Nous marchons dans le temps comme dans une eau obscure,
Chaque pas interroge le sens de notre trace.
L’existence s’éveille entre peur et murmure,
Une question nue battant sous la surface.
Suis-je ce que je pense, ou ce qui me dépasse ?
Le monde me traverse autant que je le vois.
Je naîs à chaque instant, puis déjà je m’efface,
Fragile frontière entre le rien et le moi.
L’infini n’est pas loin, il respire en silence,
Dans l’espace d’un regard, d’un souffle retenu.
Il s’ouvre quand le cœur consent à l’ignorance,
Quand savoir et vouloir tombent à mains nues.
Je tends vers l’absolu sans jamais l’atteindre,
Comme une étoile appelant la nuit sans fin.
Mon esprit veut saisir, mais doit aussi se rendre,
Car comprendre commence par dire « je ne sais rien ».
Ainsi vivre, peut-être, est un acte de foi,
Non en une réponse, mais en la quête même.
L’existence est un pont jeté au-dessus de soi,
Et l’infini, le pas qui manque et qui nous aime.