs de Cendrillon se mutilent les pieds pour essayer de rentrer dans la chaussure, un roi décapite ses deux enfants pour ressusciter un fidèle valet mort par sa faute etc. Il y a quelque chose de cruellement populaire dans ces histoires. Les Grimm s'adressent aux pauvres gens, aux mutilés, aux orphelins, aux miséreux, et ça, ca fait quand même plaisir. C'est ce qui contribue à faire que je ne les déteste pas autant que les adaptations modernes

@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Je n’avais jamais relu ni remis en question ces contes depuis mon enfance, et c’est vrai que je pense que j’aurais une analyse proche de la tienne sur le plan moral si je devais m’y replonger aujourd’hui.
:AnyaStream:

J’aimerais bien savoir à quel point cela a pu nous structurer, même si c’est aujourd’hui parfaitement inconscient.
:Chat_fesse:
Image
il y a 5 jours
Tu es un tigre du bengale le sang
:Risita_jul:
- IVDEA DELENDA EST - PROPTER METVM IVDAEORVM -
il y a 4 jours
Attention gros classique avec les Contes de Grimm.

Tout le monde connaît, ce sont les contes traditionnels type Blanche Neige, Cendrillon ainsi que d'autres moins connus qui n'ont pas été adaptés par Disney.

J'ai détesté ce bouquin. Je n'en tire vraiment pas grand chose de positif.

D'abord, ce sont des contes à destination des enfants, et leur principale portée est moraliste. C'est quelque chose qui m'insupporte. Les gentils sont gentils par nature, ils sont toujours beaux et ils sont toujours voués au bonheur et à la richesse, même quand ils grandissent dans la pauvreté. Les méchants sont toujours essentiellement méchants, le visage ingrat et voué aux malheurs. Il y a parfois quelques figures neutres ou intermédiaires, mais elles finissent toujours par pencher du côté du bien.

Ce monde binaire n'est jamais remis en question. Au contraire, ces contes n'ont qu'une seule vocation : l'enseignement moral qu'on tire de ces histoires. Les princes sont toujours courageux, car c'est parce qu'ils sont courageux qu'ils sont princes. Alors soyez courageux, et peut-être qu'un jour, vous deviendrez prince, ou riche et reconnu.

Ces contes, leur légende, leur portée, font partie de ce qui a structuré les valeurs patriarcales traditionnelles. Le prince est toujours un séducteur, un conquérant aux désirs impétueux, qui peut se permettre d'enlever des femmes car il est beau, riche et gentil. Les femmes sont ou bien méchantes, ou bien passives. C'est toujours l'obéissance et la soumission qui est valorisée. Aussitôt qu'on a une figure de femme qui agit, c'est une sorcière, une reine infâme, une infanticide.

Rien n'est plus conformiste et ennuyeux que les contes de Grimm. Ces contes encensent les valeurs d'une société chrétienne figée, régie par la morale de l'Eglise et où chacun doit tenir sa place. Le bouquin ressemble davantage à un appareil dogmatique qui sert à formater l'esprit des enfants qu'à un véritable monument de littérature causant des émotions esthétiques.


La construction strictement narrative et littéraire des contes m'agace également. Tout repose sur la vitesse, l'invraisemblance et la répétition. Chaque conte tient en 10 pages, tout doit aller très vite, et les situations n'ont jamais le moindre sens. Cendrillon peut aller au bal si elle trie les lentille en moins d'une heures, un père marie sa fille si sa chaussure est étanche, un père veut tuer ses 12 fils si une fille est la treizième, et tout un tas de bizarreries de ce type. Et comble de l'agacement : la répétition. Les mêmes situations se répètent trois fois avec trois fois les mêmes phrases : la reine jalouse et son miroir magique qui trois fois va venir essayer d'assassiner Blanche Neige, Cendrillon qui trois fois va au bal après avoir réclamé une robe aux oiseaux, un jeune homme qui va passer trois nuits dans un château hanté, Hansel et Gretel qui vont se faire abandonner deux fois dans la forêt. Quand ces situations se répètent, les mêmes phrases entêtantes reviennent comme des mantras, c'est pénible au possible.

J'ajoute cependant que les contes sont riches en images, en idées. A partir d'une même base, de mêmes procédés, les Grimm vont construire des récits très imaginatifs, tous différents, avec une idendité propre. Il y a mille idées par paragraphe. Hansel pour ne pas se faire abandonné dans les bois va ramasser des cailloux la nuit et les sème sur le chemin le lendemain matin. La seconde fois, la porte est fermée alors il ne peut pas ramasser de cailloux. Par conséquent, il va semer les miettes de son pain. Mais au moment de revenir, les oiseaux avaient tout picoré. C'est invraisemblable, mais toujours cohérent et bien pensé.

Par ailleurs, j'affectionne le goût les Grimm pour le gore et le mortifère. C'est presque omniprésent. Ils ne dissimulent ni la mort, ni la souffrance. La reine au miroir magique mange la langue et le cœur d'un sanglier en pensant que ce sont les organes de Blanche Neige, les sœurs de Cendrillon se mutilent les pieds pour essayer de rentrer dans la chaussure, un roi décapite ses deux enfants pour ressusciter un fidèle valet mort par sa faute etc. Il y a quelque chose de cruellement populaire dans ces histoires. Les Grimm s'adressent aux pauvres gens, aux mutilés, aux orphelins, aux miséreux, et ça, ca fait quand même plaisir. C'est ce qui contribue à faire que je ne les déteste pas autant que les adaptations modernes

@ceinturion @glock @esclavotaf @bouclador @albinus @palance
Il paraît que dans les comte originaux le sort du méchant est beaucoup plus cruel à la fin que dans les dessins animés
:risitas_ahi:
il y a 4 jours