"C’est parce qu’elle ne repose sur rien, parce que l’ombre même d’un argument lui fait défaut que nous persévérons dans la vie. La mort est trop exacte ; toutes les raisons se trouvent de son côté. Mystérieuse pour nos instincts, elle se dessine, devant notre réflexion, limpide, sans prestiges, et sans les faux attraits de l’inconnu.
À force de cumuler des mystères nuls et de monopoliser le non-sens, la vie inspire plus d’effroi que la mort : c’est elle qui est le grand Inconnu.
Où peut mener tant de vide et d’incompréhensible ? Nous nous agrippons aux jours parce que le désir de mourir est trop logique, partant inefficace. Que si la vie avait un seul argument pour elle – distinct, d’une évidence indiscutable – elle s’anéantirait ; les instincts et les préjugés s’évanouissent au contact de la Rigueur. Tout ce qui respire se nourrit d’invérifiable ; un supplément de logique serait funeste à l’existence, – effort vers l’Insensé… Donnez un but précis à la vie : elle perd instantanément son attrait. L’inexactitude de ses fins la rend supérieure à la mort ; – un grain de précision la ravalerait à la trivialité des tombeaux. Car une science positive du sens de la vie dépeuplerait la terre en un jour ; et nul forcené ne parviendrait à y ranimer l’improbabilité féconde du Désir."
À force de cumuler des mystères nuls et de monopoliser le non-sens, la vie inspire plus d’effroi que la mort : c’est elle qui est le grand Inconnu.
Où peut mener tant de vide et d’incompréhensible ? Nous nous agrippons aux jours parce que le désir de mourir est trop logique, partant inefficace. Que si la vie avait un seul argument pour elle – distinct, d’une évidence indiscutable – elle s’anéantirait ; les instincts et les préjugés s’évanouissent au contact de la Rigueur. Tout ce qui respire se nourrit d’invérifiable ; un supplément de logique serait funeste à l’existence, – effort vers l’Insensé… Donnez un but précis à la vie : elle perd instantanément son attrait. L’inexactitude de ses fins la rend supérieure à la mort ; – un grain de précision la ravalerait à la trivialité des tombeaux. Car une science positive du sens de la vie dépeuplerait la terre en un jour ; et nul forcené ne parviendrait à y ranimer l’improbabilité féconde du Désir."
il y a 3 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubs"C’est parce qu’elle ne repose sur rien, parce que l’ombre même d’un argument lui fait défaut que nous persévérons dans la vie. La mort est trop exacte ; toutes les raisons se trouvent de son côté. Mystérieuse pour nos instincts, elle se dessine, devant notre réflexion, limpide, sans prestiges, et sans les faux attraits de l’inconnu.
À force de cumuler des mystères nuls et de monopoliser le non-sens, la vie inspire plus d’effroi que la mort : c’est elle qui est le grand Inconnu.
Où peut mener tant de vide et d’incompréhensible ? Nous nous agrippons aux jours parce que le désir de mourir est trop logique, partant inefficace. Que si la vie avait un seul argument pour elle – distinct, d’une évidence indiscutable – elle s’anéantirait ; les instincts et les préjugés s’évanouissent au contact de la Rigueur. Tout ce qui respire se nourrit d’invérifiable ; un supplément de logique serait funeste à l’existence, – effort vers l’Insensé… Donnez un but précis à la vie : elle perd instantanément son attrait. L’inexactitude de ses fins la rend supérieure à la mort ; – un grain de précision la ravalerait à la trivialité des tombeaux. Car une science positive du sens de la vie dépeuplerait la terre en un jour ; et nul forcené ne parviendrait à y ranimer l’improbabilité féconde du Désir."
À force de cumuler des mystères nuls et de monopoliser le non-sens, la vie inspire plus d’effroi que la mort : c’est elle qui est le grand Inconnu.
Où peut mener tant de vide et d’incompréhensible ? Nous nous agrippons aux jours parce que le désir de mourir est trop logique, partant inefficace. Que si la vie avait un seul argument pour elle – distinct, d’une évidence indiscutable – elle s’anéantirait ; les instincts et les préjugés s’évanouissent au contact de la Rigueur. Tout ce qui respire se nourrit d’invérifiable ; un supplément de logique serait funeste à l’existence, – effort vers l’Insensé… Donnez un but précis à la vie : elle perd instantanément son attrait. L’inexactitude de ses fins la rend supérieure à la mort ; – un grain de précision la ravalerait à la trivialité des tombeaux. Car une science positive du sens de la vie dépeuplerait la terre en un jour ; et nul forcené ne parviendrait à y ranimer l’improbabilité féconde du Désir."
