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Alès et son agglomération (Gard) font face à une spirale de violence digne des pires faits divers marseillais : huit homicides y ont été perpétrés depuis le printemps, pour la plupart liés au narcotrafic.

Corps carbonisé ligoté à un arbre, exécution sommaire sur un parking, lynchage sur un point de deal... Les méthodes sont brutales et le message est clair : la DZ Mafia a déclaré la guerre aux trafiquants locaux pour étendre son emprise sur le bassin cévenol.

Face à cette déferlante de violence, Me Guillaume Garcia, bâtonnier d'Alès, lance un appel « de détresse ». Le tribunal d'Alès ne dispose ni de juge des enfants ni de parquet des mineurs et cette anomalie se paie au prix fort, en termes d’ordre public, estime-t-il. Les dossiers impliquant majeurs et mineurs sont répartis entre Alès et Nîmes, à une heure de route, compromettant toute politique pénale cohérente.

« De nombreux mineurs, venus d'ailleurs et payés 150 euros par jour, arrivent chez nous pour travailler comme guetteurs, explique au Point le bâtonnier alésien. Ces jeunes, inconnus des magistrats locaux, échappent à toute prévention alors qu’il faudrait agir à la racine pour combattre efficacement cette délinquance juvénile », insiste-t-il. Agir tant qu’il est encore temps pour que les petites mains du trafic ne basculent pas, demain, dans la grande criminalité...

Me Garcia a saisi à plusieurs reprises le garde des Sceaux Gérald Darmanin, mais ses demandes ont été « classées sans suite, sans aucune explication ». « À part agiter le chiffon rouge, je ne sais plus quoi faire », s’émeut le chef de file du barreau d’Alès (53 avocats), qui a invité ses confrères à se rassembler jeudi matin sur les marches du palais. Quelques magistrats, éducateurs et militants associatifs s’étaient joints à eux.

« On ne pensait pas que la violence du narcotrafic gagnerait notre territoire. Aujourd'hui, un sentiment de crainte domine, même parmi nous », soupire-t-il.

Suivant une mécanique implacable en usant de méthodes mafieuses, le narcotrafic gangrène la France. Alès et ses 45 000 habitants ne font plus exception.
:cafe:
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il y a 10 mois