il y a 3 ans
"Qu’importe que je me tourmente, que je souffre ou que je pense ? Ma présence au monde ne fera qu’ébranler, à mon grand regret, quelques existences tranquilles et troubler – à mon regret encore plus grand – la douce inconscience de quelques autres. Bien que je ressente ma propre tragédie comme la plus grave de l’histoire – plus grave encore que la chute des empires ou je ne sais quel éboulement au fond d’une mine – j’ai le sentiment implicite de ma nullité et de mon insignifiance. Je suis persuadé de n’être rien dans l’univers, mais je sens que mon existence est la seule réelle. Bien plus, si je devais choisir entre l’existence du monde et la mienne propre, j’éliminerais volontiers la première avec toutes ses lumières et ses lois pour planer tout seul dans le néant. Bien que la vie me soit un supplice, je ne puis y renoncer, car je ne crois pas à l’absolu des valeurs au nom desquelles je me sacrifierais. Pour être sincère, je devrais dire que je ne sais pas pourquoi je vis, ni pourquoi je ne cesse pas de vivre. La clé réside, probablement, dans l’irrationalité de la vie, qui fait que celle-ci se maintient sans raison. Et s’il n’y avait que des raisons absurdes pour vivre ? Le monde ne mérite pas qu’on se sacrifie pour une idée ou une croyance"
il y a 3 ans
il y a 3 ans
Sponsorisé
Connectez-vous pour masquer les pubsC'est de qui l'op ? Cioran ?
Cioran oui, precis de décomposition et Sur les cimes du désespoir
il y a 3 ans
"Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque, parfois, une sorte d'ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plaît ni ne te déplaît.
Tu vis dans une bienheureuse parenthèse, dans un vide plein de promesses et dont tu n'attends rien. Tu es invisible, limpide, transparent. Tu n'existes plus : suite des heures, suite des jours, le passage des saisons, l'écoulement du temps, tu survis, sans gaieté et sans tristesse, sans avenir et sans passé, comme ça, simplement, évidemment."
Tu vis dans une bienheureuse parenthèse, dans un vide plein de promesses et dont tu n'attends rien. Tu es invisible, limpide, transparent. Tu n'existes plus : suite des heures, suite des jours, le passage des saisons, l'écoulement du temps, tu survis, sans gaieté et sans tristesse, sans avenir et sans passé, comme ça, simplement, évidemment."
il y a 3 ans
Cioran oui, precis de décomposition et Sur les cimes du désespoir
Bordel j'étais sûr, un truc pareil ne peut être que du Cioran
Bien écrit malgré tout.
il y a 3 ans
J'ai une to-do list à cocher
Il me manque au moins 3 trucs principaux après y a quelques secondaires
Il me manque au moins 3 trucs principaux après y a quelques secondaires
Trop d'journalistes qu'il faut pas lire, quand j'vais les croiser ils vont pâlir, aujourd'hui on peut plus rien dire
il y a 3 ans
"Qu’importe que je me tourmente, que je souffre ou que je pense ? Ma présence au monde ne fera qu’ébranler, à mon grand regret, quelques existences tranquilles et troubler – à mon regret encore plus grand – la douce inconscience de quelques autres. Bien que je ressente ma propre tragédie comme la plus grave de l’histoire – plus grave encore que la chute des empires ou je ne sais quel éboulement au fond d’une mine – j’ai le sentiment implicite de ma nullité et de mon insignifiance. Je suis persuadé de n’être rien dans l’univers, mais je sens que mon existence est la seule réelle. Bien plus, si je devais choisir entre l’existence du monde et la mienne propre, j’éliminerais volontiers la première avec toutes ses lumières et ses lois pour planer tout seul dans le néant. Bien que la vie me soit un supplice, je ne puis y renoncer, car je ne crois pas à l’absolu des valeurs au nom desquelles je me sacrifierais. Pour être sincère, je devrais dire que je ne sais pas pourquoi je vis, ni pourquoi je ne cesse pas de vivre. La clé réside, probablement, dans l’irrationalité de la vie, qui fait que celle-ci se maintient sans raison. Et s’il n’y avait que des raisons absurdes pour vivre ? Le monde ne mérite pas qu’on se sacrifie pour une idée ou une croyance"
Propos de cuck
il y a 3 ans
"Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque, parfois, une sorte d'ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plaît ni ne te déplaît.
Tu vis dans une bienheureuse parenthèse, dans un vide plein de promesses et dont tu n'attends rien. Tu es invisible, limpide, transparent. Tu n'existes plus : suite des heures, suite des jours, le passage des saisons, l'écoulement du temps, tu survis, sans gaieté et sans tristesse, sans avenir et sans passé, comme ça, simplement, évidemment."
Tu vis dans une bienheureuse parenthèse, dans un vide plein de promesses et dont tu n'attends rien. Tu es invisible, limpide, transparent. Tu n'existes plus : suite des heures, suite des jours, le passage des saisons, l'écoulement du temps, tu survis, sans gaieté et sans tristesse, sans avenir et sans passé, comme ça, simplement, évidemment."
Tu viens de me faire découvrir un nouveau livre à lire, merci l'op. Georges Perec, Un homme qui dort.
il y a 3 ans
Parce que j’aime la vie , j’aime notre seigneur, j’aime tant de chose dans ce monde que je ne peut abandonner au comfort éternel de la mort , je dois vivre ma vie dignement
Χριστὸς ἀνέστη ἐκ νεκρῶν, θανάτῳ θάνατον πατήσας, καὶ τοῖς ἐν τοῖς μνήμασι, ζωὴν χαρισάμενος!
il y a 3 ans































